17 avril, 2014
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Ghana: ceux qui veulent faire main basse sur le pétrole

Ghana: ceux qui veulent faire main basse sur le pétrole

L’élection de John Dramani Mahama à la tête du Ghana masque mal sa gestion contestée de la manne pétrolière, pendant l’intérim qu’il a assuré à la mort de l’ancien président John Atta-Mills.
La démocratie ghanéenne fonctionne, certes, mais les dangers de l’or noir la guettent.
Le gisement pétrolier offshore dénommé Jubilée, exploité depuis décembre 2010, représente un enjeu massif.

Le Ghana dispose de réserves de 1,8 milliard de barils de brut et attend des recettes de 20 milliards de dollars d’ici 2030 —soit 1 milliard de dollars par an en moyenne.

John Dramani Mahama, 54 ans, historien formé en Russie, ancien fonctionnaire de l’ambassade du Japon à Accra, ex-ministre des Communications (1998-2001), candidat du Congrès démocratique national (NDC) à la présidentielle et déclaré vainqueur, le 9 décembre 2012, avec 50,7% des suffrages, est-il l’homme de la situation?

Son rival, Nana Akufo Addo, un juriste de 68 ans, crédité de 47,74% des voix, conteste les résultats et s’affirme, lui aussi, vainqueur.

Accusations de mauvaise gouvernance

Le chef du Nouveau parti patriotique (NPP), ancien ministre des Affaires étrangères de John Kufor (2003-2007), avait déjà perdu la présidentielle de 2008 contre John Atta-Mills avec un écart de voix dérisoire (1%). Son ambition: gérer le pays et sa manne pétrolière différemment.

Pendant sa campagne, Addo a accusé John Mahama de mauvaise gouvernance. Il lui a reproché les dérapages du déficit budgétaire, qui s’est creusé de 5,5% à 6,5% du PIB, entre 2011 et 2012, au cours d’une année électorale qui a vu les dépenses publiques augmenter.

Mesure hautement populaire avant les élections: les salaires des 520.000 fonctionnaires ont été revalorisés à hauteur de 18% en mai 2012. Les subventions aux carburants ont été maintenues, malgré l’avis contraire du Fonds monétaire international (FMI).

L’opposition a aussi dénoncé les scandales ayant déjà éclaboussé John Mahama, vice-président et successeur désigné de John Atta-Mills, avant la mort de ce dernier, en avril, d’une maladie.

Sur son site Internet, le candidat Addo s’est servi du classement du Ghana dans l’indicateur de corruption de Transparency International pour faire la liste des faits reprochés à l’équipe de Mahama: pots-de-vin versés à des fonctionnaires par une société basée aux Emirats arabes unis (EAU) pour la construction d’une centrale thermique, surfacturation de chantiers, dédommagement substantiel obtenu par un homme d’affaires lié au NDC pour avoir perdu un contrat au profit d’une entreprise chinoise, etc.

John Mahama est par ailleurs soupçonné d’avoir ordonné en 2010 des transferts de fonds importants, de l’ordre de 55 millions de dollars, à destination du paradis fiscal de Trinité-et-Tobago, pour prendre 40% d’une raffinerie de pétrole située dans cette île des Caraïbes anglophone.

Un pays dont la gestion de la rente pétrolière représente pour lui un modèle, mais qui a démenti ces rumeurs.

Slate Afrique