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« Les greves cycliques des enseignants cachent d’autres crises »

Pour donner son appréciation de la situation actuelle de l’éducation nationale marquée par des grèves cycliques des syndicats d’enseignants, Mathiam Thiam ne porte pas de gants

Pour donner son appréciation de la situation actuelle de l’éducation nationale marquée par des grèves cycliques des syndicats d’enseignants, Mathiam Thiam ne porte pas de gants. Trente ans de carrière dans l’éducation en bandoulière, voilà ce qu’il pense du système éducatif : les grèves cycliques des enseignants cachent d’autres crises. Il s’agit de la crise de l’orientation de l’éducation, la crise des contenus, la crise de la méthodologie, la crise linguistique et celle des valeurs.

A l’occasion de la grande conférence sur l’éducation placée sous le signe : « quelles solutions novatrices pour l’école publique ?», tenue mercredi dernier, l’Inspecteur général de l’éducation nationale, Mathiam Thiam a fait une analyse de la crise actuelle du système éducatif sénégalais qui est loin de celle avancée par les acteurs, notamment sur les perturbations des syndicats d’enseignants.

Le formateur au département de Didactique de l’Anglais à la Fastef se veut clair : « les grèves cycliques des enseignants cachent d’autres crises ». Selon lui, il s’agit de la crise de l’orientation de l’éducation, la crise des contenus, la crise de la méthodologie, la crise linguistique et celle des valeurs.

« Beaucoup d’enseignants ne savent pas la loi d’orientation qui souligne que l’objectif de l’éducation est de trouver des solutions aux problèmes économiques et socio-culturels. Il faut lier l’école à la vie pour transformer la société », a fait savoir Mathiam Thiam. Non sans s’interroger en ces termes : quels sont les enseignants qui sont capables de transposer cela comme activité d’apprentissage dans les classes ?

En réponse à cette question, l’inspecteur général de l’éducation nationale en anglais reste convaincu que peu d’enseignants pourront s’adapter à cette proposition. « Nous ne pouvons pas demander aux enfants, à l’heure actuelle, de réciter des leçons d’histoire. En plus de cette révolution méthodologique, il faudra reprofiler les contenus pédagogiques et les dégraisser », a déclaré Mathiam Thiam. En d’autres termes : l’inspecteur veut que le système rompe avec ce que l’on appelle l’encyclopédisme du programme scolaire.  « Les élèves sont faibles parce que les enseignants sont faibles. Il faut régler ce niveau des enseignants par la formation continue », propose l’inspecteur, tout en indiquant qu’il faut « réhabiliter l’instituteur et territorialiser l’excellence en créant des pôles ».

Sud quotidien

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