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FRAUDE SUR LE TONNAGE DES NAVIRES DE PÊCHE INDUSTRIELS- Greenpeace interpelle l’État du Sénégal

  • Date: 25 mars 2016

Une coalition d’acteurs de la pêche et de la Société civile, constituée d’associations de pêcheurs artisans, de femmes transformatrices, de mareyeurs, de marins et d’associations de défense de l’environnement marin,  a exigé, du ministre de la Pêche et de l’Économie maritime du Sénégal, une réponse immédiate concernant les mesures prises par le Gouvernement contre la fraude au tonnage des navires de pêche industriels. Cette interpellation intervient pendant que le processus de renouvellement des licences est en cours et quatre mois après que le Ministre Oumar Guèye a publiquement déclaré que l’enquête interne sur cette fraude était bouclée.

La fraude sur le tonnage d’un navire est une pratique illégale dont les conséquences économiques, sociales, financières et écologiques sont énormes. Elle consiste à sous-déclarer la capacité d’un navire de pêche dans le but de contourner la loi afin de bénéficier de privilèges tels que de pêcher dans des zones interdites et de payer des redevances réduites pour la licence.

« L’absence de réponse, de la part du Ministère, à nos nombreuses interpellations sur la question,  fait craindre aux acteurs de la pêche que le Ministre n’a pas pris la pleine mesure de la gravité de l’état de nos ressources marines. Vue la situation actuelle de surexploitation de ces dernières et l’absence d’une gestion régionale de nos ressources, nous exigeons que le Ministre intervienne et adopte une approche proactive dans la résolution de ce problème », a déclaré Ahmed Diamé, chargé de Campagne Océans à Greenpeace Afrique.

Déjà, en 2006, le rapport de l’Audit du pavillon de la flotte de pêche démersale côtière, commandité par la Cellule d’Études de Planification (CEP) du ministère de la Pêche et de l’Économie  maritime, avait soupçonné des fraudes sur le tonnage déclaré de certains navires de pêche ; un soupçon que vient de renforcer récemment une investigation menée par l’ONG Greenpeace et publiée en mai 2015.

La situation de la flotte industrielle sénégalaise est très préoccupante. En fraudant sur leur tonnage, les navires industriels accèdent aux mêmes zones de pêche que les pêcheurs artisans, installant une concurrence de fait avec les petites pirogues et mettant une pression supplémentaire sur des stocks déjà en déclin. De plus, cette fraude occasionne le non-respect des normes de sécurité dans les navires, du fait que les navires de grand volume sont soumis à des règles sécuritaires plus strictes. Il est urgent que le ministre de la Pêche et de l’Économie maritime prenne des mesures nécessaires pour rectifier cette faute. Garder un silence coupable équivaudrait à légitimer une fraude qui, jusqu’ici, est restée impunie par les prédécesseurs de l’actuel Ministre.

« Compte tenu de la dépendance des populations sénégalaises et ouest-africaines sur les ressources halieutiques et des engagements pris par notre pays au niveau régional et international, il urge de renforcer la coopération sous-régionale et la transparence dans le secteur de la pêche pour régler définitivement cette fraude et éviter un effondrement irréversible des stocks de poissons », soutient Alassane Bâ, Secrétaire général des défenseurs de la Mer, par ailleurs, membre de la Coalition.

« Aussi, nous demandons au président de la République, Macky Sall, de porter le plaidoyer pour la création d’une organisation régionale de gestion des pêches capable de prendre en charge les véritables défis qui interpellent notre région pour une gestion durable de nos ressources marines », renchérit Mr Bâ. Avant de conclure : « Nous interpellons également les gouvernements européens, russes et asiatiques, dont la flotte de pêche ou des compagnies, opèrent dans la région, à mieux contrôler les pratiques dont certaines nuisent à l’image de pays amis et frères auprès des peuples d’Afrique. »

Mouhamadou BA

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