ECONOMIE

FOIRAIL DE DIAMAGUENE La terreur des cornes

  • Date: 4 mars 2016

Diamaguene, ce quartier populaire de la banlieue, célèbre pour son foirail, véritable stock de vaches qui alimente les abattoirs dakarois est un endroit attractif mais qui se révèle dangereux du fait de la proximité des hommes avec  des bêtes agressives de temps en temps. Face à ce que d’aucuns qualifient de sérieuses menaces, certaines  voix se lèvent pour exiger le transfert du foirail loin de la cité des hommes.

Sur les lieux, le visiteur est avant tout  marqué par la diversité de races de vaches. Des bêtes qui charment. Mais aussi des vaches qui agressent. Ces vaches arrivent de l’intérieur du pays et de la sous-région, c’est-à-dire du Mali, du Burkina Faso et de la Guinée  Bissau. À cette heure encore matinale, de gros camions à bord desquels on aperçoit  des vaches aux impressionnantes cornes. Ces bêtes dont le séjour dans le foirail est souvent de courte durée sont acheminées, le soir, dans les abattoirs de la place. Elles sortent du foirail, empruntent un étroit  chemin, sorte de « couloir de la mort »  sous l’encadrement des bergers qui doivent veiller à la moindre furie d’un bœuf capable de semer la terreur.

Ce policier en faction sous l’anonymat confie : « Ce foirail est un danger pour les populations de Diamaguene. Les vaches qui passent par là pour aller à l’abattoir créent des embouteillages et nous mettent inutilement la pression. C’est difficile pour nous de devoir composer avec ces bêtes qui parfois agressent les gens. » Il n’est pas le seul d’ailleurs à se plaindre. Ousmane Diouf, 60 ans passés ne cache pas son amertume. Selon lui, il est inadmissible que les populations restent impuissantes face à l’insécurité que pose la proximité du foirail avec Diamaguene. Il raconte : « Un jour, je suis témoin d’un incident malheureux. Un vieux plus âgé que moi a été malmené par un bœuf furieux. Il a été envoyé à terre par la vache qui l’a trainé dans la boue et lui a marché dessus ».

Aujourd’hui, la tension entre habitants de Diamaguene et marchands de vaches du foirail est réelle. Pour preuve, le mur en construction pour empêcher les bêtes  de franchir la voie publique est nuitamment terrassé par les populations qui soupçonnent les marchands de vouloir agrandir le foirail au lieu de vider les lieux. Et c’est là, dit-on, sur les lieux, l’expression manifeste de la volonté des habitants de Diamaguène d’exiger le tranfert du foirail.

Des altercations entre éleveurs et les populations sont fréquentes. Les commerçants qui tiennent boutique aux abords du passage des vaches se plaignent de la poussière soulevée par les troupeaux. Ndiouga Guèye, gérant d’une quincaillerie, s’en est ouvert à la municipalité qui ne semble pas se préoccuper de la question. « La Mairie n’a rien dit de rassurant au sujet du transfert du foirail. Elle est pourtant au courant des désagréments causés par le foirail. Les autorités municipales attendent certainement que l’irréparable se produise pour s’intéresser à la question », se désole-t-il.

Il faut dire que la question de transfert du foirail ne rencontre pas l’adhésion des acteurs. Le ministère de l’Élevage, d’après Malick Bâ, a proposé que le foirail soit transféré  vers Diamniadio, dans une zone déjà aménagée. Mais le problème qui se pose, souligne-t-il, « c’est la réticence des vendeurs de vaches qui ont construit des maisons à Diamaguene et ne souhaitent plus s’éloigner de chez eux. » Sur le transfert du foirail, bergers et vendeurs de vaches ne partagent pas le même avis. Les bergers qui sont fatigués de faire de longues distances à la recherche de pâturage attendent avec impatience l’application de la mesure de transférer le foirail. Un transfert qui va engendrer le déplacement d’un commerce de fourrage entretenu par des jeunes qui s’activent autour de la vente de la paille d’arachide dans un marché devenu une carte postale pour un visiteur qui se rend au foirail.

Khady Thiam Coly

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