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Grève sur fond de chantage : Le syndicalisme est-il dévoyé ?

Le front social est en totale ébullition. Grèves sporadiques enclenchées çà et là, y compris dans des secteurs névralgiques tels que l’éducation et la santé. Les revendications sont pour la plupart d’ordre pécuniaire.

Les syndicats d’enseignants luttent-ils pour la défense des intérêts matériels et moraux de leurs membres ? Le «clergé» syndical travaille-t-il pour sa propre promotion ? En tout cas, le  syndicalisme, naguère un sacerdoce des patriotes soucieux du développement socioéconomique de leur pays et de l’épanouissement de leurs compatriotes, est aujourd’hui devenu un moyen d’ascension sociale. Cette nouvelle race de syndicalistes qu’un ministre de la République surnommait les « syndikhalisse », en référence à leur trop grand penchant pour l’argent, ont carrément dévoyé la lutte des classes ouvrières à l’autel de leurs intérêts matériels.

Il est de notoriété publique que, de par le passé, notre pays eut à jouer un rôle précurseur dans le syndicalisme continental. Aussi, le syndicalisme national tire-t-il sa force de ce passé glorieux empreint de militantisme désintéressé, de hardiesse et d’engagement. En réalité, les organisations de défense des intérêts moraux et matériels des travailleurs ont toujours été à l’avant-garde du développement socioéconomique et de l’épanouissement de la population active.

Et, l’illustration de leur noble combat s’affiche, tel un trophée, au fronton des acquis et des performances socioéconomiques de la communauté. Toutefois, ce rôle historique de catalyseur, naguère joué par les organisations syndicales, risque aujourd’hui, si l’on y prend garde, d’être dévoyé par la fureur d’acteurs sociopolitiques insouciants. En réalité, la plupart des syndicalistes actuels ne sont mus que par de vils intérêts alimentaires. Sournois et calculateurs à l’extrême, ces acteurs syndicaux d’un genre nouveau se servent de leur corporation pour escalader les différentes stratifications de la société et se hisser au niveau de l’élite sociale.

Pour ce faire, ils instrumentalisent les travailleurs, désinforment et intoxiquent les masses populaires, tout en faisant chanter les décideurs politiques et financiers. Selon leurs intérêts du moment, ils s’allient à des forces politico-affairistes et embarquent insidieusement la population active dans des luttes cyniques, mal coordonnées et souvent aventureuses qui débouchent, la plupart du temps, dans l’impasse. Un modus operandi qui foule au pied les exigences du monde du travail et retarde, malheureusement, l’expansion économique de notre pays.

En vérité, les humeurs syndicales sénégalaises constituent un frein au décollage économique dans la mesure où les initiatives de développement sont fortement inhibées par ces forces de régression qui ont fini de prendre en otage le pays. Les exemples illustratifs de la furie des acteurs syndicaux font florès, notamment dans le secteur de l’éducation, des télécommunications et de la santé où les apatrides s’en donnent à cœur-joie dans leurs tentatives de blocage du système. Selon leurs viles humeurs. S’ils ne mettent pas tout simplement en exécution des mots d’ordre de sabotage émanant de politiques et d’affairistes en manque de sensations et/ou en quête de pouvoir et d’agréments.

Georges Emmanuel NDIAYE

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