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Gestion des projets placés sous la tutelle de Wade et Macky Sall : La Banque mondiale émet des doutes

Plusieurs secteurs prioritaires ont vu leur part dans le budget diminuer en 2006. Parmi ceux-ci se trouvent, le secteur de la santé, l’agriculture et l’élevage, le développement social et la solidarité nationale. Pendant ce temps, les projets logés à la présidence et à la Primature se sont taillé la part du lion. Entre autres, le Pndl, le Programme de bonne gouvernance, la reconstruction de la Casamance, la lutte contre le sida, etc.

Source : Walfadjri

Les baisses constatées dans l’allocation des ressources budgétaires en 2006 pour les secteurs dits prioritaires apparaissent paradoxales à la Banque mondiale qui vient de rendre publique sa Revue sur les dépenses publiques du Sénégal, ‘à l’heure où les autorités déclarent leur intention de privilégier le secteur agricole dans leur Stratégie de croissance accélérée et que les secteurs de la santé et de protection sociale demeurent des domaines prioritaires de leur Dsrp.’ Parmi les secteurs laissés pour compte, se trouvent le secteur de la santé (de 8,1 % en 2005 à 6,7 % en 2006), l’agriculture et l’élevage (de 5,1 % en 2005 à 4,4 % en 2006), le développement social et la solidarité nationale (de 1,8 % en 2005 à 1,3 % en 2006).

Cette première impression, selon l’institution de Bretton Woods, doit cependant être nuancée à la lumière d’une lecture plus attentive. C’est ainsi que pour le secteur de la santé, plusieurs facteurs peuvent être avancés pour expliquer la baisse (en part relative du Pib, mais pas en valeur absolue). Il en est ainsi de la fin de plusieurs projets d’investissements comme le Programme de développement intégré de la santé (Pdis) et la nouvelle orientation sectorielle qui privilégie le développement des ressources humaines et les campagnes de vaccination et d’information plutôt que des investissements lourds. En fait, explique la Banque mondiale, la baisse du budget en direction de la santé s’explique, à elle seule, par la diminution du budget d’investissement (-27 %), alors que les dépenses courantes augmentent de 12,8 %. ‘La baisse relative du budget d’investissement pour le développement social (-30 %) reste plus préoccupante et va à l’encontre de la récente stratégie de protection sociale adoptée en septembre 2005, même si plusieurs projets classés dans d’autres secteurs peuvent être considérés comme allant vers les groupes vulnérables.’ La Banque cite, entre autres, le projet de relocalisation des personnes affectées par les inondations de 2005 (plan Jaxaay sous la responsabilité de la Primature) qui devrait se concentrer sur les groupes les plus démunis. De même, la nouvelle orientation donnée à la justice devrait chercher à améliorer la protection juridique.

La Banque mondiale constate surtout ‘une responsabilité plus accrue de la Présidence et de la Primature dans l’exécution des projets de grande envergure. En effet, 10,8 % du budget d’investissement de 2006 est sous leur responsabilité.’ A titre illustratif, l’institution de Bretton Woods cite le Projet d’élargissement de l’autoroute Malick Sy – Pikine, le Programme national de bonne gouvernance qui,sont sous la responsabilité de la présidence de la République. Le Programme national de développement local, le Projet de reconstruction de la Casamance, le Projet de lutte contre le sida et le Programme de renforcement de la nutrition sont, eux, sous la responsabilité de la Primature. Ces projets seraient-ils des ‘mangeoirs’ ? Selon toujours la même source, les ressources transférées aux agences autonomes représentent une part non négligeable (9,7 %) du budget global. La majeure partie de ces ressources transférées (96,7 %) est destinée à l’investissement et représente 20,3 % du budget d’investissement. ‘L’Apix qui est en charge des grands travaux, exécute le projet d’élargissement de l’autoroute Malick Sy – Pikine, l’Aatr exécute le projet d’entretien routier, l’Agence de gestion des inondations et des bidonvilles exécute le plan Jaxaay.’

Une attention particulière à l’allocation sectorielle du budget consolidé d’investissement permet de mieux cerner les intentions des autorités sénégalaises. La répartition du budget d’investissement privilégie le secteur quaternaire qui englobe tous les investissements relatifs au développement des ressources humaines (éducation, santé, nutrition), à l’amélioration du cadre de vie (approvisionnement en eau potable et assainissement en milieu urbain, urbanisme et habitat), à la promotion socio-économique des femmes, des jeunes et des populations déshéritées, au développement local et régional et à l’amélioration des conditions de travail de l’administration. Ce secteur bénéficie de 52,5 % du budget d’investissement et enregistre une hausse de 8,9 % par rapport à l’année 2005. Cette hausse est imputable principalement au plan Jaxaay (47 milliards), au Programme décennal pour l’éducation et la formation (45,2 milliards), à l’équipement pour la défense nationale (16,2 milliards), au programme indépendance (15 milliards) et dans une moindre mesure à la refonte du fichier électoral (6,8 milliards).

Au niveau de la répartition sectorielle du projet de budget 2006, les autorités ont privilégié une certaine stabilité par rapport à 2005, d’après la Bm. D’une manière générale, l’allocation budgétaire entre les pouvoirs publics (0,5 % du Pib), les secteurs d’administration générale (3,3 % du Pib), les secteurs économiques (11,8 %), et les secteurs sociaux (9,1 %) correspond à celle prévue dans le budget de 2005.


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