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Footballeurs sénégalais du Portugal : Le cercle des «locaux» disparus

En Europe, le championnat portugais est certainement celui qui accueille le plus de Sénégalais après les Ligues françaises. Pourtant c’est dans un quasi anonymat que les «Sénép» (sénégalais du Portugal) évoluent et tentent d’attirer la lumière sur eux.

Source: Le Quotidien
Au pays des vice-champions d’Europe, le quotidien de ces anciens «locaux» est partagé entre la fierté de jouer dans un pays européen, la frustration d’être sous-médiatisés et l’espoir de rejoindre un championnat plus huppé. Le Quotidien, avec comme guide le doyen Khadim Faye (Boavista), suppléant de Tony Sylva dans les buts des Lions, s’est intéressé à ces jeunes sénégalais qui ont choisi le pays de la star Cristiano Ronaldo et dont la majorité est issue de l’As Douanes. Enquête.

Ladji Keïta, Lamine Diarra, Dame Ndoye, Réné Charles Ndiaye, Mamadou Sougou, El Hadji Madior Ndiaye, etc… Ces noms vous disent-ils quelque chose ? Bien sûr ! Il n’y a pas si longtemps, ces joueurs faisaient les beaux jours du championnat de première division du Sénégal. Ces anciens pensionnaires de la JA, Douanes et autres, que l’on pensait disparus ou enterrés dans des championnats du Golfe, du Maghreb, ou des pays de l’Est, sont bien au soleil, au Portugal.

C’est, en effet, au pays du fado que Ousmane Diop (ex-JA) et ses amis jouent leur partition sous un air qui peut paraître nostalgique aux amateurs de la D1 sénégalaise. Il est bien loin le temps où Fary Faye et Khadim Faye faisaient figures d’illustres ambassadeurs du football sénégalais au Portugal.

Aujourd’hui, ils sont plus d’une douzaine de joueurs à évoluer dans l’autre Liga ibérique. Pour beaucoup de ces nouveaux explorateurs, le Portugal reste un pays intermédiaire pour leur carrière. Le championnat idéal juste avant de rejoindre les «grands» : Angleterre, Espagne, Allemagne, Italie ou France.

LE PORTUGAL, UN TREMPLIN

Désormais préféré aux pays maghrébins, le Portugal reste un endroit pour relancer ou lancer sa carrière. Ainsi des joueurs comme Ladji Keïta, international espoir, qui a vu son expérience en France tourner court (Valence), a préféré se refaire une santé à Rio Ave (D2) qui est en passe de monter en première division.

Dame Ndoye a quitté sa préretraite du Qatar pour réaliser son rêve de jouer en Europe avec le club d’Academia (D1). Il sent la différence : «Les deux championnats sont différents. Même s’il y a de bons joueurs au Qatar, ici les choses vont vite.»

Même constat pour son ancien coéquipier à la Jeanne d’Arc de Dakar, Ousmane Diop qui évolue à Oeiras (D2). L’ex-capitaine de la «vieille dame» est le dernier arrivé de la colonie à la faveur du mercato de janvier 2007. Il s’est déjà mis au diapason : «C’est un championnat avec un bon niveau technique, ça va vite, mais pas très rigoureux.»

Si beaucoup de joueurs s’habituent assez rapidement aux réalités de la Liga, d’autres ont eu du mal au début. A Amadora, Ndiaye Dème Ndiaye (ex-Douanes) témoigne : «Mon intégration a été un peu difficile, mais avec le temps, j’ai fini par me sentir de mieux en mieux. À présent, je suis bien dans mon équipe. Il faut dire que j’ai eu beaucoup de problèmes avec la langue. Je ne comprenais pas le portugais et c’est un ami français qui jouait les intermédiaires.»

Aujourd’hui, même si la plupart de ces joueurs se sentent bien dans un championnat d’un «très bon niveau», ils avouent souffrir de la sous-médiatisation des matches locaux, moins cotés que ceux des championnats anglais, français ou allemand. «Pourtant, explique Khadim Faye de Boavista, le championnat portugais a le même niveau que celui de la France. Et même, lorsque deux clubs de ces deux pays se rencontrent en coupe de l’Uefa, c’est souvent les équipes portugaises qui prennent le dessus.»

Toujours est-il que ce manque de visibilité contrarie les joueurs sénégalais, frustrés de ne pas voir leurs prestations suivies par le public sénégalais ou le staff de l’équipe nationale. «On nous a oublié», affirme même l’ancien latéral droit des Douanes, El Hadji Madior Ndiaye. Celui qui avait passé un test à l’Olympique de Marseille avant de se retrouver à Setubal, a pu mesurer l’impact médiatique du club phocéen par rapport à sa formation actuelle.

«Le championnat portugais n’est pas très médiatisé. Les sénégalais ne suivent en général que les championnats français, anglais, italien ou espagnol. C’est une situation qui nous handicape un peu», poursuit Ndiaye Dème Ndiaye.

ILS PENSENT A L’EQUIPE NATIONALE

Un gros handicap, puisque même au niveau de l’équipe nationale, on ne semble pas accorder la même attention au championnat des demi-finalistes de la dernière Coupe du monde qu’à celui de la France, par exemple. Le deuxième gardien de but des Lions, Khadim Faye, reste l’arbre qui cache la forêt de la sous-médiatisation de ceux avec qui il partage le quotidien lusitanien.

Car, il est évident qu’un bon joueur de L2 française ou un intermittent en L1 a plus de chances de figurer dans les petits papiers du sélectionneur qu’un titulaire à part entière évoluant en Liga portugaise. Si on ne doute pas que Kasperzack est au fait du championnat portugais, il ne semble pas, pour l’instant, avoir découvert de perles pouvant bousculer la configuration actuelle de la «tanière».

L’ancien «gabelou», Mamadou Sougou (Uniao Leira), l’avait bien intéressé il y a quelques mois sans qu’il y ait eu de suite. Est-ce le fait que Sougou, comme les autres ne jouent pas à Porto, Benfica, ou encore au Sporting, les ténors ? Toujours est-il que la plupart n’ont aucune nouvelle du staff technique national, mais ils gardent l’espoir de porter le maillot national. «J’ai appris qu’il (Kasperzack) était venu voir Sougou. Personnellement, je ne l’ai jamais rencontré, ni eu au bout du fil», soutient Dame Ndoye. «J’aimerai un jour gagner ma place chez les Lions et prouver aux gens qu’il y a de bons joueurs ici au Portugal», renchérit Ndiaye Dème Ndiaye.

Ancien habitué de la sélection Espoirs, Ladji Keïta veut grandir en rejoignant les A, mais rien ne presse pour lui. «L’équipe nationale, j’ai le temps pour y penser. Je ne suis pas trop pressé. En ce moment, je veux être dans un grand club. Une fois que je parviens à réaliser ce vœu, une éventuelle sélection nationale ne devrait pas poser beaucoup de problème». Keïta sait pourtant qu’évoluer dans un championnat plus huppé lui donnerait plus de chances de rejoindre l’équipe nationale. Sa belle saison (il est le troisième meilleur buteur du championnat de deuxième division et le meilleur buteur de son club) peut l’y aider.

«L’objectif du club est de jouer en première division. Personnellement, mon but c’est de continuer sur la même lancée, histoire de taper dans l’œil de grands clubs d’Europe», confie l’ex-attaquant de la JA. Pour sa part, Ndiaye Dème Ndiaye n’hésitera pas à saisir sa chance si elle se présente. «J’ai des contacts avec des clubs de première division au Portugal, mais aussi en Allemagne. C’est clair que le championnat allemand est plus médiatisé. Personnellement, j’aimerai aller en France ou en Espagne.» Malheureusement, c’est le passage obligé pour grandir et être sous le feu des projecteurs.


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