SPORT

Foot – ESP – Real Comment gérer Cristiano Ronaldo?

  • Date: 8 août 2015

Bourreau de travail autant que symbole individualiste, Cristiano Ronaldo a toujours eu besoin de reconnaissance. La récente mésaventure de Raphaël Benitez, qui a dû préciser que le Portuguais n’était pas « l’un des meilleurs » footballeurs du monde comme affirmé dans un premier temps, mais bien « le meilleur », est l’un des derniers exemples. Ses entraîneurs en club ont tous adopté (ou subi) des approches différentes. Éclairage sur la manière de gérer l’égo de Christiano Ronaldo.L’anecdote peut paraître anodine mais elle en dit long sur l’un des nombreux défis qui attendentRafael Benitez pour sa première saison au Real Madrid. En plus de prendre la suite de Carlo Ancelotti, entraîneur adoré du vestiaire, et de convaincre les socios sceptiques que sa nouvelle identité de jeu sera séduisante, l’Espagnol ne pourra pas faillir dans la gestion de la star de son effectif, Cristiano Ronaldo.

Et les débuts furent malaisés. Quelques jours après son arrivée au club, le technicien espagnol a été questionné à propos de l’attaquant portugais et de sa place dans la hiérarchie mondiale. «C’est difficile de dire qui est le meilleur joueur du monde, parce qu’il y a actuellement beaucoup de joueurs à un niveau incroyable. (…) Pour moi, décrire Ronaldo comme « l’un des meilleurs » est suffisant. C’est comme demander à une fille de choisir entre sa mère et son père. C’est toujours délicat.»L’homme qui place pourtant «l’honnêteté» comme qualité première d’un coach (dans le livreSecret de coaches, D. Riolo) a vite compris le faux pas qu’il venait de réaliser. Mettre en doute les qualités de Ronaldo, c’est remettre en cause un joueur qui vit le football uniquement pour être le meilleur. Ou plutôt pour se l’entendre dire. «À 18 ans, il disait à tout le monde qu’il deviendrait le meilleur joueur au monde», raconte son ancien coéquipier à Manchester United, Quinton Fortune au journaliste britannique Andy Mitten.

La collaboration avec son nouvel entraîneur était donc loin de débuter de manière idéale. Les médias espagnols ont très vite embrayé sur ce premier accroc supposé entre le manager et sa star, la machine était lancée. Errare humanum est, perseverare diabolicum*, six jours plus tard, le 23 juillet, celui qui estime qu’«on ne peut pas traiter tous les joueurs de la même façon» a vite revu son jugement : «En voyant travailler Cristiano Ronaldo en direct, on se rend compte du compétiteur qu’il est. C’est le meilleur joueur au monde.» C’est dit. L’aphorisme semble un passage obligé. Mais tous les entraîneurs du Portugais l’ont-ils géré de la même manière?Lorsque Cristiano Ronaldo débarque à Manchester United à 18 ans en provenance du Sporting Portugal, il n’est qu’une promesse parmi tant d’autres. Loin de l’hyper-athlète d’aujourd’hui, le Portugais présente des mèches blondes, une peau d’ado et des passements de jambes carnavalesques à son profil. La tâche de son entraîneur,Alex Ferguson, sera alors totalement différente de celle de ses successeurs. L’Écossais ne doit pas «gérer» le joueur mais faire de lui le plus grand. Avec son adjoint, René Meulensteen, «Fergie» va accompagner l’émergence d’un bourreau de travail. «Il m’a tout appris, reconnaît Ronaldo dans les pages du Sun. Il a été comme un père. Il m’a aidé et guidé sur tellement de choses. Aussi bien en football que dans la vie. Je lui dois beaucoup.»Sous ses ordres l’ailier portugais, reconverti avant-centre à la fin de son séjour, rafle tous les trophées possibles et remporte son premier Ballon d’or, en 2008. Dans un club ayant «conservé cet esprit de famille», dixit Fabien Barthez, Ferguson le traitait comme son enfant-surdoué. Il restera le seul dans ce cas. La pépite devenu star débarque au Real en 2009 avec le statut de joueur le plus cher du monde. Cristiano Ronaldo n’est plus un enfant.Malgré un passage sur le banc de River Plate et à la tête de la UC, au Chili, Manuel Pellegrini entre dans une nouvelle dimension en débarquant au Real, en juin 2009. En plus du Portugais, l’entraîneur chilien voit arriver Kaka, Benzema et Xabi Alonso. Pas vraiment poigne de fer dans le vestiaire, il ménage largement les égos de son effectif et gère plutôt bien les premiers pas délicats de l’homme aux 94 millions d’euros, définitivement mis sur orbite en septembre face à l’Espanyol (3-0).

Pellegrini défendra constamment son joueur, tout au long de la saison, parlant notamment de «marque Ronaldo». Le 5 décembre 2009, celui qui était alors CR9 est expulsé après un second carton jaune reçu pour avoir ôté son maillot. S’il reconnaît la logique de la sanction, Pellegrini prend dans la foulée la défense du Portugais : «C’est un joueur créatif qui ne mérite pas d’être expulsé. Les autres joueurs commettent beaucoup plus de fautes et ne reçoivent jamais de carton rouge.»Mais, à cet instant, Cristiano Ronaldo n’est pas tout à fait intouchable. Et le Real tourne plutôt bien pendant sa suspension. Alors le coach esquisse un coup de griffe à l’encontre de son joueur: «C’est un footballeur exceptionnel, mais il était important pour l’équipe de parvenir à gagner et à bien jouer en son absence. Et sans rien lui retirer, nous avons mieux joué pendant la période où il a été blessé

Ce sera la seule entorse à la ligne de conduite très prudente de Pellegrini qui déclarera dans les dernières semaines de son unique saison à Bernabeu : «Cristiano Ronaldo c’est le Real Madrid.» Résultat : le Portugais forme le plus souvent un duo d’attaque avec Gonzalo Higuain et termine la saison à 33 buts en 35 matches, mais le Real termine dauphin du Barça en Championnat malgré 96 points.Autre charisme. Autre passif. José Mourinho est désigné pour prendre la suite de Pellegrini sur le banc du Real. Très vite, les vieux dossiers ressortent. Du temps de son premier passage à Chelsea, le Mou, enfant de la haute, s’en était pris au joueur de Manchester United, avec un mépris de classe manifeste: «Ronaldo est un enfant immature et irrespectueux. Cela vient sans doute d’une enfance difficile lors de laquelle il n’a pas eu la meilleure des éducations.» Au Real, les deux hommes, qui partagent le même agent, Jorge Mendes, vont vivre une relation chaotique. En 2011, après la demi-finale aller de C1 perdue face au Barça à domicile (0-2), Ronaldo peste : «Je n’aime pas jouer aussi défensif, mais je dois m’adapter au style de l’équipe

Au retour, Mourinho répond directement à son joueur qui «râle et regarde ses coéquipiers courir. Tu fais comme bon te semble alors que j’ai inventé un système pour toi, pour que tu sois à l’aise et pour que tu mettes plein de but». L’entraîneur portugais ne veut surtout pas se priver du talent de sa star, quels que soient les rapports qu’il entretient avec elle. Le système du jeu est effectivement bâti pour placer CR7 dans les meilleures dispositions. D’ailleurs, le joueur affiche un bilan explosif à la fin de la saison (Pichichi avec 40 buts, 6 coups du chapeau dont deux quadruplés). Les relations n’iront pas en s’améliorant durant tout le séjour du «Special One» à Madrid.Mais ce dernier, trop malin pour chercher ouvertement le conflit avec son meilleur joueur, jongle habilement entre la caresse et le fouet. Quelques semaines avant la remise du Ballon d’or 2011, dans le quotidien portugais A Bola, José Mourinho dit tout le contraire de Mourinho José, 6 mois plus tôt : «C’est un ailier qui défend et qui peut à la 94e minute faire un sprint défensif derrière Pedro partant seul au but. Si Messi est le meilleur du monde, c’est simplement parce que Cristiano Ronaldo vient d’une autre planète. Mon joueur n’est pas né à Madère mais sur Mars.» «Son joueur» échouera encore dans sa quête du trophée individuel suprême face à son meilleur ennemi argentin.

Plus globalement, la stratégie d’approche mentale prônée par Mourinho face au rival catalan gêne une bonne partie du vestiaire madrilène. Et Cristiano Ronaldo ne fait pas partie des défenseurs du coach portugais. Son départ en 2013 constitue une libération pour le joueur et les deux hommes poursuivent leurs chamailleries à distance. À l’été 2013, l’entraîneur tente de résumer sa relation avec CR7, lors de l’émission espagnole Punto Pelota : «Le seul problème que j’ai eu avec lui est très simple : je l’ai critiqué sur le plan tactique, en espérant améliorer un aspect de son jeu. Une critique qu’il a mal prise parce que, peut-être, il pense déjà tout savoir et que son entraîneur ne peut pas l’aider à progresser.»Avec Alex Ferguson, Carlo Ancelotti est le seul entraîneur encensé par Cristiano Ronaldo à longueur d’interview. L’Italien est sans doute l’homme qui fait le plus consensus chez les joueurs. Impossible de trouver un footballeur disant du mal de «Carletto». «Il a un rapport exceptionnel avec les joueurs», confiait l’ancien Juventino Alessio Tacchinardi à L’Équipe. Recruté notamment pour pacifier le vestiaire après l’ouragan Mourinho, Ancelotti remplit parfaitement un rôle qui lui va à merveille.Le quintuple vainqueur de la Ligue des champions n’a jamais émis la moindre réserve concernant le Portugais. En plus de lui offrir le système parfait sur la pelouse (dans un rôle plutôt semblable à celui que lui donnait Mourinho), l’ancien entraîneur de l’AC Milan ne cesse d’encenser son joueur. «Un exemple», «le meilleur que j’ai entraîné», «avec lui, c’est comme si on commençait le match à 1-0», etc. Les exemples ne manquent pas. Sous ses ordres, Cristiano Ronaldo réalise la saison parfaite : la «Decima» en Ligue des champions avec 17 buts inscrits (un record) et le titre de meilleur buteur du Championnat (31 buts). Le Portugais désapprouvera publiquement et à de nombreuses reprises la décision du club de se séparer de l’entraîneur italien à l’été 2015.À première vue, la méthode Ancelotti semble la plus adaptée au triple Ballon d’Or, entendu que la technique Ferguson n’est plus applicable à cause de l’âge avancé du joueur. Rafael Benitez est prévenu. Cependant si l’Espagnol, qui assurait dans France Football être «capable de gérer Maradona», peine à «câliner» autant que son prédécesseur, il pourra se consoler en se penchant sur la feuille de stats de sa star : 56 buts en moyenne par saison sous les ordres de José Mourinho. Exactement la même moyenne sous les ordres de Carlo Ancelotti. Et si, au-delà du discours, il suffisait simplement de mettre Cristiano Ronaldo dans les meilleures dispositions tactiques?

L’Equipe.fr

Comments are closed.

Numéros Utiles

Indicatif Sénégal (de l’étranger) :

221

Renseignements :

12 12

Horloge parlante :

15

Aéroport :

33 869 50 50 / 33 628 10 10

Sénélec (dépannage) :

33 867 31 00

Sénélec (délestage BCC) :

33 839 94 35

SDE (dépannage) :

800 11 11

Sonatel (dérangement) :

13

Hotline Orange :

41 41

Commissariat Central :

33 823 25 29 / 33 823 71 49

Gendarmerie num vert :

800 20 20

SOS MEDECINS :

33 889 15 15

SUMA ASSITANCE :

33 824 24 18 / 33 824 60 30

POMPIERS :

33 823 03 50

Centre anti poison :

818 00 15 15