HARO SUR LA CROISSANCE ET LE PIB ! PAR MAKHTAR DIOUF

 Il a été prêté à Herman Goering le lieutenant de Hitler, ce propos : « Chaque fois que j’entends le mot ‘’culture’’, je sors mon revolver ». Moi, chaque fois que j’entends le mot ‘’croissance’’ pour un pays africain, je regrette de ne pas disposer de mitraillette. J’espère que le lecteur pourra comprendre mon indignation après avoir lu ce texte.

Le fétichisme du taux de croissance

Le Président de la République a déclaré récemment que le Sénégal atteindra un taux de croissance de 6 pour cent en 2015. Je le souhaite de tout cœur, et même qu’on aille au-delà, jusqu’ à 10 pour cent ou plus. C’est possible, puisque c’est déjà arrivé. Le taux de croissance a été de 7.54 pour cent en 1975, et de 8. 92 pour cent en 1976. A la veille des élections de février 2000, le président Abdou Diouf dans sa dernière conférence de presse se targue d’un taux de croissance de 6.35 pour cent en 1999 avec félicitations du Fmi. Aux élections, les Sénégalais montrent qu’ils ont une autre appréciation de cette croissance.

Si le taux de 6 pour cent (ou plus) est réalisé en 2015, je demande qu’alors, on effectue une enquête auprès des ménages ruraux et urbains pour leur demander s’ils ont ressenti un choc d’amélioration de leur niveau de vie, si la localité de Fissel Mbadane dont Le Soleil (29 octobre 2015, p. 18) nous décrit l’état d’extrême pauvreté a commencé à entrevoir le bout du tunnel dans lequel se débattent ses habitants depuis des décennies.

D’abord une question : Est-ce que les Sénégalais qui à l’occasion des dernières Coupes d’Afrique des nations ont été en Guinée équatoriale, un pays que je connais un peu, ont eu l’impression que les Equato-guinéens vivaient mieux que les Sénégalais ? Sûrement pas ! Et pourtant, c’est le pays qui détient, et de loin, les records de taux de croissance.

Durant les années 1960, rien qu’avec ses exportations de bois, de café et de cacao, le pays arrivait à enregistrer des taux de croissance de 7 pour cent. Le taux de croissance est passé à 8.5 pour cent au début des années 1990. Avec la découverte du pétrole en 1996, le taux moyen de croissance dans la période 1996-2000 est de 38.3 pour cent, avec un maximum de 95.26 pour cent en 1997.
Malgré tout, les 70 pour cent de la population de la Guinée équatoriale vivent dans la pauvreté, avec 40 pour cent dans l’extrême pauvreté (moins de 500 francs Cfa par jour).

Mais la Guinée équatoriale n’est pas le seul cas de croissance dans la pauvreté, de croissance sans développement.
En novembre 2014, à Abidjan, un officiel de la Banque mondiale dans une conférence de presse déclare :
Le niveau de pauvreté reste relativement élevé et inquiétant en Côte d’Ivoire, si on le compare avec le potentiel de croissance de ce pays… Le panier de la ménagère ne ressent pas du tout les effets de la formidable croissance … la Côte d’ivoire est classée deux années consécutives parmi les dix pays à forte croissance. (Le Soleil, 11 novembre 2014).

Dans le ‘’Rapport sur les Perspectives économiques en Afrique’’ (19 mai 2014) élaboré par la Bad, l’Ocde et le Pnud, on lit :
L’Afrique de l’Ouest est la zone la plus dynamique du continent avec une croissance de plus de 7 % en 2014 et 2015. La locomotive régionale est la Sierra Leone grâce à ses exportations de fer et de minerai.

Ce sont les organisations internationales qui ont décrété arbitrairement qu’avec un taux de croissance cumulé de 7 pour cent par an durant une certaine période, un pays sort de la pauvreté. Elles vont même jusqu’à se donner une coloration ‘’scientifique’’ avec des précisions : 1 pour cent de croissance génère 0.15 à 0.25 pour cent de réduction du taux de pauvreté. Des chiffres fantaisistes, farfelus, sans rapport avec la réalité, avancés par des technocrates qui n’ont jamais côtoyé une personne pauvre. Le plus grave est que beaucoup d’Africains (dirigeants, jeunes économistes, journalistes…) continuent à y croire. Au Sénégal, c’est le fer de lance du ‘’Plan Sénégal émergent’’.

Croissance et croissance

Dans les pays industrialisés, la croissance économique est significative dans la mesure où elle est induite par le dynamisme interne de l’économie, crée des emplois et se traduit par une élévation sensible du niveau de vie.  Le secteur manufacturier y est le moteur de la croissance.

Par contre dans les pays africains, la croissance n‘est tirée pour l’essentiel que de l’extérieur, par des facteurs exogènes : les recettes d’exportation de produits primaires, et l’argent envoyé par les immigrés à leurs familles.

La croissance de 7.54 pour cent en 1975, et de 8. 92 pour cent en 1976 au Sénégal n’a été due qu’à la flambée du cours des phosphates dans cette période. En 2014, la Sierra Leone n’a été la locomotive de la croissance que par ses exportations de fer et de minerai. Depuis la dévaluation du franc Cfa, les envois d’argent des immigrés (ayant été multipliés par 2) sont devenus supérieurs aux investissements directs étrangers.

La croissance économique est ainsi une simple résultante de facteurs exogènes non maîtrisables par une quelconque politique économique ; elle ne crée pas d’emplois de façon sensible, et s’accompagne d’une pauvreté en progression régulière surtout depuis la mise en place des programmes d’ajustement. Ce n’est qu’une croissance trompe-l’œil.

L’insatisfaction née de l’adoption du revenu par tête pour apprécier le niveau de développement a amené le Pnud en 1990 (par le Pakistanais Mahbub Ul-Haq et l’Indien Amartya Sen) à lancer l’idée de ‘’développement humain’’. Ceci, pour proposer un nouveau critère, ‘’l’indice de développement humain’’, (Idh), conçu autour de trois variables : l’espérance de vie (ce qui fait intervenir la santé), le niveau d’éducation (alphabétisation des adultes, instruction primaire, secondaire et supérieure) et   le revenu réel par tête d’habitant.
En fait, qu’est-ce que la croissance économique ? C’est, nous dit-on, l’évolution du Produit intérieur brut (Pib) d’une année à l’autre. Et à partir du Pib, on détermine le revenu par tête d’habitant qui permet d’opérer une classification entre pays.  Il faut donc ausculter le Pib.

Pib : la foire à problèmes

Les pays africains sont été contraints de suivre la procédure de certains pays de l’Ocde pour remplacer le ‘’produit national brut’’(Pnb) par le ‘’produit intérieur brut’’ (Pib), comme indicateur de croissance. Dans le calcul du Pnb, les profits des entreprises étrangères étaient imputés à leurs pays d’origine. Le Pib par contre exprime toute activité économique réalisée dans un pays, quelle que soit la nationalité des entreprises. Ainsi, les profits des sociétés étrangères sont imputés aux pays d’implantation, même lorsqu’ils sont rapatriés, comme c’est généralement le cas.

Dans les pays industrialisés qui abritent presque autant d’entreprises étrangères qu’ils ont d’entreprises nationales à l’extérieur, la différence entre le Pib et le Pnb est très faible (de l’ordre de 1 pour cent). Dans les pays non industrialisés par contre, la différence est très importante, ce qui fait qu’ils peuvent se trouver crédités d’une augmentation tout à fait fictive de Pib, donc de taux de croissance sans grande signification. Pour ne rien dire de sa répartition.

Le Pib est assimilé au revenu national, c’est-à-dire l’ensemble des revenus distribués. Ce qui est inexact. Dans le Pib, le terme ‘’brut’’ signifie incorporation des dépenses d’amortissement (c’est-à-dire remplacement des machines) : des dépenses qui ne correspondent tout de même pas à des distributions de revenus aux ménages. Dans les travaux de comptabilité nationale, c’et le Pib aux coûts des facteurs, défalqué des amortissements, qui donne le revenu national. Donc le Pib tel quel, incluant les amortissements, ne peut en aucun cas correspondre au revenu national. Le produit intérieur brut a le défaut d’être intérieur et d’être brut.

Passons au revenu par tête. C’est le Pib assimilé au revenu national qui est divisé par le nombre d’habitants qui donne le revenu par tête. Mais cela suppose que l’on connaisse de façon précise le nombre d’habitants. Il n’existe aucun pays au monde où l’on connaît de façon précise le nombre d’habitants. Dans les pays développés, on procède de temps en temps à des recensements démographiques, mais les données restent approximatives, compte tenu des flux de naissances et de décès qui sont impossibles à saisir à l’instant. Dieu seul connaît le nombre d’habitants dans un pays à un instant donné. La situation est encore plus délicate en Afrique où peu de pays procèdent à des recensements démographiques. Même lorsque des recensements de population ont lieu, ils sont très espacés dans le temps, si bien qu’entre deux recensements on se contente d’estimations vagues à partir d’extrapolations sur des taux antérieurs d’accroissement de population.

Pib : un attrape-tout controversé

Le Pib a été conçu dans un premier temps dans les pays occidentaux pour déterminer la capacité de financer la guerre. Par la suite on l’a utilisé pour rendre compte de la croissance ; ce qu’il n’a pu faire ni en qualité ni en quantité. Le Pib ne tient pas compte des incidences sur l’environnement. Il incorpore des produits non utiles et même nuisibles pour les populations comme les armes d’agression. Il n’inclut que les activités facilement mesurables. Au Sénégal par exemple, on ne peut pas y trouver bon nombre d’activités génératrices de revenus pour ceux qui s’y adonnent : ventes de cacahuètes, de fruits, de légumes, location de chaises pour les cérémonies, marchands ambulants, petits réparateurs … etc. Si bien qu’à ce niveau, le Pib tel que présenté dans les statistiques est sous-estimé, inférieur à la réalité.

Le Pib est une grandeur malléable à merci, jusqu’qu’à être très élastique, pour devenir une statistique politique. En 2008, l’Onu  propose d’y inclure les dépenses de recherche – développement, le divertissement, la création littéraire et artistique. Très bien ! Mais comment les évaluer ?

A partir de là, sur instruction de l’Union européenne, quelques pays comme l’Italie commencent à y inclure les activités de ‘’l’économie criminelle, souterraine’’ : trafic de drogue, prostitution, contrebande de tabac, d’alcool … etc., les données statistiques devant provenir des services de police et des o.n.g. qui travaillent avec les drogués et les prostituées.

Sur conseil de la Banque mondiale, le Ghana  procède en 2010  à une refonte du calcul du Pib en adoptant comme nouvelle base l’année 2006 au lieu de 1993, pour y inclure d’autres activités comme la reforestation des terres dégradées, l’exploration pétrolière, le téléphone mobile (qui aurait relevé le niveau de vie des habitants). Résultat : le Pib par tête se trouve augmenté de 60 pour cent, ce qui place le Ghana en 3ème  position derrière le Nigeria et le Cap Vert en Afrique de l’Ouest. L’annonce est faite le 5 novembre 2010. Le goorgorlou ghanéen qui s’est couché la veille le ventre vide, se lève le matin, n’ayant encore rien à se mettre sous la dent est informé qu’il s’est enrichi de 60 pour cent pendant qu’il dormait. Si le ridicule tuait …

La même opération est réalisée au Nigéria dont le Pib double aussitôt, pour en faire la première puissance économique d’Afrique, devant la République sud-africaine. Tout esprit lucide qui a été dans ces deux pays peut constater qu’ils ne sont pas au même niveau de développement.

Un rapport de ‘’Mac Kinsey global institute’’ y va alors de son commentaire : Si le Nigéria maintient sa croissance à 7.1 pour cent par an, il a des chances de figurer parmi les 20 premières puissances économiques mondiales. Pourtant le même rapport souligne que 74 pour cent des Nigérians vivent dans la pauvreté, que la productivité de l’agriculture est faible, que le secteur industriel ne contribue au Pib qu’à  7 pour cent. Il y a vraiment lieu de se demander si les rédacteurs de ces rapports prennent la peine de se relire. Et dire que ce sont ces organisations qui font autorité en Afrique auprès de nos gouvernements.

En Guinée équatoriale, selon les estimations faites sur le nombre d’habitants qui tourne autour de 1 million, le Pib par tête passe du simple au double.

Vers la fin du mois d’octobre 2015, la place attribuée par le Fmi au Sénégal dans le camp de la pauvreté fait l’objet de controverses sans intérêt pour les populations, ouvrant malheureusement un grand boulevard à la politique politicienne qui n’y avait rien à faire. La mise au point faite par le gouvernement et par un fonctionnaire du Fmi est salutaire : Le Sénégal est pauvre ou prospère selon que son Pib est évalué en dollars ou en francs Cfa. Ce qui est bien révélateur du manque de fiabilité du Pib et de sa progéniture, la croissance.

Les statistiques sur le Pib et la croissance proviennent de trois sources : la Banque mondiale (World Tables Indicators), l’université de Pennsylvania aux Etats-Unis (Penn Tables) et Angus Maddison un économiste anglais basé à l’université de Groningen aux Pays Bas.
Elles reçoivent leurs données brutes des agences nationales de statistique, les traitent comme de la matière première de manière différente avec les monnaies d’évaluation, l’année de base, les ajustements de parité de pouvoir d’achat, pour en sortir un produit fini, le Pib. Mais pour un même pays, pour la même année, le chiffre de Pib est très différent selon ces trois publications, pouvant passer du simple au double ou au triple. Le pays peut être classé dans une publication dans le camp des pays moins avancés et être classé dans une autre publication dans le camp des pays à revenu moyen.

Il n’y a vraiment pas de quoi pavoiser (côté gouvernement) lorsque le chiffre annoncé est jugé satisfaisant, ni de quoi lancer des diatribes (côté opposition) lorsque le chiffre annoncé est jugé faible. Bien entendu le Fmi utilise les chiffres de la Banque mondiale. Ces chiffres n’ont pas les vertus qu’on leur attribue dans les pays africains. Dans les pays occidentaux, le Pib est plutôt l’objet de railleries. A une certaine époque, le produit national brut (Pnb) était considéré comme le contraire du bonheur national brut (Bnb). Le sénateur américain Robert Kennedy déclarait que «le PIB mesure tout sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue».

Même les informations données par les agences nationales de statistiques à ces trois organismes de publication des chiffres du Pib laissent souvent à désirer. Quand on constate qu’après plus de 50 années d’indépendance, c’est en 2015 que le Sénégal entreprend son premier recensement général des entreprises : connaître de façon plus précise leur nombre, leur répartition par secteur d’activité, région, département et commune, dans le formel et l’informel. Ce qui révèle que le répertoire des entreprises avec lequel on opérait n’était pas satisfaisant.

Nous avons des statisticiens compétents qui travaillent de leur mieux avec les moyens du bord, sans l’assistance nécessaire de la part de leurs gouvernements.

Croissance, émergence et développement

La croissance est un phénomène conjoncturel, c’est-à-dire situé dans le court terme (trimestre ou année). Le développement par contre est un phénomène structurel. La structure concerne les organes de l’économie, la conjoncture concerne les fonctions de l’économie. Avec une voiture automobile, avant de s’intéresser à la vitesse en termes de km/h, il faut d’abord s’assurer que les organes par lesquels elle fonctionne sont en place et en bon état. Il doit en être de même pour une économie.

Le développement implique de profondes transformations structurelles qui ne peuvent avoir lieu que par la mise en place d’unités d’industries lourdes polarisées autour du fer, et par la guerre aux importations pour produire sur place ce que consomment les populations.

Il faut de l’audace pour faire les ruptures nécessaires. C’est par là que sont passés les pays actuellement industrialisés et les pays dits émergents. Ce n’est pas de l’extérieur que viendra une telle proposition. Les Africains, gouvernants comme gouvernés, doivent se désensibiliser des sirènes extérieures.

Quant à l’émergence (terme proposé en 1981 par un économiste hollandais pour les marchés boursiers), ce n’est rien d’autre que ce que Walter Rostow appelait « décollage (take off) dans un ouvrage de 1961 intitulé Les cinq étapes de la croissance économique, qui aurait d’ailleurs dû être intitulé Les cinq étapes du développement économique, car c’est de développement qu’il y parle.

L’émergence est la mise sur orbite du développement. L’autosuffisance alimentaire en est un élément certes important, condition nécessaire, mais pas suffisante. La condition suffisante est constituée par les industries lourdes polarisées autour du fer, dramatique chaînon manquant du Plan Sénégal émergent.

Si la Corée du sud, souvent citée en exemple, avait réduit l’émergence à l’autosuffisance alimentaire, elle ne serait pas en train d’inonder le monde de ses voitures (Hyundai, Kia), de ses appareils électroménagers (Samsung, LG), de ses ordinateurs, téléphones portables, tablettes et smartphones Samsung, pour ne citer que leurs produits les plus familiers à ces forçats de la consommation importée que sont les Africains. Sans oublier que le gouvernement coréen a été un agent économique actif dans cette stratégie d’émergence.
Les industries légères (textiles, agro-alimentaires …etc.) sont partie intégrante de tout paysage industriel, mais elles ne peuvent à elles seules mener à l’émergence et au développement.

La locomotive est constituée par les industries lourdes. Un pays à la phase de l’émergence doit avoir des industries mécaniques se situant dans la tranche des 200 000 à 2 millions d’articles métalliques fabriqués par les pays développés. Ce sont les industries mécaniques (fabrication de matériel agricole) qui permettent le développement de l’agriculture. Avec les effets d’entraînement sur les autres branches de l’économie, ce sont des centaines de milliers d’emplois assurés. La consommation (c’est-à-dire utilisation) d’acier par tête d’habitant est un indicateur fiable de développement. La Corée du sud et Taiwan sont en tête du classement mondial, bien que ne disposant pas de minerai de fer.

Il est temps que les Africains jettent un autre regard sur la croissance  qui n’est pas le développement, et qui n’y conduit pas. Ce n’est pas avec le cumul de taux de croissance fictifs qu’on arrive au développement. L’exemple de la Guinée équatoriale est là. Lorsque les pays occidentaux faisaient leur développement, les concepts de Pib et de taux de croissance n’existaient pas, étant apparus seulement au lendemain de la seconde guerre mondiale. Thomas Piketty avec son livre Le Capital au 21ème siècle (2014), suivant en cela son mentor Angus Maddison, est actuellement le seul à trouver des Pib et des taux de croissance dans l’Antiquité. Développement sans croissance : c’est le titre du pertinent ouvrage de 1983 de l’économiste algérien Abdel Kader Sid-Ahmed, à partir de l’expérience des économies pétrolières du Tiers-monde.

Les services des nouvelles technologies de l’information et de la communication, bien qu’incontournables, gonflent les taux de croissance,   et créent l’illusion auprès de certains de nos jeunes technocrates, mais ne peuvent pas générer l’émergence. Ce n’est pas en clapotant sur un clavier d’ordinateur qu’on développe un pays. L’opération a lieu d’abord dans les usines, dans les champs, dans les pâturages et dans les zones de pêche.

En conclusion

Ce que j’écris ici est en grande partie la reprise de propos que j’ai tenus en janvier 2011 dans un discours à l’Ucad 2 lors d’une cérémonie par laquelle des étudiants en Sciences économiques m’avaient fait parrain de leur promotion. Je suis conforté par la parution ces derniers temps de deux ouvrages qui ne disent rien de différent.  L’un est celui de Morten Jerven publié en 2013 à la suite de séjours d’étude dans les agences de statistique de pays d’Afrique de l’Est et du Sud, intitulé Poor Numbers  How We Have Been Mislead by African Development Statistics,  (‘’Chiffres sans valeur. Comment nous avons été trompés par les statistiques du développement africain’’ (ma traduction). L’autre est celui de Diane Coyle  GDP. A Brief and Affectionate History (Pib, une histoire courte et pleine d’affection (ma traduction).

Ces deux ouvrages largement médiatisés aux Etats-Unis où ils ont été publiés n’ont pas pu échapper aux économistes du Fmi et de la Banque mondiale. Mais ils signent et persistent dans les mêmes pratiques en Afrique.
Cela dit, pour réussir l’émergence, l’Etat ne peut pas tenir un rôle passif de spectateur. Le slogan ‘’moins d’Etat mieux d’Etat’’ n’a jusqu’ici été lancé qu’en direction des pays africains.
Pour finir, les pays africains doivent revoir leurs relations avec l’extérieur. Quel est le pays au monde qui est passé à l’émergence et au développement avec une économie dominée ?

Makhtar Diouf   mkdiouf@refer.sn

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