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Follement amoureux de son épouse Le medecin menace sa femme de la tuer si elle le quitte

Après 35 ans de mariage, les époux Wazni ont décidé de laver leur linge sale devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. En effet, la femme a trainé son mari en justice pour menace de mort.

Le 3 janvier dernier, Jamel Wazni, 62 ans, a débarqué à la boutique de son épouse Sarah où une violente dispute a éclaté entre eux. Dans tous ses états, ce médecin de profession a brandi un couteau en menaçant d’abréger la vie de son épouse. Ayant réussi à sauver sa peau, Sarah Wazni a porté l’affaire devant la justice. A la barre où il comparaissait hier, le toubib, qui a totalement nié les faits, a tenu en haleine le tribunal en se pré- sentant comme un mari éperdument amoureux de sa douce moitié.

Dans un Wolof châtié, il a réitéré sa flamme à son épouse. «J’aime cette femme, elle est mon oxygène, mon sang, je ne peux pas vivre sans elle. Je la respire, je l’aime. Si je la menace, c’est ma vie que je menace puisqu’elle est ma vie», soutient le prévenu qui poursuit : «lorsqu’elle dit que j’ai des troubles mentaux, je lui rappelle que c’est elle qui a des problèmes, car au décès de sa mère, elle a tenté de se suicider en prenant des nivaquines, elle était folle. Je parle en connaissance de cause, parce que je suis médecin avec Bac+11».

Dans sa narration des faits, la plaignante, Sarah Wazni, jure que son époux souffre de problèmes psychiques. «En tant que sa femme, je le connais très bien. Nous avons vécu pendant 35 ans, mais la vie avec lui est devenue infernale. D’une jalousie maladive, il m’accuse d’adultère. Il a été capable de m’enfermer durant 30 ans. Je ne lui en veux pas, mais je souhaite qu’il me laisse tranquille, je demande le divorce», affirme la partie civile. Pour se faire une idée plus précise du dossier, le tribunal a fait appel à des témoins. Le premier témoin, Jonathan Wazni, est le fils du couple.

D’emblée, il soutient que son père a une double personnalité. «Il ne savait plus ce qu’il faisait. Il lui disais que si elle venait à le quitter, il n’hésiterait pas à ôter des vies». Le second témoin, Françoise Diatta, est la domestique de la famille. «Je travaille chez eux depuis décembre 2006. Un jour alors que je faisais le ménage, Jamel est venu me dire qu’il allait tuer 4 personnes sans citer de nom. Une autre fois aussi, il m’a appelé au téléphone pour me dire qu’il va tuer un de ses fils. A mon avis, il n’est pas capable de mettre à exécution ses menaces. Il a proféré ces menaces parce qu’il était en colère», clame la domestique.

Pour le représentant du Ministère public, on est en face d’un problème de famille qui a débouché sur des infractions. «Tous les actes reprochés à M.Wazni ont eu lieu le jour où elle lui a demandé le divorce. Tous les témoins ont corroboré les menaces. Il a répété ces menaces à plusieurs reprises. Je considère que le prévenu avait l’intention de passer à l’acte. Il jouit de toutes ses facultés mentales, il n’est pas sujet à des troubles psychiques», indique le représentant du Parquet qui a requis deux mois de prison ferme.

Plaidant une affaire passionnelle, l’avocat de la défense déclare : «C’est un mari qui aime sa femme et une femme qui en a marre de son mari. Si le Sieur Wazni avait l’intention d’attenter à la vie de son épouse, il aurait juste suffi qu’il fonce et l’irréparable se serait produit. On dit souvent que le cœur a ses raisons que la raison ignore. Mon client n’est pas un homme dangereux. Il aime sa femme. Mais est-ce un délit d’aimer sa femme ? Nous sommes en face d’une affaire familiale». Le conseil de Jamel Wazni a demandé l’application bienveillante de la loi. Le délibéré est fixé pour le 2 février prochain.

L’As

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