POLITIQUE

Guinée-Bissau : formation d’un nouveau gouvernement après un mois de crise

  • Date: 8 septembre 2015

Bissau, 7 sept 2015 (AFP) – Un nouveau gouvernement bissau-guinéen dirigé par le Premier ministre Baciro Dja a été formé lundi, selon un décret du président José Mario Vaz, après quasiment un mois de crise provoquée par le limogeage du précédent chef de gouvernement.

Le nouveau gouvernement, dont la formation a été rendue possible par un accord avec le Parti de la rénovation sociale (PRS), deuxième parti au Parlement avec 41 députés sur 102 et le ralliement de membres du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC), majoritaire, compte 16 ministres et 15 secrétaires d’Etat.

Parmi les principaux portefeuilles, seul celui des Finances n’a pas été pourvu dans l’immédiat, les Affaires étrangères revenant à Rui Dia de Souza, du PAIGC, la Défense à Eduardo Costa Sanha, l’Intérieur au ministre sortant, Octavio Alves, et la Justice à Dionisio Cadi, du PDS.

Le nouveau gouvernement, dont la composition a été annoncée à la radio publique, devaient prêter serment lors d’une cérémonie à la présidence dans la soirée.

Le président José Mario Vaz, son Premier ministre destitué le 12 août Domingos Simoes Pereira et son successeur Baciro Dja, nommé le 20 août, appartiennent tous les trois au PAIGC – 57 députés sur 102 – qui réclamait en vain la reconduction de M. Pereira.

Le 12 août, M. Vaz – élu en mai 2014 – s’était séparé de M. Pereira, en poste depuis 14 mois, en arguant d’une « crise de confiance au sommet de l’Etat ».

Le désaccord portait notamment sur le choix du futur chef des forces armées, un poste-clé dans ce petit pays situé sur la route de la drogue entre l’Amérique latine et l’Europe.

Ex-colonie portugaise d’Afrique de l’Ouest de quelque 1,6 million d’habitants, la Guinée-Bissau a connu de nombreuses tentatives de coups d’Etat, réussies ou manquées, dans lesquels les militaires ont généralement joué un rôle prépondérant.

Pendant des années, l’instabilité politique et la pauvreté y ont facilité l’implantation de narcotrafiquants, sous la protection présumée de hauts responsables de l’armée.

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