ECONOMIE

Financement des femmes pour l’émergence à Thiès LES FEMMES JUGENT DÉRISOIRE LE MONTANT…

  • Date: 21 septembre 2015

À Thiès, les femmes ont bénéficié du financement du réseau des femmes pour l’émergence (REFEME). Mais elles jugent les montants insuffisants. Et déplorent les taux d’intérêts appliqués.

Pour aider les femmes dans leurs projets d’entreprise, le président de la République Macky Sall avait mis un montant de 1,5 milliard de francs Cfa à la disposition de l’ensemble des réseaux des femmes du pays. L’objectif visé est de leur accorder le maximum de chances pour leur intégration dans la production de biens et services et leur participation effective aux actions de développement économique du Sénégal. Comme toutes les autres femmes du Sénégal, celles de la cité du rail ont reçu leur part du financement. Une enveloppe de 600 millions de F Cfa leur a été allouée.

Mais ces femmes de la ville de Thiès ont décrié une certaine politisation de ces lignes de crédit du réseau des femmes pour l’émergence mais aussi un taux d’intérêt très élevé, plus de 10%. En réalité, même s’il a été annoncé que ces financements étaient sans apport personnel ni frais de dossiers, il n’en demeure pas moins qu’un taux d’intérêt sera appliqué pour le remboursement des crédits.

De l’avis de la députée Hélène Tine, responsable politique à Thiès, le financement s’est déroulé dans la plus grande transparence en rassemblant les femmes appartenant à toutes les organisations féminines. « La transparence dans le processus mis en place était réelle et précise. Ce sont des fiches qui étaient mises à la disposition des femmes sans aucune forme de coloration politique », affirme-t-elle, avant de poursuivre :

« Lorsque les crédits sont arrivés, je suis partie au Crédit Solidaire, accompagnée de cinq autres femmes. J’ai clairement notifié aux femmes que cet argent était remboursable et elles ont apprécié la démarche. » Hélène Tine poursuit que la démarche a été participative. Pour la première phase, 34 groupements ont déposé leurs dossiers, mais seuls 29 groupements ont obtenu des financements. Ce qui veut dire que chaque groupement de femmes, sur les 29, a reçu 200 000 francs F Cfa. Une somme qu’elles ont pu rembourser à temps et qui leur a valu un autre financement de 200 000 F Cfa qu’elles vont rembourser plus tard. Ce qui veut dire que chaque groupement a reçu une somme totale de 400 000 F Cfa en 6 mois de travail.

Mieux Hélène Tine de préciser : « Cet argent appartient aux contribuables pas à nous. Nous avons enregistré 100% de remboursements. C’est le comité de crédit qui me l’a annoncé. Des fois, j’assiste aux séances de remboursements qui se tiennent souvent vers le 15 du mois en cours. »

Cette ligne de crédit accordée par le truchement du député Hélène Tine a suscité des réactions de la part des femmes de développement de la cité du Rail. Ces dernières étaient montées au créneau pour dénoncer ce qu’elles appellent une politisation des fonds. Un cri du cœur qui n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd.

Car l’Etat du Sénégal, à travers le ministre délégué Moustapha Diop, a financé les femmes à hauteur de 12 millions de F CFA. A en croire ces femmes de développement qui étaient sorties pour revendiquer leur part de financement dans la ligne de crédit destinée aux femmes de Thiès, les financements avaient une orientation politique. Tout comme elles ont jugé la somme dérisoire par rapport à la taille de leurs organisations.

Taux d’intérêt de 12%

Au nombre de 7250 personnes, celles qui s’activent dans le développement rêvaient, après avoir été reçues par le ministre, de recevoir une importante somme leur permettant de mener leurs activités. Mais au finish et à leur grande surprise, elles ne se verront allouer que 12 millions de Cfa. Un montant jugé « très dérisoire » par rapport à la taille de l’organisation sans compter le taux d’intérêt trop élevé, d’après Maïmouna Dieng, présidente du comité consultatif de la ville de Thiès et première adjointe au maire. Cette dernière dit ne point pouvoir comprendre la position de l’Etat.

Toujours selon elle, le taux d’intérêt est à 12% au lieu de 5%. Ainsi, elle s’interroge sur l’ambition de l’Etat qui dit vouloir sortir les femmes de la pauvreté tout en appliquant un taux de remboursement aussi élevé. Il est temps, note-t-elle, que le ministre revoie sa politique de crédit pour non seulement augmenter la durée mais aussi baisser ce taux à 1 ou à 2% linéaire ou dégressif. « Nous ne pouvons pas comprendre si ce sont des taux linéaires où dégressifs. Payer un intérêt de 475 000 francs pour un financement de 4 millions de francs, c’est trop. »

4 millions par commune

Maïmouna Dieng de faire la clé de répartition des 12 millions. « Nous avons répartis l’argent comme suit : 4 millions de F CFA par commune, 330 000 F Cfa par groupement remboursables en 3 mois. Soit 110 000 F CFA par mois. Les femmes de la commune ne comptent pas rendre l’argent. Elles ont décidé de s’organiser de telle sorte que le taux d’intérêt soit moins élevé que les autres taux.

Néanmoins, souligne-t-elle, elles ont mis sur pied une politique de crédit qui consiste à octroyer aux femmes de chaque commune 4 millions. Lequel crédit est en train de tourner à travers les groupements de ces femmes. « Nous avons financé 13 groupements à raison de 300 000 F Cfa par groupement. A chaque fois qu’un groupement paye le tiers, on octroie un financement à d’autres groupements. Et actuellement, nous sommes presque à trente groupements financés. Nous sommes bientôt à notre troisième mois si l’on sait que les femmes ont commencé à rembourser depuis le premier mois. »

Mais, s’interroge-t-elle, « que peut-on réaliser avec 25 000 F Cfa sachant que dans un groupement, on peut avoir au moins 25 ou 30 membres » ? Mme Dieng a tout de même tenu à rassurer que les financements se déroulaient normalement.

S’agissant des remboursements, elle fera savoir qu’elles sont à jour avec la banque et les femmes en veulent encore pour booster leurs activités. En effet, dit-elle, ses camarades souhaitent dépasser le cap de ces financements pour bonifier leurs activités génératrices de revenus. Après ce premier palier, elles comptent se lancer à un deuxième niveau qui devrait leur permettre de s’investir dans des projets à forte valeur ajoutée.

« Avec l’autosuffisance en riz que vise le pays, ce serait bien que les femmes s’activent dans la commercialisation de cette denrée stratégique. Car, il y a des organisations qui sont là et qui peuvent aider les femmes dans ces domaines d’activités. Les femmes sont aussi en train de penser à beaucoup de projets à la fin de l’hivernage », conclut-elle.

… À Saint-Louis elles s’impatientent

Les femmes de Saint-Louis n’ont toujours pas reçu les 600 millions de F Cfa que leur a promis le ministre délégué chargé de la Microfinance et de l’Economie solidaire, dans le cadre du financement du réseau des femmes pour l’émergence. Elles déplorent le retard dans l’acquisition des fonds.

En remettant au réseau des femmes pour l’émergence de Saint-Louis un volume global de crédit d’un montant de 600 millions de francs F Cfa destiné à pérenniser l’entrepreneuriat féminin et l’inclusion financière des femmes de la zone Nord, le ministre délégué Moustapha Diop, chargé de la Microfinance et de l’Economie solidaire, a soutenu qu’il veut donner un souffle nouveau à la capitale de la région. Et lui permettre d’exploiter les nombreuses opportunités économiques et sociales qu’elle recèle. Cet objectif a suscité, depuis la cérémonie de remise de ce crédit, un grand espoir chez les femmes de la région qui ont fini de déposer leurs dossiers pour l’acquisition de financements. C’est ainsi que plus de 1000 dépôts ont été enregistrés dans la région, selon la Présidente du réseau, adjointe au maire et chargée de la commission action sociale à la mairie de Saint-Louis.

« Les femmes attendent avec impatience ces financements et depuis la venue du ministre Moustapha Diop, elles ne cessent de m’interpeller sur l’arrivée de ces fonds », dit Bineta Fall. Cette dernière est aussi la Présidente des femmes de l’Apr de Saint-Louis. Cependant, elle reste catégorique sur l’acquisition et la destination de ces financements. « Cet argent est destiné à toutes les femmes du Sénégal, sans couleur politique, et je peux vous assurer qu’à Saint-Louis, lors de la mise en place de ce réseau, toutes les femmes ont été invitées », nous a-t-elle garanti. Et de révéler sur sa lancée que la responsable du Pds, Mbeugué Seck, qui est une femme de développement, est au centre du processus.

« Dès les premières heures de la mise en place de ce réseau, elle était avec ses sœurs et les appartenances politiques ont été mises de côté et seul l’intérêt de la femme en général a primé », souligne-t-elle. Bineta Fall de rejeter ainsi, et avec fermeté, les informations selon lesquelles ces financements sont destinés aux femmes de l’Apr. Pour preuve, elle nous a invités à aller voir les femmes des autres partis de l’opposition en citant les noms de ces responsables. La plupart d’entre elles ont confirmé ses propos mais elles dénoncent le retard dans l’acquisition de ces fonds qui, à les en croire, vont permettre l’autonomisation des femmes de la région de Saint-Louis.

« Le contrôle de ce financement nous échappe » 

Interpellé sur les raisons de ce retard, le service régional du développement communautaire de SaintLouis déclare ne pouvoir fournir aucune information relative à ces financements. « Ni les services techniques, ni l’administration territoriale ne peuvent donner des informations solides par rapport à ces financements. Le contrôle nous échappe », renseigne Abdoulaye Djiby Sambou, chef de service du développement communautaire. Il recommande de se rapprocher de Bineta Fall, présidente des femmes de l’Apr et du réseau des femmes pour l’émergence. Il est à signaler que dans les rangs de l’Apr, les femmes de Saint-Louis représentent la quasi-totalité des groupements féminins qui ont déposé des demandes de financements.

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