macky sall conférence

HCCT ET AUTRES INSTITUTIONS BUDGETIVORES, FAMILLE EN CŒUR DE L’ETAT… Macky range « la rupture » au placard

Le président Wade avait été très surpris de perdre le pouvoir avec un score aussi important de plus de 60%. Malgré toutes ses réalisations, son audace dans la gestion des affaires publiques, les Sénégalais ne lui ont pas pardonné son désir de mettre sur orbite son fils et de caser ses partisans et proches au point d’oublier certains fondamentaux qui guident le fonctionnement d’un jeune Etat comme le nôtre.

Wade a commis le pêché d’avoir manifestement cherché à mettre à l’abri du besoin ses proches en leur ouvrant toutes sortes d’opportunités notamment de gestion du pouvoir mais également de leur permettre de contrôler la vie des affaires notamment à travers les marchés publics.
Le citoyen lambda n’a jamais compris comment se fait-il que l’on parle de tant de milliards et qu’il a du mal à joindre les deux bouts. Les morts se sont multipliés en mer avec des jeunes désireux de fuir l’enfer de la misère, les grèves des enseignants se sont intensifiés, le malaise se fait ressentir partout malgré certaines politiques salvatrices comme le plan sésame, le plan Takaal, le plan Jaxaay, les 40% alloués au budget de l’éducation, etc.

Alors, les Sénégalais ont attendu sagement les élections de 2012 pour donner un coup de frein à cette gestion de Wade en votant pour le président Sall en attendant de lui des ruptures de fond. Ces ruptures, ils en ont d’autant plus rêvé que c’est lui-même qui en a fait un cheval de bataille pour ne pas dire la pierre angulaire de son programme Yonu Yokuté ou chemin de l’espoir.

Le jeune président, né après les indépendances, catalysait tous les espoirs, celui d’un peuple qui a su rêvé avec Wade mais qui voulait surtout quelqu’un qui a les qualités de ce dernier sans ses défauts.

Eh bien, cet homme semblait être Macky Sall. Ce dernier, en bon politicien, avait su trouver les mots justes pour dire au peuple ce qu’il voulait entendre. C’est-à-dire « la patrie avant le parti », « je ne protégerai personne », « ceux qui ont pillé des deniers publics payeront », etc.

Malheureusement, après son élection, grande a été la surprise de nombre de Sénégalais de voir Macky promouvoir des membres de sa famille et de sa belle famille. Les Sénégalais qui reprochaient à Wade de trop favoriser son fils, ont vu Macky mettre sur orbite son frère, son beau-frère, son oncle, son épouse dont un Ministre de la République a eu l’outrecuidance de dire que c’est à elle qu’ils doivent leurs postes. Last but not least, des proches sont coptés à des postes importants, des alliés reçoivent des sommes faramineuses par mois y compris même ceux qui ont claqué la porte comme Idy ou Cheikh Bamba Dièye, la taille du gouvernement s’élargit, des Secrétaires d’Etat voient le jour et le budget de fonctionnement ne cesse alors de grimper obligeant les autorités à devoir recourir aux prêts et à autres emprunts obligataires.

Sur le plan des libertés, les manifestations sont systématiquement interdites, l’article 80, très liberticide, permet au régime de poursuivre les opposants récalcitrants du Pds notamment.

Le Président de la République fait l’apologie de la transhumance avant de couvrir des caciques de l’ancien régime qui lui ont prêté allégeance malgré un passé obscur qui a fait l’objet de rapports des institutions de contrôle comme la Cour des Comptes.

Aujourd’hui, le président Sall ajoute au tableau la multiplication d’institutions budgétivores dont l’utilité est discutable. L’ancien Ministre libéral Innocense Ntap Ndiaye a son Haut Conseil du dialogue social, le socialiste Tanor aura certainement son Haut conseil des collectivités territoriales. C’est du Wade sans Wade.

Le président Sall a fini de convaincre les plus optimistes que la rupture n’était qu’un slogan creux. Sur bien des points, il a fait pire que Wade. Et rien n’indique qu’il soit dans une dynamique de changer de fusil d’épaule.

Assane Samb

Voir aussi

telechargement

Et si on en parlait… Une classe politique dépassée et déphasée

Le Sénégal a mal de sa classe politique. Les mêmes personnes occupent le champ politique, …