Accueil / Education / Financement de l’éducation La société civile presse les Etats

Financement de l’éducation La société civile presse les Etats

La société civile africaine, en conclave à Dakar, met la pression sur les Etats africains pour financer l’éducation, en vue de mettre fin aux inégalités.

Lors de la Journée internationale de la Société Civile préparatoire de la 3ème Conférence de reconstitution de ressources, les acteurs de la  société civile invitent les pays en développement à tenir leurs engagements en matière d’éducation. «La tenue de la 3ème conférence de reconstitution des ressources du partenariat mondial pour l’Education (PME) constitue une opportunité pour mobiliser 3,1 milliards de dollars pour la période 2018-2020. Ce financement vise à soutenir l’éducation de 870 millions d’enfants dans les 89 pays en développement, dans lesquels vivent 78% des enfants non scolarisés dans le monde. Or, sans une prise en charge sérieuse de l’éducation, gage d’un développement durable, on ne pourra pas faire face à des défis aussi complexes que ceux liés à l’emploi des jeunes, à la condition des femmes, à la crise écologique, aux migrations irrégulières, à la montée de l’insécurité, à de l’extrémisme violent », a d’emblée déclaré Monique Pilou, représentant du conseil d’administration de la Campagne mondiale pour l’Education. Selon elle, le Sénégal consacre en moyenne 6% de son PIB à l’éducation, à la formation et à la recherche alors que l’objectif visé était de 8% à l’horizon selon les directives présidentielles de 2013. Nonobstant ces ressources importantes, les besoins en éducation et formation de qualité restent insatisfaits, entrainant une grande instabilité du système éducatif, l’exclusion et l’abandon de beaucoup d’adultes, d’enfants dont surtout des filles. « On note également un déséquilibre dans la répartition des ressources entre les sous-secteurs. Pour le développement intégré de la petite enfance, les ressources qui lui sont allouées n’ont jamais dépassé 1% en moyenne. Le sous-secteur de l’Education de Base des jeunes et des adultes n’a jamais obtenu 1% du budget, alors que  l’ambition déclarée était de lui affecter 3% du budget, conformément  aux engagements de l’Etat pris à Bamako en 2007 et réaffirmés à Belém en 2009 », a-t-elle fait savoir.

Cheikh Mbow, Coordonnateur national de la COSYDEP, de son côté, opte pour le financement domestique. «Nous considérons que nos Etats ont fait des efforts assez importants, mais il faudrait qu’on les renforce davantage si nous voulons que l’effectivité du droit de l’éducation soit une réalité. Nous considérons que les bailleurs avaient pris des engagements qu’ils doivent respecter, mais nous avions soutenu de manière général, nous pensons que la solution la plus durable, la plus soutenable qui permet de renforcer notre souveraineté de faire de l’éducation un secteur de souveraineté, c’est renforcer le financement domestique. Maintenant, dans le financement domestique, si nous prenons le cas du Sénégal qui injecte un volume d’argent assez important et qui est considéré comme étant un des champions en matière de ressources injectées, nous pensons qu’il y a un véritable défi qui se pose et qui lié à l’efficience dans le secteur de l’éducation», a-t-il dit. Ainsi, Cheikh Mbow de noter qu’aujourd’hui, une chose est d’avoir un financement conséquent, et une autre est de pouvoir garantir une distribution et une orientation équitable du financement dans la perspective de faire une enveloppe qui puisse permettre de résoudre les communautés dans le besoin. «L’agenda de 2030 recommande aux Etats de mettre entre 15 et 20% de leur budget consacré à l’éducation, ou 6% du PIB. Nous nous rendons compte que cela ne suffit pas parce qu’il y a des pays qui n’arrivent pas à ces résultats. Mais aussi, cela ne suffit pas comme recommandations, nous pensons qu’il faut non seulement adresser cette question de financement sur le plan quantitative et qualitative. Nous l’avons dit, il y a des pays qui investissent moins et qui font des résultats. Il vaut mieux que la répartition et la distribution du budget soient faites dans la traçabilité », a souligné M. Mbow. Qui ajoute que l’éducation c’est aussi une question de responsabilité. Donc les bailleurs et les partenaires ont la responsabilité de soutenir le système éducatif. Il y a aussi la traçabilité des ressources, l’implication et la participation des communautés dans la surveillance des fonds qui sont destinés à l’éducation, c’est un élément essentiel.

Khady Thiam COLY

À voir aussi

Audience avec Macky : Les étudiants de Saint-Louis démentent la « presse du Palais »

Une certaine presse a indiqué ce mercredi que les étudiants reçus ce mardi 22 mai …

Enseignement supérieur : Plaidoyer pour une gestion rationnelle de l’écosystème marin

  Le directeur général de la recherche et de l’innovation du ministère de l’Enseignement supérieur, …