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Gestion de la sécurité publique- renseignements etc…Sale temps pour la police

Les jets de pierres essuyés par le président de la République lors de sa visite vendredi dernier à l’Ucad, ont remis au goût du jour la gestion de la sécurité publique.

Les mauvaises nouvelles se suivent mais ne se ressemblent pas au sein des services de sécurité. Alors qu’on n’a pas fini de digérer les effets collatéraux de l’affaire de l’étudiant Bassirou Faye tué dans des conditions troubles le 14 août 2014, voilà qu’en l’espace d’une journée, les étudiants viennent semer le doute dans l’efficacité des dispositifs de maintien de l’ordre et du système de remontée d’informations, de renseignements au profit de l’autorité.

Visiblement, « le danger n’a pas été évalué dans sa juste dimension ». On a « minimisé une situation alors que le cocktail que représente déjà l’université Cheikh Anta Diop est lourd de tous les dangers ». « On aurait pu prendre des dispositions plus pointues, plus intelligentes, vu l’ambiance qui prévaut à l’Université de Dakar depuis deux ans ».

Les commentaires sont allés bon train au niveau des gradés de la Police nationale, après les évènements au cours desquels le Président Macky Sall a essuyé des jets de pierres. Il ne manque d’ailleurs pas parmi nos interlocuteurs qui lient la série de flops au sein de la Sûreté nationale à l’ambiance qui prévaut dans ses rangs. « Ambiance » qualifiée de délétère du fait que plusieurs hauts gradés contestent toujours la légitimité de la patronne de la Police nationale, Anna Sémou Faye.

« Les évènements de l’Université montrent au moins une chose : ce n’est pas parce qu’on mobilise toutes les forces de Police que l’efficacité sera garantie. Ce n’est pas le nombre qui assure le succès, mais la qualité du commandement ». L’autorité devrait voir de ce côté-là, indique-t-on, assurant qu’il y a manifestement un déficit d’enthousiasme « lié à une situation que l’autorité connaît très bien ». « Les gens peuvent se croiser les bras sans en donner l’air », avertit-on. Est-ce le cas présentement ? Du côté de plusieurs hauts gradés, des sources dignes de foi estiment que « oui ».

En vérité, il faut dire que la série noire commence à inquiéter. Jeudi 23 juillet, en plein Conseil des ministres à Fatick, une nouvelle venue d’on ne sait où perturbe la sérénité de la réunion. Et pour cause, c’est la « fausse » nouvelle du décès d’un responsable politique que les partisans du ministre Mbagnick Ndiaye auraient tué, qui est annoncée.

La « nouvelle » est annoncée par le ministre de l’Intérieur lui-même au Président. L’on rapporte que l’ambiance était au deuil et que le ministre incriminé a versé de chaudes larmes. On se rendra compte, quelques heures plus tard, que personne n’était mort. Que Mbagnick Ndiaye avait pleuré pour rien, qu’on avait perturbé une réunion de Conseil de ministres pour si peu.

Le fait est tellement gros qu’il continue encore de circuler dans le pays et dans les milieux informés des Renseignements étrangers. Mais on préfère en rire plutôt… Et presque au même moment où ce fait cocasse se déroulait, une « balle perdue » mettait fin à la vie d’un jeune à GrandYoff. Et il a fallu beaucoup de finesse pour « dégoupiller » la grenade, avec des populations remontées à bloc qui ont voulu chauffer la rue. Une semaine après, c’est le Président Macky Sall qui se fait surprendre à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Problème de communication ? 

A-t-on évalué le danger qu’il courait en s’y rendant ? Nos interlocuteurs pensent pourtant que « oui ». L’autorité a même été briefée sur les risques, mais le Président, à la décharge cette fois du ministre de l’Intérieur, s’y est rendu. Mais l’on ne manque pas de tirer la sonnette d’alarme. « C’est la première fois que les choses arrivent à ce niveau de gravité », depuis que Macky Sall trône au pouvoir.

Ses proches saluent le fait qu’il soit resté serein. Mais une chose est de rester clame et maître de ses actes, même dans les situations les plus difficiles, une autre chose « est de l’empêcher d’expérimenter ce courage », ironise un cadre de la Police. Qui pense qu’il est urgent de prendre des mesures.

Le problème ne se situe sans doute pas au niveau des renseignements, mais au niveau du top management. « Les spécialistes les plus férus en matière de maintien de l’ordre sont soit hors circuit, ou se sont eux-mêmes mis sur la touche. » Et aujourd’hui encore, « on ne communique plus au niveau de la Police.

On ne peut pas se permettre à ce niveau de responsabilité de se contenter de sms qu’on envoie », regrette un gradé. Ce dernier salue le « travail propre » de la garde rapprochée du Président Sall. « La garde rapprochée a eu la bonne réaction. Mais à mon avis, « il faut créer une direction du renseignement pour tout centraliser (Palais, Intérieur etc.) et assurer une plus grande efficacité », propose-t-il comme solution.

Enquête

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