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France : Rama Yade essuie ses premières critiques

A peine un peu plus d’un mois après sa nomination dans le gouvernement de Sarkozy, la secrétaire d’Etat chargée des Affaires étrangères et droits de l’homme fait face à ses premières critiques. Ces flèches à l’encontre de la benjamine du gouvernement du président Nicolas Sarkozy viennent notamment des organisations des droits de l’homme. Celles-ci reprochent à Rama Yade d’avoir refusé de recevoir en audience les organisations des droits de l’homme tunisiennes lors de son voyage des 11 et 12 juillet dernier dans le Maghreb.

Source : Walfadjri
Et c’est la Ligue française des droits de l’homme qui décoche la première la flèche : ‘La Ldh constate que Madame Rama Yade, qui a accompagné le président de la République en Tunisie, n’a pas eu un mot sur les violations graves et généralisées des droits de l’Homme dont le pouvoir tunisien se rend coupable chaque jour. Pis encore, elle n’a pas trouvé une minute pour rencontrer les défenseurs des droits qui sont pourtant, chacun le sait, dans une situation dramatique’. Avant de s’interroger : ‘(…) la rhétorique de la rupture cache-t-elle une continuité dans les actes ?’ Et qui défend dans la foulée que ‘Madame Rama Yade n’en est malheureusement que le paravent médiatique’. Pour la Ldh, ‘il est enfin significatif que, contrairement à ce qui a pu être prétendu ces dernières heures, Madame Yade n’ait eu aucun contact avec les Ong françaises de défense des droits avant de participer à ce voyage qui cautionne la dictature tunisienne. La Ldh veut espérer que ce faux pas ne se répétera pas’.

Du côté de la Tunisie, c’est l’Association de lutte contre la torture qui élève la voix dans les colonnes du journal Le Monde. L’avocate Radhia Nasraoui, présidente de l’Association de lutte contre la torture en Tunisie (non reconnue), avait dénoncé cette attitude et parlé de ‘mépris’. ‘Quand le président du Parlement européen est venu à Tunis, il y a quelques mois, il nous avait rencontrés. Or, lui aussi n’était venu que quelques heures’, avait-elle rétorqué. Mme Nasraoui avait cité des cas précis ‘de tortures abominables’ pratiquées sur des détenus tunisiens, dont elle avait pu constater elle-même les traces.

Rama Yade a expliqué, dans un communiqué, que si elle n’a pu rencontrer les associations des droits de l’homme de Tunisie, c’est parce que le temps réservé à la visite du pays était très court. C’est pourquoi, la secrétaire d’Etat aux affaires étrangères et aux droits de l’homme se dit ‘étonnée’ des vives critiques de la Ligue française des droits de l’homme (Ldh) formulées contre elle, au lendemain de son voyage en Tunisie, les 10 et 11 juillet, où elle accompagnait Nicolas Sarkozy. Pour rejeter ces critiques en bloc, Rama Yade informe qu’elle s’est ‘entretenue pendant plus d’une heure avec son homologue tunisien, Hatem Ben Salem, sur la question fondamentale des droits de l’homme’. Avant de poursuivre qu’à son retour en France, elle a reçu Souhayr Belhassen, présidente de la Fédération internationale des droits de l’homme (Fidh).

Ces critiques révèlent que le secteur des droits de l’homme qui fait partie des domaines d’intervention de Mme Yade est un sujet sensible et délicat. Elle a à faire face à des organisations des droits de l’homme qui combattent toutes les formes de violations des droits humains sur la planète. Et l’Afrique n’est pas aussi bien lotie dans le domaine du respect des droits humains. Et la Tunisie de Ben Ali figure en tête de peloton.


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