ECONOMIE

Grèce : comment se déroulerait une sortie de la zone euro ?

  • Date: 8 juillet 2015

Depuis cinq ans, la possibilité de voir la Grèce hors de la zone euro est évoquée par de nombreux responsables politiques et économiques. Est-ce pourtant si simple à mettre en place ? Éléments de réponse sur la base des textes signés par les pays de l’Union européenne.

Évoquée depuis 2010 et le début de la crise financière grecque, une sortie de la zone euro serait aujourd’hui prête et envisagée, selon les mots de Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne.

 Ce mardi, les négociations entre Alexis Tsipras, Premier ministre grec, et les créanciers internationaux se poursuivent au cœur des instances européennes. Un ultime sommet doit avoir lieu dimanche et une décision sera alors prise, assurent les chefs d’Etat, François Hollande en premier. Soit un accord est trouvé entre la Grèce et créanciers, soit la Grèce sortira de la zone.

Mais comment se déroulerait une telle sortie ? Est-elle tout simplement possible ? Voici quelques éléments de réponses basés sur les textes et traités signés depuis 1992 entre les pays européens.

Comment la Grèce est-elle entrée dans la zone euro ?

Il faut d’abord revenir quinze ans en arrière. En mars 2000, la Grèce officialise sa candidature à l’entrée dans la zone euro, en compagnie des onze pays ayant adopté la monnaie unique. En janvier 2001, elle fait officiellement son entrée dans la zone euro. Un an plus tard, la monnaie unique entre en circulation en même temps à Athènes, Paris, Madrid ou Berlin.

Un «miracle grec», dit-on alors, car la Grèce faisait l’objet jusqu’en 1999 d’une procédure de l’Union européenne pour «existence d’un déficit excessif». Au moment des premières discussions de son entrée dans la zone euro, la Grèce est en effet bien loin des critères de convergence exigés par le traité de Maastricht pour une adoption de la monnaie unique.

Son déficit public est à plus de 4 % (il faut qu’il soit à moins de 3 %) et sa dette est au-delà des 100 % du PIB (il faut qu’elle se situe en-dessous des 60 %). Mais en 2001, le pays décide d’utiliser certaines techniques proposées par la banque américaine Goldman Sachs, celle-là même qui sera à l’origine de la crise qui touche aujourd’hui la planète depuis 2007. Les vrais chiffres de la situation financière grecque ne seront dévoilés qu’en 2009. Depuis, des dirigeants comme Angela Merkel ou Nicolas Sarkozy ont répété que l’entrée de la Grèce avait été une «erreur», comme le rappelle «Slate».

VIDEO. Nicolas Sarkozy en 2011 : «Une erreur de laisser la Grèce entrer dans la zone euro»

La Grèce peut-elle être exclue de la zone euro ?

Pour se sauver d’une situation financière dramatique, la Grèce a fait appel à une aide internationale, accordée par le FMI et l’UE à hauteur de près de 250 milliards d’euros. Aujourd’hui, le gouvernement d’Alexis Tsipras souhaite renégocier cette dette et l’échelonner. Ce que refusent les instances européennes et mondiales, qui bloquent l’arrivée de nouvelles liquidités.

Quitte à s’asseoir sur des milliards d’euros, la zone euro peut-elle alors décider d’une sortie de la Grèce ? A priori, non. Aucun traité, aucun article ne prévoit un tel scénario. Un protocole annexé au traité de Maastricht mentionnait que la marche vers la monnaie unique avait «un caractère irréversible», rappelle un texte du Sénat français publié en 2010.

Cette année-là, les débats autour de la Grèce débutaient en Europe et Angela Merkel demandait que «les pays qui contreviennent de façon répétée aux orientations économiques de l’Union puissent être exclus de la zone euro». Rien n’a pourtant été décidé en ce sens.

La Grèce peut-elle s’exclure de la zone euro ?

La réponse est, ici, oui. Mais une sortie est soumise à conditions. Techniquement, la Grèce peut sortir de la zone euro si elle sort de l’Union européenne, la deuxième solution n’allant pas sans la première. Une sortie de l’UE est en effet permise par le traité de Lisbonne. L’article 49-A précise que «tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union».  Il faudrait pour cela que la Grèce s’accorde sur des modalités d’une sortie avec les autres pays de l’UE.

Mais la Grèce pourrait très bien sortir de l’euro de manière mathématique. Aujourd’hui, elle ne reçoit plus aucune liquidités de la part de ses créanciers, hormis des prêts d’urgence aux banques. Mais s’ils devaient s’arrêter, le pays pourrait bien être en manque de liquidités alors que les banques sont toujours fermées et que les citoyens grecs ont retiré de l’argent en masse. Sans pièces et billets en euro, la Grèce serait alors obligée d’émettre une monnaie parallèle pour pouvoir continuer à faire tourner son économie a minima.

Sans euro en poche, plus de zone euro possible. Et pour officialiser une sortie de la zone euro, il faudrait sans doute passer par la case sortie de l’Union européenne (voir ci-dessus), avant, éventuellement, de refaire une demande d’adhésion pour l’Union européenne seulement.

Que deviendront les billets en euro ?

Vous n’y pensez pas nécessairement tous les jours mais chaque billet de la zone comporte les lettres grecques «EYPΩ», qui signifie «Euro». En cas de sortie de la Grèce, faudrait-il donc refabriquer tous les billets de banque ? La mission prendrait alors des années. Slate rappelle que ces lettres ont enflammé les débats en Europe au moment de l’entrée de la Grèce dans la zone euro.

Le ministre grec des Finances Yannis Papantoniou réclamait l’apparition de ces lettres dès 1997. Mais l’Allemagne, déjà réticente à propos de la Grèce, expliquait par la voix du ministre des Finances de l’époque, Theo Waigel, qu’elle avait assez de problème pour convaincre son pays de changer de monnaie pour penser à rajouter de «drôles de lettres» sur les billets.

Le Parisien.fr

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