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FISTULE OBSTETRICALE Plus de 400 nouveaux cas constatés au Sénégal chaque année

La Journée internationale pour l’élimination de la fistule obstétricale au Sénégal, a été célébrée hier, à l’Hôpital général de Grand Yoff, sur le thème « Espoir, guérison et dignité pour tous ». A cette occasion, la Représentante Résidente de l’UNFPA, Mme Andréa Wojnar Diagne, a annoncé que Plus de 400 nouveaux cas de fistule surviennent au Sénégal chaque année.

 La fistule touche plus de 2 millions de femmes et de filles dans le monde, et la plupart dans les pays en développement, alors qu’elle est quasi absente dans les pays développés. Ce sont majoritairement des femmes et des filles qui n’ont toujours pas accès à des services de santé sexuelle de qualité, notamment aux soins obstétricaux d’urgence. « Plus de 400 nouveaux cas fistule surviennent au Sénégal chaque année. A ce jour, près de 5000 femmes souffrent de cette infirmité. Les régions de Kédougou, Kolda, Tambacounda, Ziguinchor et Matam, sont les plus touchées par la fistule », a annoncé Mme Andréa Wojnar Diagne, représentant de l’UNFPA, ajoutant que le moment est venu de mettre fin à la tragédie de la fistule, car étant une étape clé vers la réalisation des objectifs de Développement Durable du monde d’ici 2030.

Mme Khadidiatou Sarr Kébé, Directrice de l’Hôpital général de Grand Yoff, pour sa part, de rappeler que la fistule obstétricale est une lésion grave et dangereuse, susceptible de survenir lors d’un accouchement. Il s’agit d’une brèche de la filière pelvi-génitale, c’est-à-dire l’ensemble des structures anatomiques que traverse le fœtus lors de l’accouchement. « L’apparition d’une fistule obstétricale est directement liée à l’une des principales causes de mortalité maternelle : un travail difficile lors de l’accouchement ou l’absence de soins obstétricaux adéquats. Les femmes qui présentent une fistule obstétricale souffrent d’une incontinence permanente, en ressentent de la honte et font l’objet d’une discrimination sociale », a-t-elle expliquée, soulignant que cette affection évitable entraîne également à plus long terme des problèmes médicaux chroniques, tels que des infections cutanées, des troubles rénaux, voire le décès en l’absence de traitement.

Ainsi, le Docteur Bocar Daf, représentant du Ministre de la Santé de noter que de nombreuses femmes atteintes d’une fistule obstétricale vivent souvent pendant des années, voire des décennies, dans cet état car elles n’ont pas les moyens financiers de se faire soigner.

Cependant, il faut rappeler que la principale conséquence de la fistule obstétricale est une fuite permanente, incontrôlable des urines et/ou des selles. Cela peut causer de nombreuses infections et maladies, la stérilité et entrainer une mort prématurée.

En marge de cette journée, une dizaine de femmes ont pu retrouver le sourire grâce à la chirurgie réparatrice. Témoignages : Daba, 55 ans, atteinte de fistule obstétricale lors de l’accouchement de son 4ème enfant depuis 20 ans : « Je suis très contente ! Après 10 ans de calvaire, je suis finalement délivrée ! Je remercie l’hôpital et son équipe ainsi que le chirurgien ! J’encourage toutes mes sœurs porteuses de fistule à venir auprès de l’hôpital. Des sensibilisations ont eu lieu auprès de notre commune sur la tenue d’une chirurgie réparatrice gratuite et je me suis inscrite. J’ai été opérée et tous les frais ont été pris en charge dont le transport, l’hébergement, l’intervention et le traitement ».

Les femmes victimes de fistule obstétricale, incapables de contrôler l’écoulement de l’urine, sont souvent abandonnées par leurs époux et familles, et sont tenues à l’écart de la communauté. Elles sont victimes de discrimination, stigmatisation, parfois de dépression, à l’isolement social et à une aggravation de la pauvreté du fait de certaines croyances liées à la maladie. Mariama Sadio Diallo, une parmi les centaines malades abandonnées par leurs maris, témoignent.

« J’ai été abandonnée par mon mari à cause de la fistule. Je veux oublier la douleur et la frustration d’être abandonnée par l’homme responsable de ma première grossesse, avec pour conséquence un accouchement difficile et une fistule. Grace au Camp de réparation, j’espère reprendre une nouvelle vie avec un nouveau mari. Je suis encore jeune. Je peux me remarier parce que je n’ai que 25 ans. C’est la fistule qui m’a rendu vieille », a-t-elle confié.

Khady Thiam COLY

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