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Hémophilie 1500 cas décelés au Sénégal

L’hémophilie est une maladie génétique grave et rare, qui touche près de 1500 personnes au Sénégal. Mais seulement 200 malades seraient diagnostiqués et auraient accès aux traitements.

Dakar a abrité, hier, la deuxième édition du Sommet africain sur l’Hémophilie et les autres maladies hémorragiques héréditaires. Une occasion pour le Directeur du centre de transfusion sanguine, Pr Saliou Diop, de révéler que sur les 1500 hémophiles estimés répertoriés au Sénégal, seuls  200 sont identifiés et diagnostiqués. Ça veut dire que toute la difficulté en Afrique, c’est le problème d’identification. Parce que c’est un diagnostic qui demande une expertise aussi bien sur le plan médical que sur le plan technique au niveau des laboratoires», a déclaré Pr Saliou Diop. Selon l’hématologue, très souvent, les laboratoires qu’il faut pour diagnostiquer ces types de maladie sont très réduits, de telle sorte qu’il n’y a que 10% de cas d’hémophiles qui existent au Sénégal et qui sont réellement diagnostiqués. « Au-delà de ce problème de diagnostic, on a un problème de traitement. Si on prend le cas du Sénégal par exemple, l’estimation que nous avons fait pour le minimum qu’il faut aux patients, c’est à peu près 3 millions de francs Cfa par patient pour une année », a-t-il fait savoir.

Alors que dans les pays développés, ils ont tous ces moyens de diagnostic et de traitement. C’est pour cela que ce sommet, qui regroupe au total 29 pays pour la plupart africains, va permettre d’aboutir à des réflexions pour régler les problèmes de cette maladie en Afrique. Alain Weill, président de la Fédération mondiale de l’Hémophilie (FMH), de son coté, de rappeler que l’intérêt de ce sommet est de pouvoir montrer à tous les pays ici représentés, comment on peut diagnostiquer, traiter l’hémophilie dans leur pays et pourquoi il faut le faire. « La situation de l’hémophilie dans le monde est très irrégulière, tous les patients sont identifiés ont accès à des produits de traitement et ont des vies normales. Malheureusement, dans les deux pays du Tiers-Monde, ce n’est pas le cas parce qu’y a un défaut d’identification, de diagnostic et aussi un défaut d’accès aux produits de traitement », a-t-il souligné. Et ajoute que c’est triste de voir le nombre de jeunes garçons qui meurent durant la circoncision parce qu’ils n’ont pas été diagnostiqués trop tôt. Selon lui, dans le monde, 75% personnes atteintes de troubles de la coagulation sont privées de traitement.

Pour remédier à cela, la FMH veut que toutes les personnes atteintes d’une maladie hémorragique héréditaire puissent bénéficier de soins appropriés, peu importe où elles habitent. Cette rencontre de deux jours est une initiative du Centre national de transfusion sanguine de Dakar, de concert avec l’Association sénégalaise de l’hémophilie et la Fédération mondiale de l’hémophilie (FMH), selon la même source. Elle doit permettre de sensibiliser les acteurs locaux, mais aussi de diagnostiquer et de traiter les personnes atteintes d’hémophilie et d’autres maladies hémorragiques rares. Des professionnels de la santé, des responsables d’associations de malades vivant avec l’hémophilie et des représentants des autorités de santé publique de plusieurs pays prendront part au sommet, le deuxième après celui tenu en 2015 à Johannesburg, en Afrique du Sud. «L’hémophilie est un trouble de saignement. Les personnes atteintes d’hémophilie ne saignent pas plus vite que la normale, mais elles saignent plus longtemps parce que leur sang ne contient pas assez de facteurs de coagulation. L’hémophilie est rare. Seulement environ une personne sur 10.000 nait hémophile », a rappelé M. Weill.

Khady Thiam COLY

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