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Fronde en vue à l’assemblée nationale : La révolte des députés «simples»

La nouvelle législature est partie sur les chapeaux de roues. Comme s’ils se sont passé le mot, les parlementaires, une manière sans doute de se dédouaner et de se légitimer face au peuple qui a boycotté massivement les élections du 3 juin, rivalisent d’ardeur, à travers des formulations de questions d’actualité ou orales, à l’endroit du gouvernement. Mais, derrière cet enthousiasme débordant d’un «bleu» plein d’énergie, se cache un malaise plus profond qu’un océan.

Source : L’As
Une situation née du traitement disproportionné des parlementaires. Pendant que les membres du bureau, (les vice-présidents, les questeurs et les présidents de groupe et les secrétaires élus) et les présidents de commissions traités comme des princes, perçoivent mensuellement 2 millions et 1,6 million, leurs collègues, députés simples, ploient sous la «misère noire» et sont traitées en parents pauvres, dans la configuration de «la nouvelle République des nouveaux riches».

Ainsi, à peine ont-ils pris leurs marques qu’ils ont commencé à s’agiter pour qu’un terme soit mis à ce qu’ils ont perçu comme un deux poids deux mesures. On note parmi les râleurs des parlementaires de la dernière législature rétrogradés et qui ruminent leur colère de devoir prendre en charge, dans leur «maigre» salaire, un chauffeur, mais aussi de partager un bureau aussi étroit qu’un trou de rat avec un autre parlementaire. Pendant ce temps leurs collègues membres du bureau ou président de commissions, déjà riches comme Crésus, reçoivent chacun mensuellement, une liasse de billets d’une valeur de 2 millions de francs cfa, 1000 litres d’essence et occupent majestueusement un bureau à «trois étoiles», avec secrétaire et téléphone et un crédit téléphonique de 150.000 francs, pris en charge par le contribuable sénégalais.

Parmi les «rouspéteurs», se trouvent d’anciens ministres ou directeurs ou de gens provenant d’une station où ils avaient une situation financière bien meilleure que celle d’un simple parlementaire. Les membres du bureau, qui font des émules et suscitent aujourd’hui le courroux des députés simples, ont pourtant, cerise sur le gâteau, une 4×4 et une autre voiture (607 ou 406) avec chauffeur payé par l’Assemblée nationale.

Avant l’alternance, même après, sous le magistère de Youssou Diagne, le parlementaire avait un émolument inférieur à 600.000 francs. C’est par la suite que le président de la République a doublé tous les salaires. Sans doute, le nouveau président de l’Assemble nationale fera face à la première fronde qui secoue l’hémicycle. Si le chef de l’Etat accorde une suite favorable aux requêtes des parlementaires frondeurs, le peuple au nom duquel, ils siègent à l’Assemblée, devra supporter une ardoise supplémentaire. Avec un budget de plus de 9 milliards, l’Assemblée nationale, version Pape Diop, comptait un personnel de 400 personnes et 120 députés. Macky Sall, devenu président de cette législature amputée de l’opposition la plus représentative, est venu avec une nouvelle vision notamment le recrutement d’assistants parlementaires. Malgré son budget, l’Assemblée nationale supportera une charge supplémentaire qui alourdit davantage les charges de l’Etat sénégalais, en proie à une hausse intempestive des prix des denrées de première nécessité et à des délestages devenus récurrents. Après la fronde de Oumar Sarr et cie, l’Assemblée fera face une fronde dont les tenants sont des caciques même du parti au pouvoir. Et ça fait bruit dans l’hémicycle, en attendant que la bombe explose.


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