Accueil / ACTUALITES / Gachette facile de ses garde-cotes contre les sénégalais- La Mauritanie joue avec le feu

Gachette facile de ses garde-cotes contre les sénégalais- La Mauritanie joue avec le feu

REWMI.COM Fallou Diakhaté, c‘est le nom de ce jeune pêcheur sénégalais tombé sous les balles des garde-côtes mauritaniens ce samedi à 22 h, des gens à la gâchette facile quand il s’agit de protéger leurs côtes contre nos compatriotes, surtout à Saint-Louis, au nord du pays. Il avait 19 ans. Les 7 autres pêcheurs qui se trouvaient à bord de la pirogue ont été arrêtés.

Une victime de plus quand on sait que d’autres pêcheurs en avaient fait les frais. Bara Gaye a succombé à ses blessures en janvier dernier, victime des mêmes pratiques.

Bien sûr, la violation de l’espace maritime de ce pays voisin par nos pêcheurs n’est pas acceptable. Avec la suspension de l’octroi des licences de pêche et en l’absence d’un accord entre les deux pays, nombre de pêcheurs sénégalais avaient été contraints de rejoindre leur pays. Le Président de la République avait cru amortir le choc de ce retour avec des montants financiers octroyés à ces victimes. Mais, c’est sans compter avec l’entêtement de ces pêcheurs, charmés par le caractère poissonneux des côtes mauritaniennes. Ils y entrent souvent en infraction. Et ce n’est pas normal.

Toutefois, comme le précise le Ministre de la Pêche Oumar Guèye, cela ne justifie pas que l’on tire sur eux à balles réelles. Rien en effet ne justifie la mort de ce jeune homme, sinon le caractère très difficile du voisinage avec la Mauritanie.
Il n’y a pas en effet un seul pays voisin qui ne soit pas victime de la pêche illégale de bateaux étrangers avec des prises beaucoup plus importantes que la capacité d’une seule pirogue.

Le Sénégal avait arraisonné des bateaux étrangers sans qu’il y ait la nécessité de tirer sur l’équipage.
Sur le cas d’espèce, les forces de sécurité mauritaniennes savaient que les pêcheurs en question ne leur échapperont pas. Le tir est facile contre des personnes désarmées. Mais le faire et le répéter est une façon de jouer avec le feu. Et on peut se brûler.

Les autorités sénégalaises savent que ces citoyens n’accepteront pas continuellement que leurs parents soient tués dans un Etat voisin sans réagir.
Ce qui s’est passé ces dernières heures à Saint-Louis était prévisible. Si en effet une pirogue viole l’espace maritime mauritanien, les lois de ce pays doivent être appliquées. Nous sommes d’accord. Mais, nous savons que ces lois n’autorisent pas de descendre froidement les contrevenants.
Alors, ce que les Sénégalais demandent à la Mauritanie, c’est de respecter leurs lois en préservant la vie de nos concitoyens.

Le Président Ould Aziz et ses ouailles doivent savoir que le Sénégal ne saurait être un expiatoire pour les difficultés internes de la Mauritanie. Confrontés souvent à des crises institutionnelles et politiques, la Mauritanie s’est mise à dos la communauté internationale avec la répression d’opposants comme le Sénateur Ould Ghadda et droits-de-l’hommistes.

Aziz a changé le drapeau, la monnaie et dissous le Sénat dans des conditions peu consensuelles.

Il fait apparemment de la défiance contre Dakar, un mode de conduite motivé par le désir de séduire une frange de la population.

Eh bien, le Sénégal de 1989 n’est pas celui de 2018. Nos dirigeants savent que notre patience à des limites et qu’ils doivent se faire respecter.
S’il y a beaucoup de Sénégalais en Mauritanie, il y a autant de Mauritaniens au Sénégal. Les deux peuples n’ont jamais eu de problèmes entre eux, unis par l’histoire, la géographie, la culture et la religion.

Comme toujours, ce sont les hommes politiques qui sèment la division.
Comme Ould Taya, Ould Aziz connait suffisamment bien le Sénégal pour savoir que ces actes continuels de défiance et de provocation sont considérés comme des casus belli. Pourtant, il s’entête à les répéter malgré les avertissements fermes de nos autorités. Alors, ces motivations sont manifestement politiques et obéissent à des primes électoralistes internes.

Or, le Sénégal n’est pas disposé, par un conflit, à faire prolonger le mandat d’un Président qui doit débarrasser le plancher. Mais il n’est pas non plus prêt à accepter de continuelles provocations.

Assane Samb

À voir aussi

Bruno Diatta inhumé à Bel-Air

Le chef du protocole de la présidence de la république décédé vendredi dernier sera inhumé …

Wade et Madické en séance d’explication à Doha

Madické Niang est à Doha. C’est l’Observateur qui donne la nouvelle. Le Président du Groupe …