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Gestion solitaire, népotisme… : Le Méridien Président au bord de l’implosion sociale

Les vagues ne s’échouent plus sur le rivage et des brisants blancs ne se forment plus sur le sable depuis le 18 avril dernier. Et voilà que la vue que vous aurez depuis Le Méridien-Président est devenue floue à cause du climat social qui règne dans ce palace des Almadies. Un mouvement d’humeur devant des hôtes de marque.

Source : Walfadjri
Les employés de l’hôtel Méridien-Président sont en mouvement d’humeur. Ils portent, depuis plus d’une semaine, des brassards rouges pour manifester leur courroux face à une direction générale accusée de gestion solitaire, de népotisme, etc.

Réputé meilleur hôtel d’Afrique de l’Ouest, Le Méridien-Président, entouré par 35 hectares de luxuriante verdure, s’est offert en spectacle, hier, aux invités de marque venus participer qui au congrès de la Confédération africaine d’athlétisme, qui à la 3e Conférence des parties à la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants. Certains invités rencontrés au restaurant vert, notamment les athlètes du grand meeting international de Dakar qui se tient ce samedi, étaient de tout cœur avec ces employés en brassard rouge. Les serveurs étaient gais de rencontrer des convives sensibles à leur cause.

La gestion ‘unilatérale’ et ‘solitaire’ d’une direction générale caractérisée par la prise de décisions ‘impopulaires’ et ‘inopportunes’ sans concertations aucune avec les délégués du personnel, a fini d’installer ce climat social délétère. La colère des clients et des ‘associés’ (personnel dans le jargon) se lisait, hier, sur les visages. Selon la déclaration des travailleurs remise à la presse, le Méridien-Président appartient maintenant à un groupe, un comité de direction qui n’est pas respectueux des lois et règlements en vigueur au Sénégal.

Face à cette situation sociale ‘malsaine’, le personnel ‘exige’ le respect des engagements pris par la direction générale. Il s’agit de l’application des dispositions conventionnelles relatives à la promotion interne, l’embauche des ‘Extras’ (journaliers dans le jargon de l’hôtellerie) de plus de 10 ans de présence dans l’hôtel, l’augmentation généralisée des salaires de tout le personnel y compris les ‘Extras’. Des journaliers, en service depuis l’ouverture de l’hôtel le 18 avril 1991, le sont jusqu’à présent. Sans oublier la réduction du nombre ‘pléthorique’ des agents de sécurité Sagam ‘dont l’efficacité n’est pas garantie’, l’élaboration et la mise en œuvre d’un Accord d’établissement et le respect des dispositions du décret 70-180 relatives à l’utilisation des travailleurs journaliers.

Autres revendications des employés, l’augmentation de la prime de nuit, la mise en place d’un comité du dialogue pour une meilleure prévention des conflits, la participation des travailleurs au capital de l’hôtel à hauteur de 20 %, l’application de la réglementation en matière d’heures supplémentaires, la mise en place d’un Accord d’établissement portant sur les primes de fin d’année, de rentrée scolaire, de Noël, de Pâques, etc. De leur chapelet, ils égrènent aussi une augmentation de salaire de 50 000 francs Cfa comme indemnité de logement.

La seule réponse fournie par la direction générale, selon les travailleurs, est une augmentation de 3 à 7 % des salaires selon la catégorie. Une proposition jugée dérisoire. Par ailleurs, alors que les directeurs de département et autres cadres se partagent annuellement des bonus pour services rendus estimés à plusieurs millions de francs Cfa, le personnel permanent subalterne ne reçoit que 381 000 F Cfa imposables.

C’est ainsi qu’après leur assemblée générale du 18 avril dernier, ils ont décidé du port du brassard rouge. Une date marquant le 16e anniversaire de l’hôtel. Et la cérémonie de remise de médailles prévue le 25 avril dernier a été renvoyée sine die. Ce jour-là, rapportent les employés, a été marqué par un boycott de la cafétaria du personnel.

Les travailleurs pointent du doigt leurs compatriotes cadres qui divisent pour mieux régner. Ces derniers procéderaient même à des recrutements sur la base du copinage. Idem pour les promotions internes. Ils ont cité le cas de la direction des ressources humaines laissée vacante pendant six mois. C’est le responsable de la formation qui assure l’intérim. En même temps, le poste de Drh adjoint a été octroyé à un élément de l’extérieur, dénoncent-ils.

Le directeur financier, qui est parti à la retraite le 15 avril dernier, a été remplacé par un autre Sénégalais venu du Méridien Gabon. Son adjoint, qui a capitalisé 25 ans d’expérience, a été laissé sur les carreaux. Alors que, rappellent-ils, l’ancien Dg, Marc Dauvray, avait signé en bonne et due forme un protocole d’accord avec le personnel pour la promotion interne, son remplaçant, Bernard Messin, a préféré le mettre sous le coude.

Ce lot de frustrations a poussé, hier, les employés à se pointer sur le passage du Premier ministre venu présider la rencontre organisée par le Programme national de développement local. Ils avaient cependant le regard hagard. En effet, Macky Sall n’a prêté aucune attention à ces employés, un brassard rouge sur l’avant-bras. Il ne s’est donc pas interrogé sur le pourquoi de cette initiative du président Wade qui avait demandé aux travailleurs sénégalais de manifester ainsi leur mécontentement. Et en l’absence d’Ousmane Masseck Ndiaye, leur ministre de tutelle, du territoire national, les employés du Méridien-Président devront encore prendre leur mal en patience. Pour le moment, ils refusent de dévoiler la stratégie à adopter devant le mutisme des autorités étatiques compétentes et de la direction générale de l’hôtel.

Une direction générale qui s’est emmurée, hier, dans un silence. Le directeur commercial, Frédéric Mariani, que nous avons rencontré dans son bureau, nous avait mis en relation avec son patron. Bernard Messin a prétexté de réunions durant la journée d’hier pour adopter la même attitude. Joint sur son portable en début de soirée, le Dg n’était toujours pas disponible à réagir. ‘J’ai encore quatre personnes devant moi pour une autre réunion, et je ne peux pas durer au téléphone’, lance-t-il sans aucune autre forme de procès.

Avec ce climat social délétère, quand est-ce les vagues s’échoueront-elles à nouveau sur le rivage ? Et des brisants blancs se formeront-ils aussi sur le sable du Méridien-Président ?


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