Education

Fournitures scolaires : Ruée sur le marché des livres de seconde main

  • Date: 23 novembre 2015

Qu’elles soient exposées dans les rayons des librairies ou rangées sur les tables des bouquinistes, les fournitures coûtent cher, au grand dam des parents d’élèves.

Longtemps considéré comme la destination favorite des gens de petites bourses, le marché des livres de seconde main est désormais investi par des gens aisés, au grand bonheur des bouquinistes. Ces manuels d’occasion, récupérés dans les foires aux livres ou pendant l’année pour être revendus à même le sol dans les rues de Dakar, font allégrement concurrence au marché du neuf. Ces étals de manuels d’occasion font partis du décor coloré de la capitale sénégalaise.
Pour s’en convaincre, il suffit de faire un tour sur l’avenue Blaise Diagne jusqu’au marché Sandaga. Les parents d’élèves aux revenus modestes et les étudiants ont toujours trouvé leur compte dans ces librairies. Mieux, selon Ahmadou Dièye, un vendeur par terre depuis 1997, ses clients se dénichent également depuis quelque temps chez les plus nantis. Une façon de dire que le marché des manuels usagés n’est plus seulement l’apanage des gens aux revenus modestes.
Dans ces étals, on trouve toutes sortes de livres et parfois même des plus rares. Les bouquinistes ne se contentent plus de vendre uniquement des livres, tous les autres articles dont a besoin l’élève sont proposés (cahiers, matériels de géométrie, dictionnaires etc.).

Des fournitures plus chères que les droits d’inscription
Seulement, chez les libraires par terre, les prix des livres ne sont plus aussi accessibles qu’auparavant. Et certains parents d’élèves ne manquent pas de le faire remarquer. C’est le cas d’Ibrahima Dieng, surpris en train de faire part de son exaspération à un vendeur établi sur l’avenue Blaise Diagne.
« Non c’est trop cher ! A ce prix-là, il vaut mieux aller l’acheter à la librairie », s’étrangle ce parent de trois élèves. Il pensait trouver chez ce bouquiniste des fournitures à des prix abordables. Que non ! Sa déception est grande. « J’ai un nombre incalculable d’ouvrages à acheter, au moins une vingtaine, alors je pensais que je pouvais les trouver à des prix abordables ici, mais je me rends compte que c’est sensiblement les mêmes prix qu’en librairie », confie-t-il, le front dégoulinant de sueur.
Comme Ibrahima Dieng, ils sont nombreux les parents d’élèves confrontés à la cherté des fournitures scolaires. Parfois, elles coûtent autant voire plus que les droits d’inscription dans certains établissements privés. Youma Diop en sait quelque chose. Cette jeune mère de famille a du débourser 30.000 FCfa, rien que pour les fournitures de sa fille inscrite en grande section de préscolaire et près de 40.000 FCfa pour celles de sa nièce en classe de CE1. « Les fournitures scolaires sont incroyablement chères aujourd’hui. Et la plupart des écoles vendent elles-mêmes les articles parfois plus cher même que les librairies », se lamente cette habitante des Hlm Grand-Yoff, un quartier où l’on trouve une forte concentration d’établissements privés.

Réductions substantielles
Assane Thiam a inscrit une de ses nièces dans une école à Grand Yoff. Il a été surpris quand on lui a présenté la facture des fournitures de cette fillette qui vient juste d’entrer à l’école. Tout compte fait, il doit débourser la rondelette somme de 26.000 FCfa. « C’est une fortune en ces temps qui courent », rigole-t-il d’une voix qui trahit son exaspération. Dans ce même quartier, presque tous les parents d’élèves se sont rués vers une librairie située non loin d’un grand supermarché. Pour cause, ici, tous les articles sont exonérés de 20% jusqu’à une certaine date. Du coup, toute la journée, c’est une file interminable qui s’y forme. Ibrahima Cissé avait l’habitude d’acheter des livres de seconde main chez les bouquinistes mais depuis il est devenu un client régulier de cette librairie qui lui fait des réductions substantielles. Il n’en pense pas moins que les fournitures scolaires coûtent encore trop cher « même chez les librairies par terre ».

Régularisation du marché du livre
Leur activité a connu un tel essor qu’aujourd’hui, dans le souci de défendre leurs droits et leurs intérêts, les bouquinistes ont mis en place l’Association des bouquinistes du Sénégal (Abs). Moustapha Guèye, dont la barbe fournie est à l’origine de son sobriquet « Sikim », est le Secrétaire général adjoint. Selon lui, parler de surenchère sur les livres de seconde main, c’est faire un mauvais procès aux bouquinistes. « Certains parents font de l’amalgame. Ils pensent que tous les livres que nous vendons sont de seconde main, or ce n’est pas le cas, on propose aussi des livres neufs. Et quand ils viennent acheter, généralement ils choisissent les livres neufs. Là on ne peut pas avoir des prix au rabais », explique-t-il.
Un petit exercice de comparaison montre néanmoins que même sur les livres neufs, les librairies par terre restent toujours plus compétitives que celles classiques. Par exemple, quand le livre « Les nouveaux contes d’Ahmadou Kumba » coûtent 2000 FCfa chez les bouquinistes de Sandaga, il coûte plus du double (4400 FCfa exactement) dans certaines librairies. Le manuel de grammaire, conjugaison et vocabulaire des classes de 5ème, 4ème et 3ème s’échange chez les tabliers contre 6000 FCfa, là où les libraires le revendent à 12.000 FCfa. Une situation que ne manque pas de dénoncer Moustapha Guèye d’autant plus que les bouquinistes comme les librairies classiques, tous s’approvisionnent à l’Agence de distribution de presse (Adp). « Un livre qui coûte un euro en France est revendu à 15.000 FCfa au Sénégal. Ce n’est pas normal alors qu’ici, le livre est exonéré de douane. Au Sénégal, un livre ne doit pas coûter plus de 18.000 FCfa », a-t-il martelé avant de demander à l’Etat d’apporter de l’ordre dans ce marché et de fixer les prix des livres. En attendant, « Sikim » reste persuadé que sans les bouquinistes, « beaucoup d’élèves n’iraient pas à l’école faute de fournitures scolaires ».

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