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« Grand Oral » Assane Dioma Ndiaye  » les droits de l’homme au Senegal sont souvent à la merci du contexte socio-politique

  • Date: 12 décembre 2015

Assane Dioma Ndiaye, président de la Ligue sénégalaise des droits de l’homme (LSDH) était l’invité de l’émission « Grand Oral » de la radio rewmi fm (97.5) ce samedi 12 décembre 2015. Il a donné son avis sur des questions d’actualité dans un entretien très riche. Entre autres questions, il a abordé, en réponses aux questions des journalistes Fatou Thiam Ngom et Youssouf Mané, la situation des droits de l’homme au Sénégal, la question agitée de la réforme de la Cour de répression de l’enrichissement illicite, mais aussi la question de l’homosexualité. Avocat de son état, Assane Dioma Ndiaye a donné également son avis sur la sortie de Clédor Sène concernant l’assassinat de Me Babacar Seye, et naturellement, sur le procès Hissène Habré dans lequel il fait office d’avocat de la partie civile.

« Nous ne pouvons pas délivrer un satisfecit à ce gouvernement en matière de respect des droits de l’homme »

 » Le Sénégal ne fait pas exception à ce climat de morosité des droits de l’homme de façon générale. Aujourd’hui, plus que jamais, la question des détenus, la question du droit d’être jugé dans un délais raisonnable, la présomption d’innocence, la question des « talibés » la question des droits de la défense font qu’aujourd’hui, nous ne pouvons pas délivrer un satisfecit à ce gouvernement en matière de respect des droits de l’homme ». A ces questions, s’ajoutent selon l’avocat, la question de la torture  » même si des pas importants ont été réalisés », les droits civiles et politiques de façon générale. Pour étayer ses propos, Me Ndiaye a rappeler pour s’en désoler ce qui s’est passé à l’Assemblée nationale. Il a également fait état de la détention  » anormalement long » de Toussain Manga « qualifiés de detenus politique » dont le temps passé en prison « est disproportionné par rapport aux faits qui pourraient lui etre reprochés ». Assane Dioma Ndiaye se dit convaincu que « nos gouvernants n’ont pas une conviction profonde en matière de droits humains, si bien que les droits de l’homme au Sénégal sont souvent à la merci du contexte socio-politique. Nous n’avons pas, de façon structurelle des mécanismes de protection.

« Nous ne voyons pas en quoi la Crei a apporté une plus-value »

S’agissant de la réforme agitée de la Crei, l’avocat ne semble pas satisfait de cette proposition.  » Il s’agit simplement de revenir à la situation normale. Qu’il s’agisse de corruption, de concussion, d’enrichissement illicite, c’est des détournements de deniers publics; c’est des faits de corruption et nous avons des textes qui permettent de les réprimer, » a fait savoir Me Ndiaye. Qui dit :  » nous ne voyons pas en quoi la Crei a apporté une plus-value par rapport aux techniques d’investigation en matière de criminalité financière.

« Le fait que l’homosexualité ne soit pas légalisée ne doit pas être une source d’atteinte à… »

 » Les sénégalais ne vont pas jusqu’au fond des choses.  En 1981, sous l’impulsion du Président Léopold Sédar Senghor (…), nous avons mis en place une charte africaine des droits de l’homme et des peuples. On s’est rendu compte que même si nous nous réclamons de l’universalisme, nous avons des coutumes, des croyances socio- traditionnelles, socio-religieuses. On ne peut pas faire fi d’un certain nombre de chose. Et par rapport aux droits de l’homme, nous ne pouvons pas avoir la même conception que les occidentaux ont des droits de l’hommes. Donc cette exercice des libertés ne doit jamais enfreindre la morale collective. Mais, le fait que l’homosexualité ne soit pas légalisée ne doit pas être une source d’atteinte à l’intégrité corporelle ou à des actes qui portent atteinte à des lois.

Clédor Sène et ceux qui l’ont interrogé sont dans une situation infractionnelle 

« Ce dossier n’a pas été pris en charge comme cela se devait. On a voulu faire tout, sauf faire rejaillir la vérité. Cela fait que ce dossier reviendra toujours à la surface. Un peuple qui n’a pas d’histoire, n’a pas de mémoire. on parlera toujours de cette affaire, c’est dommage. La sortie de Clédor s’inscrit dans ce contexte, et il a encore ouvert des pistes et tout le monde se pose des questions; et de l’autre coté, nous sommes dans une situation ou, même évoquer cette affaire constitue un délit. Quand un fait est amnistié, c’est un fait qui est supposé n’avoir jamais existé, c’est un fait qui doit disparaître dans la mémoire collective, et l’évocation de ces faits constitue en elle même un délit. Par conséquent Clédor et ceux qui l’ont interrogé sont dans une situation d’illégalité, dans une situation infractionnelle. »

 » ll était important que l’Afrique fasse preuve de responsabilité par rapport à l’affaire Habré »

 » ll était important que l’Afrique fasse preuve de responsabilité par rapport à l’affaire Habré. Ce procès aura valeur pédagogique pour tous les dirigeants africains. Qu’il sachent que désormais, le fait d’être au pouvoir ne sera pas une sorte de licence à des violations massives des droits de l’homme. Même s’il y a eu des exagérations, j’admets, avec la défense qu’une victime a tendance à amplifier ce qu’elle a subit ou son dommage. Mais c’est des contradictions mineures par rapport aux faits réels qui n’ont jamais été contestés. »

« L’Ofnac s’intéresse au financement des partis politiques; c’est pas la priorité »

 » ll ne suffit pas de créer des structures de lutte contre la corruption. Ce qu’il faut, c’est une volonté politique réelle. L’Ofnac s’intéresse au financement des partis politiques; c’est pas la priorité. Il y’a déjà beaucoup de plaintes qui sont là, pour lesquelles nous n’avons pas, de façon officielle des suites ou des investigations réelles qui ont été menées. Il faut rationaliser d’abord les efforts, gérer les priorités et montrer aux sénégalais qu’il y a une réelle volonté politique. »

« ll faut mettre en place des politiques globales cohérentes de lutte contre le terrorisme »

 » ll faut mettre en place des politiques globales cohérentes de lutte contre le terrorisme. On ne peut pas, à tout bout de champs, tenir des discours superflus. ll faut s’opposer aux vagues de l’émotion. ll faut être réaliste, renforcer les moyens de la police ».

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