e1eb7ad08cbddde1410cb90f2bf46a96_L

Gestion des pandémies : Le mécanisme de financement de la Banque mondiale bientôt opérationnel

Le nouveau mécanisme de financement en cas de pandémie sera opérationnel dans les mois à venir. L’information est contenue dans un communiqué transmis à la rédaction. Ce nouveau mécanisme servira à mobiliser des ressources financières pour accélérer la riposte en cas de flambée des maladies, notamment celles virales.

Le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, a annoncé l’opérationnalisation du nouveau Mécanisme de financement d’urgence en cas de pandémie ou Pandemic emergency financing facility (Pef) en anglais. C’est ce qu’annonce un communiqué transmis à la rédaction. Ce mécanisme mobilisera les fonds auprès des pays riches, des marchés financiers et du secteur de la réassurance. En cas d’épidémie ou d’apparition d’une pandémie, ces fonds seront utilisés pour élaborer une riposte précoce afin de stopper une flambée qui pourrait dégénérer en épidémie. « Ce mécanisme qui sera opérationnel dans les mois à venir, débloquera rapidement les fonds via deux guichets », indique le communiqué.

Auparavant, un tout nouveau marché de l’assurance sera créé pour la gestion des risques de pandémie. Les pays à faible revenu seront aidés suivant les critères d’ampleur, de sévérité et de vitesse de propagation. « Lorsqu’une flambée remplit des critères prédéfinis (ampleur, sévérité et vitesse de propagation), les fonds sont rapidement mis à disposition des pays concernés ainsi que des entités d’intervention internationales. Comme n’importe quelle autre assurance, une somme modique payée d’avance apportera aux pays un soutien nettement plus significatif au moment où ils en auront le plus besoin », lit-on dans le document. Ce mécanisme sera utilisé pour financer les interventions en cas de flambée des maladies émergentes. C’est une réponse aux contraintes de mobilisation des ressources financières en cas d’urgence, comme ce fut le cas durant les épisodes des autres pandémies comme celui d’Ebola.

« Nous n’aurons donc plus besoin d’attendre des délibérations politiques dont la lenteur est inévitable et dont l’issue imprévisible peut s’avérer mortelle  ou des campagnes de collecte de fonds dont les sommes sont souvent insuffisantes et arrivent trop tard », explique le président du Groupe de la Banque mondiale.

Le coût des pandémies
Si ce mécanisme était en place en 2014 durant l’épidémie du virus Ebola en Afrique de l’Ouest, il serait en mesure de mobiliser 100 millions de dollars dès le mois de juillet pour accélérer la riposte.

«  Au lieu de cela, ces 100 millions n’ont été mis à disposition que trois mois plus tard. Pendant ces trois mois, le nombre de cas d’Ebola a été multiplié par dix, et l’épidémie a coûté, à ce jour, 10 milliards de dollars aux contribuables américains et aux autres pays pour financer les interventions d’urgence, les programmes de rétablissement et les lourdes pertes économiques qu’ont subies les pays concernés », renseigne le communiqué qui mentionne que ce mécanisme complètera les efforts de l’Organisation mondiale de la santé pour renforcer ses mesures d’interventions précoces.

Ainsi, les pays seront amenés à élaborer de solides plans de riposte. De ce fait, pense le président de la Banque mondiale, l’investissement national et international sera encouragé dans la « la préparation aux crises, notamment en améliorant la résilience des systèmes de santé nationaux et des réseaux régionaux de veille et de détection ». Ce nouveau mécanisme tournera la page d’une gestion des crises au cas par cas, qui est très onéreuse, au profit d’une riposte mieux coordonnée et plus efficace. La mise en place de ce mécanisme intervient dans un contexte où la probabilité que l’humanité fait face à de nouvelles épidémies de maladies virales est réelle. Selon Jim Yong Kim, il est fort probable qu’une grave pandémie survienne dans les 10 à 15 prochaines années.

Aujourd’hui, les travaux récents évaluent à environ 570 milliards de dollars par an le coût mondial de la prise en charge des pandémies « moyennement sévères et sévères ». En effet, une pandémie de grande ampleur pourrait coûter jusqu’à 5 % du produit intérieur brut (Pib) mondial, c’est-à-dire près de 4.000 milliards de dollars.

Le Soleil

Voir aussi

3f11c61b5294cdfc6be91e9e005efaa9a286a8e0

Contraception : le vrai du faux

Entre les scandales sur les pilules de 3e génération, les nouvelles contraceptions pérennes ou d’urgence, …