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HABIB SY, ANCIEN MINISTRE DES TRANSPORTS AÉRIENS « Macky Sall devrait plutôt faciliter la création d’une compagnie de la Cedeao »

 Ancien ministre en charge des Transports aériens et ancien ministre d’État sous Abdoulaye Wade, Habib Sy a été, samedi dernier, l’invité de l’émission Grand Oral. Sur la 97,5 Rewmi FM, Habib Sy est longuement revenu sur l’affaire Sénégal Airlines et le partenariat entre le Sénégal et la Turquie pour la mise en place de la nouvelle compagnie aérienne sénégalaise, Air Sénégal S.A.  Morceaux choisis.

Les autorités sénégalaises ont pris une nouvelle décision pour remplacer la compagnie Sénégal Airlines. Invité, lors de l’émission Grand Oral sur la 97.5 Rewmi FM, l’ancien ministre en charge des Transports aériens, Habib Sy, a salué, samedi dernier, la décision de l’État parce que, dit-il, Sénégal Airlines a connu des difficultés qui datent d’assez longtemps. « Quand j’étais ministre en charge des Transports aériens, j’avais entamé les négociations pour la rupture de contrat avec le Royal air Maroc. Ce processus a été continué et achevé par le ministre d’État, Karim Wade. Il y avait, pour le Sénégal, un projet de coopération avec Emirates pour la création d’une compagnie nationale de grande envergure », précise-t-il. Avant d’ajouter : « Malheureusement, nous avons perdu le pouvoir et Sénégal Airlines a continué dans ses difficultés. À la limite, c’était prévisible dans le sens où il est très difficile pour nos États pris individuellement que chacun ait sa compagnie aérienne. Mais, je les comprends, c’est un problème d’orgueil et de souveraineté nationale (…) ».

« …Vers une création de la compagnie Cedeao »

À l’en croire, la raison voudrait qu’on aille plus loin avec la disparition d’Air Afrique. Il explique : « Si on ne peut pas créer une compagnie africaine, je crois qu’il faut s’acheminer au moins vers une création de la compagnie Cedeao. Et, le Président Macky Sall étant le Président en exercice de la Cedeao cela devrait faciliter la tâche. Il suffit simplement de mettre en commun toutes ces compagnies nationales aériennes qui existent avec la participation des États dans le cadre d’un Partenariat public-privé (Ppp). Cela pourrait aller très vite parce qu’il n’y a rien de plus facile que la création d’une compagnie aérienne. C’est quoi ? Vous allez louer des avions mais ce qui est plus difficile c’est l’exploitation et la rentabilité de l’exploitation ». Selon l’ancien ministre d’État Habib Sy, nous sommes dans une situation concurrentielle en ce qui concerne les transports aériens. Il y a ce que on appelle le “Open Sky” (le ciel est ouvert : Ndlr). Sur ce, il déclare que Sénégal Airlines pourra durablement soutenir la concurrence vis-à-vis de compagnies aussi puissantes que Air France, Royal Maroc, etc. « Nous, en Afrique au Sud du Sahara, nous n’avons pas ces possibilités et je crois qu’il faut revenir à la raison et travailler en ce sens. L’opportunité est là, le Président Macky Sall et il peut aller très vite vers la création d’une compagnie sous-régionale. Son fonctionnement sera défini après comme toutes les autres compagnies », soutient-il.

Partenariat Sénégal-Turquie 

« J’aime bien mais comme vous le savez, les États  n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts à défendre. Ils vont mettre en avant l’intérêt turc. On a vécu l’expérience avec le Maroc et ça risque d’être une autre expérience avec la Turquie. Je ne sais pas ce qui est à l’intérieur mais, au lieu d’aller vers des pays étrangers à l’Afrique, j’aurais souhaité et prié pour que ce soit à l’intérieur de l’Afrique parce que c’est possible », déclare Habib Sy. Parce que, indique-t-il, « on a un parlement de la Cedeao qui marche, on a des institutions qui marchent, etc. Il y a de l’argent au niveau de la Cdeao, il y a de l’argent au niveau de l’Uemoa et les secteurs privés de ce pays ont de l’argent ». Et d’ajouter : « La raison au Sénégal, vous voyez que le secteur privé participe grandement à la formation du capital d’Air Sénégal. Pourquoi ne pas chercher à réunir tous ces secteurs privés de la Cedeao qui sont intéressés par une compagnie africaine qui serait majoritaire dans le capital, plus la participation des États et confier la gestion à des privés ? », s’interroge-t-il.

Toutefois, Habib Sy pense que si le Président Macky Sall prend son bâton de pèlerin pour aller vers ses homologues pour la création d’une compagnie africaine, il n’y a pas de raison qu’ils refusent parce que tous les États le veulent. Mais, regrette-t-il, « il n’y a personne pour prendre l’initiative ».

Cheikh Moussa SARR

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