19 avril, 2014
Accueil » SOCIETE » Gourdin en main, le policier perturbe le centre El hadj Bibi Ndiaye
Gourdin en main, le policier perturbe le centre El hadj Bibi Ndiaye

Gourdin en main, le policier perturbe le centre El hadj Bibi Ndiaye

Un policier en civil répondant au nom de Dièye, la photo de son marabout autour du cou (njël), a perturbé samedi vers 13 heures la quiétude du centre de vote El Hadj Bibi Ndiaye où il est entré dans un bureau décidé à voter gourdin en main, prenant ainsi de court les membres chargés de veiller au bon déroulement du processus électoral.

Vêtu d’un caftan en bazin vert-clair, grande taille, teint noir, il a franchi le portail de l’école situé sur l’avenue Faidherbe à Dakar, brandissant son gourdin sans aucune réaction de la part des trois policiers en tenue postés à l’entrée du centre de vote.

Une fois dans l’enceinte de l’école, Dièye s’est d’abord dirigé vers le bureau 2 situé à sa gauche, avant d’être réorienté vers le bureau 5, situé à droite où il devait voter sous le regard étonné de quelques journalistes qui attendaient encore l’arrivée probable du chef d’état-major général des armées.

A ce moment, la plupart des journalistes, cameramen et observateurs de la mission d’observation qui donnaient une conférence de presse avaient déjà quitté les lieux.

Tirés de leur torpeur, à la faveur de la chaleur ambiante régnant à cette heure de la journée où les électeurs venaient au compte-gouttes, journalistes et policiers en faction à l’intérieur de l’école ne se sont pas fait prier pour suivre les pas de l’électeur au gourdin. C’est à l’intérieur du bureau de vote que le président Omar Kane lui a finalement intimé l’ordre de laisser son gourdin dehors sous peine de ne pas voter.

Ne voulant pas se défaire de son gourdin, il l’a mis sous le table-banc où sont assis les deux mandataires des candidats. Mais intransigeant, le président a insisté pour qu’il sorte le gourdin du bureau de vote.

Le sourire en coin, le policier en civil est ressorti du bureau pour confier le gourdin à un de ses collègues en tenue qui l’avait aussi suivi jusque devant le bureau de vote.

« Je suis venu accomplir mon devoir de talibé parce que mon marabout a donné l’autorisation de venir voter pour le candidat qu’il a choisi », a-t-il expliqué à l’APS, dès sa sortie du bureau de vote.

Aussitôt, il est happé par le chef des forces de sécurité lui intimant l’ordre de le suivre. Mais déterminé à répondre aux questions, il a poursuivi : « Je ne suis pas venu voter en tant que policier mais pour suivre l’ordre donné par mon marabout ».

« Au premier tour, je n’ai pas voté, mais au second tour, je suis là à cause de Cheikh Béthio », a-t-il dit avant d’être tiré de là par le même policier.

Escorté, il est mis en aparté loin des journalistes avant d’être conduit dans la salle informatique de l’école. Quelques minutes après, c’est le commissaire central, Arona Sy, qui est venu au centre en costume cravate pour s’entretenir avec le policier- talibé de Cheikh Béthio Thioune – qui est reparti sans son gourdin.

Le guide religieux Cheikh Béthio Thioune a donné une consigne de vote en faveur du président sortant, le candidat des Forces alliées pour la victoire (FAL2012), Me Abdoulaye Wade.

Militaires et paramilitaires sont appelés aux urnes samedi et dimanche avant le vote des civils pour le second tour de la présidentielle prévu le 25 mars.

Me Abdoulaye Wade, qui a obtenu 34,81% des suffrages exprimés au premier tour, fait face pour ce second tour à son ancien Premier ministre Macky Sall, candidat de Bennoo Bokk Yaakaar, arrivé deuxième avec 26,58% des voix.



source APS / ADL/BK