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GROSSESSE PRECOCE EN MILIEU SCOLAIRE Près de 2.000 filles-mère répertoriées dans les écoles

Une étude a dévoilé  que 1.971 grossesses sont survenues en milieu scolaire entre 2011 et 2014. Un chiffre alarmant, d’autant qu’elles sont de plus en plus jeunes et que toutes les grossesses n’arrivent pas à terme.

Elles ont à peine vingt ans. Elles commencent leur vie. Mais dans la chaude moiteur d’un soir estival, au détour d’un bal-poussière, elles se font engrosser par le premier venu derrière un bois. Si ce n’est pas son condisciple, c’est l’étudiant du village ou le maître. Neuf mois plus tard, on les retrouve allaitant leur progéniture, heureuses des risettes que leur fait leur petit, mais irrémédiablement seules, oubliées du monde, reléguées dans une situation que l’époque réprouve à défaut de condamner. Aujourd’hui, au Sénégal, le drame des filles-mère est d’autant plus réel qu’il est largement sous-estimé par l’opinion publique. Pour mesurer l’ampleur du phénomène, l’Asbef a fait part hier d’une étude du Geep qui montre que 1.971 grossesses sont survenues en milieu scolaire entre 2011 et 2014. C’était à l’occasion d’un atelier des journalistes en Santé sexuelle et reproductive des ados. Ces grossesses précoces recensées par académie concernent des filles âgées de 12 à 19 ans. Pis,  sur les 1.971 grossesses recensées,  les 1.198  filles sont des célibataires, donc sans maris, a révélé l’étude présentée par Aminata Diallo Mbodj, enseignante à la retraite.

 

Sédhiou la région la plus «engrosseuse» !

 

La région de Sédhiou est la localité où l’on enregistre une plus grande proportion de grossesses précoces. Rien qu’entre 2011 et 2014, 575 cas ont été décelés  dans le Pakao, dont la majorité (436) est célibataire.  Elle est suivie de la région de Ziguinchor qui est à 360 grossesses précoces  dont 282 célibataires.  La région de Kolda vient en 3ème position avec 179 grossesses enregistrées dans les écoles. Elle est suivie  de Fatick avec 107 cas. A Matam, l’étude a déniché 118 filles-mère ainsi qu’à Kédougou avec 97 cas de grossesses. Thiès enregistre également un taux très élevé avec 109 cas. Idem pour  Saint-Louis où l’étude répertorie  90 grossesses et à Louga 75 cas ont été confirmés. A Kaffrine,  69 grossesses ont été enregistrés, 65 cas à Diourbel  et 58 à Tamba. Kaolack  et Dakar  sont les régions les moins touchées par le phénomène avec respectivement 30 et 39 cas de grossesses.

Le nombre de grossesses constatées, entre 2011 et 2014, a connu une augmentation. Mais si l’on tient compte de la localité, on constate une baisse, entre 2013 et 2014, sauf à Kolda, Fatick, Diourbel et Tambacounda, a expliqué Mme Mbodj

 

Qui a mis Marianne enceinte ?

 

L’étude s’est également intéressée aux auteurs présumés des grossesses des filles célibataires. Ceux-ci, selon l’étude, appartiennent à toutes les catégories socioprofessionnelles. Contrairement à ce que l’on aurait pu imaginer, les résultats révèlent que la moitié des cas sont l’œuvre des élèves eux-mêmes. Les étudiants arrivent en seconde position. Les jeunes des villages sont également cités parmi les principaux auteurs.  A l’en croire, les adultes, enseignants ou autres ne sont pas acteurs majoritaires dans le phénomène des grossesses en milieu scolaire. Les enseignants encore moins.

A signaler selon l’étude, près de 16 millions de jeunes filles âgées de 15 à 19 ans et quelque 1 million de jeunes filles âgées de moins de 15 ans mettent au monde des enfants chaque année la plupart dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.

Mouhamadou BA

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