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Forum permanent agro-alimentaire : Après la disette, le second souffle

C’est fini la longue traversée du désert. Après une situation léthargique à laquelle le Forum permanent agro-alimentaire (Fpa) s’est plongé depuis sa création il y a de cela sept ans pour des raisons financières principalement, cet instrument de concertation prend du sang neuf.

La présidente du nouveau bureau qui a été installé, hier, par le représentant du directeur de l’Industrie peut maintenant s’appuyer sur le soutien du Projet d’appui des opérateurs/trices de l’agro-alimentaire (Paoa) pour accomplir les missions assignées à sa structure. ‘Le problème de financement est désormais derrière nous. Le Paoa qui a été financé par l’Agence canadienne de développement international (Acdi) a accepté de nous accompagner dans notre mission. Celui-ci consiste à oeuvrer pour le développement et la promotion du secteur agro-alimentaire, ainsi que le renforcement des capacités techniques, économiques et commerciales des membres du Fpa’, a souligné Mme Aïssatou Diagne Dème.

Au cours d’un point de presse où elle s’exprimait hier, la nouvelle directrice du Fpa a décliné les trois types d’actions de sa mission. Il s’agit, cita-t-elle, d’aider à prendre conscience de l’impact d’une relance de l’activité de transformation des produits agricoles locaux et de l’intérêt souvent négligé de l’interdépendance entre le secteur primaire, le secteur secondaire et le secteur tertiaire pour une articulation féconde interne et externe à chaque filière.

Le deuxième type d’action consiste à résoudre, par une organisation et une participation plus efficace et graduelle, les problèmes que rencontre le secteur agro-alimentaire et en faire un levier du développement économique et social.

Il s’agira enfin de doter le secteur agro-alimentaire d’outils performants en favorisant la recherche/développement pour que l’innovation et l’anticipation soient au service d’un meilleur positionnement sur les marchés des produits locaux.

Le manque de ressources financières a certes plombé les ambitions du Fpa, mais il n’a pas empêché celui-ci de mener ses activités. D’après sa présidente, le forum a eu à accompagner en 2000, dans le cadre de ses activités, toute la phase de mise en place du Paoa qui, selon Mme Aïssatou Diagne Dème, va prendre fin en mars 2008. ‘Bien que n’ayant pas travaillé, de façon optimale, pour faire avancer les défis du secteur, la pertinence du forum n’a pas été érodée par le temps. Le forum reste aujourd’hui plus que jamais un instrument indispensable dans un environnement caractérisé par la mondialisation et la concurrence internationale’, a-t-elle indiqué.

Mme Dème a toutefois tenu à rappeler que le secteur agro-alimentaire a déjà connu, de par le passé, et connaît encore des expériences de cadre de concertation qui n’ont pas su donner les impulsions nécessaires à une dynamique globale.

Et, en tant qu’instrument de concertation, le Fpa vient ainsi compléter les dispositifs de développement déjà opérationnel dans le secteur agro-alimentaire et qui, selon sa directrice, suscite l’adhésion des opérateurs et opératrices.

Mme Aïssatou Diagne Dème est aussi consciente des défis qui l’attendent. Parmi lesquels elle retient, entre autres, la place que ce secteur doit prendre dans la consommation interne et dans les exportations, la modernisation de ses méthodes comme de ses structures pour une recherche constante de compétitivité et de part de marché.

Mais elle est tout aussi consciente que le forum ne pourra véritablement y parvenir qu’en travaillant dans une démarche collaborative étroite avec les pouvoirs publics, les collectivités locales qui du reste ont une responsabilité naturelle dans ce sens. ‘Ensemble, ils doivent définir une politique globale de l’agro-alimentaire, cohérente et claire pour qu’enfin l’utilisation des produits locaux transformés soit inscrite comme un acte ordinaire de tous les jours dans les familles sénégalaises’, a indiqué Mme Dème.

Pour cette dernière, ce partenariat doit être renforcé par celui des producteurs et des consommateurs aux fins de s’engager à garantir une sécurité alimentaire durable ainsi que la protection de l’environnement.

Elle est aussi d’avis qu’il est actuellement possible de faire en sorte que le Sénégal puisse tirer une partie importante du dynamisme du secteur agro-alimentaire. ‘L’agriculture caractérise notre économie et la transformation est le mécanisme de sa valorisation ; ce qui est une raison supplémentaire pour avoir des arguments sûrs d’un futur maîtrisé ‘, a-t-elle plaidé.

Porteurs d’avantages comparatifs, le secteur agro-alimentaire ne demande, pour elle, qu’à se développer et à s’exporter. Et le Forum permanent agro-alimentaire, à travers la solidarité de ses membres, est là pour y contribuer favorablement.


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