23 novembre, 2014
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FINANCEMENTS – Pour ses infrastructures : Le Sénégal cherche 50 milliards de francs

FINANCEMENTS – Pour ses infrastructures : Le Sénégal cherche 50 milliards de francs

Pour continuer de s’équiper en infrastructures, le Sénégal a besoin de 95 milliards, dont seuls 45 sont garantis. Pour le reste, le pays doit compter sur des investisseurs étrangers, qui le mettent en compétition avec d’autres pays. Cette situation est similaire à celle d’autres pays du continent. Car si l’Afrique reçoit actuellement beaucoup de flux financiers, elle doit aussi faire face à la concurrence des pays développés et de l’Asie. Aussi, selon le ministre de l’Economie et des Finances Amadou Kane, l’heure est venue pour le continent de réfléchir à des sources de financement propres.

L’Afrique doit se battre pour capter des flux financiers. Selon Mme Vera Songwe, la directrice des Opérations de la Banque mondiale au Sénégal, qui participait hier à une conférence sur l’«Orientation des flux financiers vers l’Afrique» organisée par le Groupe Sup de Co dans le cadre des 20 ans de l’institution, le contexte actuel de l’Afrique est marqué par un afflux de capitaux. Mais ces capitaux n’intéressent pas que l’Afrique. Ils intéressent également d’autres continents comme l’Asie et les pays développés, qui captent plus de flux que l’Afrique. Aussi, souligne Mme Songwe, l’Afrique doit se positionner car «les flux financiers ne sont pas un acquis permanent».

Ainsi en 2013, l’Afrique subsaharienne a reçu l’équivalent de 67 000 milliards de dollars de capitaux nets dont les 54 000 milliards provenant du secteur privé. Mme Songwe note que l’importance des flux financiers sur le continent est liée à l’importance des besoins en infrastructures. Ce secteur ainsi que celui de l’énergie, des transports, des télécommunications et des services sont ainsi les plus rentables.

Mais le déficit en infrastructures est ainsi un des freins à la rentabilité des investissements ainsi que le manque d’énergie. «L’Afrique doit se battre pour attirer les investissements et garantir leur rentabilité», souligne Mme Song­we, qui explique que même dans les pays miniers, les investissements ne sont pas acquis. Malgré tout, ces pays intéressent plus les investisseurs et concentrent de ce fait les Investissements directs étrangers (Ide) même si dans le domaine énergétique, l’Inde est la destination la plus prisée, du fait de la taille de son marché. Sur le chapitre des Inves­tissements directs étrangers (Ide), Mme Songwe souligne qu’en 2007, pour la première fois, l’Ide était supérieure à l’Aide publique au développement (Apd).

Même si l’Afrique continue de recevoir des capitaux, l’heure est venue pour elle de réfléchir à des modes de financements endogènes. Selon le ministre de l’Eco­nomie et des Finances Amadou Kane, «nous devons nous mettre dans une dynamique d’accélération de la croissance». Pour cela, «il faut être innovant, imaginatif et savoir qu’on ne peut pas compter sur les donateurs». En effet, selon M. Kane, les besoins en infrastructures sont estimés à 95 milliards au Sénégal. Seuls les 45 milliards sont pris en charge. Et pour combler le gap, le Sénégal compte sur les Ide mais devra d’abord faire des efforts, notamment en termes d’amélioration de l’environnement des affaires. Mais aussi de réduction du déficit budgétaire qui est passé de 7,2% à 5,8% avec des projections de moins de 4% en 2015. Dans cette recherche de capitaux, Gabriel Fall de la Banque régionale des valeurs mobilières (Brvm) prône le recours aux marchés financiers. En 2013, souligne-t-il, la Brvm a reçu 5 380 milliards. Mais si l’argent entre dans le continent, il en sort également et pas de la meilleure des manières. Selon Mme Songwe, entre 1980 et 2009, 14 000 milliards de dollars sont sortis du continent sous forme de flux illicite par la corruption, l’évasion fiscale et la fraude.

Le Quotidien