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Haro sur les Ong voyous ! (Par Momar Seyni Ndiaye)

Comment peut-on imaginer que ceux qui sont chargés de sauver des vies, conditionnent l’octroi de sacs de riz, de mil, de lait, de tentes ou de médicaments à des faveurs sexuelles – Un odieux chantage sans nom !
L’ONG britannique OXFAM est empêtrée dans un énorme scandale d’abus en Haiti, au Sud Soudan et au Libéria, au Tchad entre autres zones d’intervention. Il serait injuste et erroné de croire que ses 35 000 membres, répartis dans les pays bénéficiaires, sont à mettre dans le même moule que les responsables de ces innommables dérives. Mais, rien qu’à l’idée de penser que ces abus sexuels de diverses natures peuvent provenir d’une organisation humanitaire fait froid au dos. Et pourtant, il faut bien en convenir dans de pauvres pays ravagés par des cataclysmes naturels, ou en proie à une désastreuse guerre civile, des responsables d’une honorable ONG ont eu la conscience suffisamment basse pour y tenir des orgies, encourager et organiser des parties de jambes en l’air avec des prostituées.

Parmi les victimes figures, comble de scandales, des enfants et de pauvres sinistrés contraints par leur situation et l’irresponsabilité des malfaiteurs à accepter des relations tarifées. Et summum de l’ignominie, des travailleuses humanitaires ont subi la pression de leurs patrons et cédé à leur désir dépravé, en échange d’avantages matériels, financiers et des positions de privilèges dans l’organisation. Et comme si cela ne suffisait pas, ces détestables comportements ont été souvent couverts par le silence par les big boss de l’organisation.

Pour mieux dissiper le mal, des patrons d’OXFAM et autres, ont subrepticement facilité la fuite à l’anglaise aux contrevenants, recasés dans d’autres organisations humanitaires du même acabit. Non sans leur avoir laissé le bénéfice de leurs salaires et traitements, en attendant de trouver une nouvelle planque.

La scandaleuse bulle sexuelle vient d’éclabousser d’autres ONG : IRC, Médecins Sans Frontières, Save the Children où des dizaines de cas viennent d’être révélés. Une des responsables de l’ONG britannique, Penny Lawrence, dénonce une véritable culture de l’abus sexuel dans certains bureaux.  En vérité, les langues se délient. Les pudiques voiles, qui couvraient ces graves délitements moraux, se déchirent. La pression est tellement forte sur les dirigeants de ces organisations, que nombre de leurs dirigeants commencent à rendre le tablier.

Ceux qui daignent rester en poste tentent désespérément de rattacher les morceaux et rattraper une situation délicate. Ils se mettent à réfléchir et proposer des solutions qui  pourraient sauver les meubles : la mise en place de commissions internes de veille et de contrôle, des dispositifs d’alerte, pour signaler les cas ou menaces d’abus. Rien y fait. Le mal est déjà fait. L’image de l’humanitaire se déprécie. Le monde de l’humanitaire tremble.

Comment peut-on imaginer que ceux qui sont chargés de sauver des vies, conditionnent l’octroi de sacs de riz, de mil, de lait, de tentes ou de médicaments à des faveurs sexuelles. Un odieux chantage sans nom ! Sans doute, on doit reconnaître à des dirigeants d’ONG incriminées, le mérite d’avoir organisé des enquêtes internes, pour détecter des auteurs en service. Certains sont allés jusqu’à suspendre des délinquants sexuels et susciter des dénonciations devenues compulsives. Cependant, des avocats du diable essaient de minimiser l’ampleur du supplice subi par les autres par d’habiles jeux de mots. .

Il faudrait, selon eux distinguer les cas de prostitution légale (constatés dans les ONG) des cas de coercitions dont seraient coupables des membres des missions de l’ONU (en République Démocratique du Congo, au Sud Soudan, en Côte d’Ivoire, en Centrafrique).

A cause de leur amnésie, ils oublient de comprendre que le devoir d’exemplarité et la posture verticale des intervenants interdisent à un travailleur humanitaire ou à un casque bleu de profiter de leur position pour bénéficier de faveurs sexuelles, même consenties et tarifées. L’état de désespérance de ces pauvres filles et garçons qui vendent leur corps, ne leur laisse aucune autre alternative que de satisfaire le désir des humanitaires, pour … survivre. Et comme dire, devant l’impossible, nul n’est tenu. C’est triste.

Une prostitution riche, vivant dans des quartiers cossus avec tous ses atours et ses lambris dorés, n’a assurément rien à voir avec une pauvre démunie et traumatisée, sans autre perspective que de se vendre. Implacable logique de survie !  Il serait alors, par commodité de langage, absurde de les considérer comme de simples travailleuses du sexe. Leur statut et leur conditions de vie, encore moins, leur motivation, n’étant pas les mêmes.

En réalité, ces ignobles travailleurs humanitaires et autres soldats en casques bleus profitent de la pauvreté et souvent de l’absence de législation interne contre la prostitution pour s’en donner à cœur joie. Ils ne méritent pas leur serment. C’est le moins qu’on puisse dire.  Et ceux qui comme Baaba Maal et les 7000 généreux donateurs d’OXFAM, ont décidé de retirer leur soutien à ces ONG voyou, ont eu raison de le faire. Par leur noble geste, ils ont prouvé leur profond attachement aux vraies valeurs de la solidarité, qui a certes un coût, mais pas assurément de prix.

mndiaye@seneplus.com

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