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GESTION DES BASSINS DE RÉTENTION:Me Wade propose la création d’une agence sahélienne

« Je propose la création d’une agence sahélienne des bassins de rétention, mais, elle doit s’appuyer sur les agences nationales ». C’est en ces termes que le Président de la République a terminé son allocution, hier lors de la cérémonie d’ouverture du séminaire international sur les bassins de rétention. Aussi, le chef de l’Etat a lancé un slogan « un bassin un village » pour une bonne maîtrise de l’eau au Sénégal.
La maîtrise de l’eau occupe une place centrale dans toutes les stratégies de développement du continent. En milieu rural, la pauvreté est surtout alimentée par la rareté de l’eau qui constitue le principal obstacle au plein emploi des producteurs. C’est pourquoi, il a proposé la création d’une agence sahélienne pour une bonne maîtrise de l’eau.

Or, dit-on le Sahel renferme un potentiel en eau qui donne en dehors du Cap-Vert, du Niger et de la Mauritanie une répartition largement supérieure au seuil de 1000m3 par habitant. Et le potentiel irrigable est de 2,4 millions d’hectares dont 479.000 ha seulement bénéficient d’une maîtrise totale ou partielle de l’eau. Seulement 4,4 % des ressources en eau renouvelable sont mises en valeur.

La maîtrise de l’eau est incontestablement un moyen incontournable pour lutter efficacement contre la pauvreté. Au regard des statistiques, le continent ne dispose actuellement que de 10 ha irrigués pour 1000 habitants contre 43 ha pour la moyenne mondiale. Pour résorber ce cap, le stockage des milliards de m3 d’eau perdues annuellement dans le Sahel est une nécessité. Le Séminaire a donné l’occasion aux experts, bailleurs de fonds, décideurs et partenaires d’échanger sur l’impact des Bassins de rétention sur la réduction de la pauvreté.

Me Wade compte doter tous les 24.000 villages des bassins de rétention d’où le slogan « un village un bassin ». « Plusieurs bassins de rétention de dimension et d’utilisation différentes sont construits sur l’ensemble du territoire. Les premières investigations effectuées ont permis d’identifier 5.000 sites potentiels dont 200 ont déjà fait l’objet d’aménagement », a soutenu le Ministre du Réseau Hydrographique National Me El Hadji Diouf.

À l’en croire, au Sénégal il a été réalisé plus d’une centaine de bassins de rétention depuis 2000, qui ont permis la mobilisation de plus de 6 millions de m3 d’eau pouvant assurer la mise en valeur d’un millier d’hectares, la diversification de points d’eau pour le bétail et l’expérimentation de la pisciculture. Le mode d’irrigation pratiqué actuellement autour de ces bassins est simple et ne nécessite pas des coûts de fonctionnement élevés. Ceci a suscité l’engouement des populations à s’approprier ces ouvrages, à pratiquer autour de ces derniers des cultures de contre-saison permettant d’augmenter de manière substantielle leurs revenus.

« La multiplication des bassins de rétention permet de prolonger l’activité agricole en dehors de l’hivernage favorisant ainsi le plein emploi en milieu rural, ce qui permet de limiter l’exode rural », a dit Me Wade. Par ailleurs, en dehors du maraîchage, les bassins de rétention ont un impact significatif sur l’alimentation en eau du bétail et de surcroît sur l’accroissement de la production animal.

Avec ces bassins, il y aura la possibilité de développer des activités d’aquaculture pour accroître davantage la disponibilité en protéine animale des populations rurales surtout dans des zones où l’approvisionnement en poisson n’est pas évident. Vu le rythme actuel de réalisation de ces bassins de rétention, le besoin en financement a été évalué à l’horizon 2015 à 60 milliards. Et le coût total du programme national étant estimé à 210 milliards de Fcfa.


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