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Gouvernance du système éducatif : Les élus locaux demandent plus de responsabilités

Les élus locaux souhaitent être responsabilisés davantage dans la planification des budgets et la mise en œuvre des programmes et projets. Cette demande a été formulée, hier, par le maire de Guédiawaye, Aliou Sall, au cours d’un atelier de concertation entre le secteur de l’éducation et de la formation et les collectivités locales.

Les élus locaux veulent être des acteurs clés dans la planification et la mise en œuvre des politiques éducatives. Le président de l’Union des associations d’élus locaux du Sénégal (Uael), Aliou Sall, a fait ce plaidoyer, hier, au cours de l’atelier de concertation entre le secteur de l’éducation et de la formation et les collectivités locales.

« Nous demandons que les élus locaux soient impliqués dans la planification des politiques et dans la réalisation des programmes, y compris dans les écoles », a formulé M. Sall. L’effort d’implication, a-t-il constaté,  n’a pas encore atteint le niveau souhaité. Le maire de Guédiawaye n’a pas perdu de vue un préalable : la mise à niveau des élus. Ces derniers, selon lui, ont besoin d’une formation sur la planification budgétaire, les procédures qui assurent la transparence et l’efficacité dans l’exécution des dépenses. « Les élus locaux sont, aujourd’hui, mobilisés pour l’amélioration de la qualité. Mais il nous faut revenir à l’orthodoxie. Nous devons continuer à assurer l’ordonnancement des dépenses », a insisté Aliou Sall. L’engagement des communautés et des collectivités ont contribué à l’amélioration de la gouvernance des établissements et aux performances dans ce secteur. C’est ce qu’a affirmé le secrétaire général du ministère de l’Education nationale, Baba Ousseynou Ly, qui associe l’engagement communautaire à l’augmentation des ressources financières mobilisées à la base.

La preuve, les financements provenant des collectivités locales sont passés de 4,4 milliards de FCfa en 2000 à plus de 20 milliards, représentant près de 3 % du financement global du secteur, alors que les ménages supportent près de 25 % du financement global avec une contribution qui passe de 20 milliards de FCfa en 2000 à plus de 160 milliards en 2014. « La responsabilisation des collectivités locales et des communautés est ensuite le gage d’une meilleure gouvernance du système éducatif. Elles contribuent à l’élaboration et à l’évaluation des politiques éducatives, contrôlent l’allocation et l’utilisation des ressources, participent à la gestion des écoles et des établissements à travers les comités et conseils de gestion », a témoigné Baba Ousseynou Ly.

En réalité, le débat sur les nouvelles responsabilités se pose au moment où le Programme d’amélioration de la qualité, de l’équité et de la transparence (Paquet) laisse une bonne place à la gouvernance inclusive et à une responsabilité plus accrue des collectivités locales et des acteurs à la base. « Il faudra poursuivre et renforcer la décentralisation de la gestion des questions éducatives et de formation, en responsabilisant mieux les collectivités locales et en impliquant plus systématiquement les communautés et la société civile dans le cadre d’un dialogue pluriel, pour une meilleure participation à la planification au financement, à la mise en œuvre et à la revue des politiques et programmes éducatifs », a plaidé le secrétaire général de la Commission nationale sénégalaise pour l’Unesco, Aliou Ly.

La redéfinition des rôles revêt plusieurs enjeux au regard des efforts qui restent à fournir pour la réalisation des objectifs devant concourir à renforcer la gouvernance. « Des résultats sont enregistrés. Mais, d’une manière générale, l’efficacité du système éducatif demeure relativement faible lorsqu’on met en rapport, d’une part, les objectifs fixés et, d’autre part, les résultats obtenus en termes d’accès, d’équité, de qualité d’apprentissage, de répartition de flux, de gouvernance et d’allocation financière », a noté Ervé Huot, du bureau multiservices de l’Unesco-Breda.

Aliou Sall, president de l’Uael
« On ne peut pas envisager une grève à l’ouverture
des classes »
Le président de l’Union des associations d’élus locaux (Uael) a lancé un appel aux organisations syndicales et aux autorités pour renouer le dialogue dans le but de prévenir des perturbations à la rentrée des classes. L’avenir du pays et des enfants, a-t-il insisté, commande une ouverture des classes dans des conditions paisibles. « On ne peut pas envisager d’aller en grève à l’ouverture des classes. Il faut qu’ils  réfléchissent sur l’impact de leurs actions et initiatives. Je crois que ce n’est pas juste quel que soit le degré de frustration et de non satisfaction des revendications. Nous ne pouvons pas démarrer l’année scolaire par une grève », a rejeté Aliou Sall, précisant que ce n’est pas pour nier ni pour relativiser les revendications des enseignants.

L’Aimf, une association avant-gardiste

Le maire de Dakar, par ailleurs secrétaire général de l’Association internationale des maires francophones (Aimf), Khalifa Sall, s’est félicité de la tenue de ce séminaire qui est le fruit d’un partenariat entre l’Etat du Sénégal, l’Ams et l’Aimf. Selon lui, l’Aimf a l’habitude d’être une organisation d’avant-garde et surtout sur des questions qui interpellent le monde. « Notre organisation s’est toujours évertuée à anticiper pour que les élus locaux puissent prendre part aux actions à mener. C’est la raison pour laquelle nous nous félicitons de la tenue de ce séminaire qui s’inscrit dans cette dynamique ». A l’en croire, l’accompagnement de l’Etat pour la bonne tenue de ce séminaire rassure et montre que » l’Etat du Sénégal et ses collectivités locales partagent cette vision quant à cette exigence pour les collectivités locales de s’impliquer dans le changement climatique ».  Le maire de Dakar a rappelé que « le monde sera urbain », s’il ne l’est déjà, parce qu’aujourd’hui les 2/3 de la population mondiale vivent dans les villes et « tout le monde reconnaît que nous pourrons développer le monde sans les collectivités locales ». Selon lui, les collectivités locales doivent être impliquées et responsabilisées. Il s’est félicité que l’Etat du Sénégal ait compris que l’alliance avec les collectivités locales est impérative pour la mise en œuvre d’une politique innovante de gestion de prévention contre le changement climatique. « Dakar a déjà un plan-climat.Ce modèle n’est pas duplicable, mais chaque région du Sénégal va s’y mettre avec l’aide et l’accompagnement de l’Etat.

Le Soleil

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