SPORT

HENRI SAIVET (SAINT-ÉTIENNE) : «T’es là, tu sers à rien…»

  • Date: 7 septembre 2016

Mis au placard pendant six mois à Newcastle, le nouveau milieu de terrain de Saint-Étienne revient en Ligue 1 avec l’envie de tout arracher.

Ses blessures

«Je me fais une fracture du métatarse sur le pied droit et gauche, dans la même année (2009). Après ça, j’ai senti que mon jeu n’était plus pareil. J’avais moins de vivacité. J’étais un joueur tonique, bon sur les prises de balle et les contrôles orientés, mais après ces blessures, c’était différent…».

Son étiquette d’éternel espoir

«C’est vrai que j’ai signé très tôt à Bordeaux (NDLR : à dix-sept ans). Forcément, ça crée beaucoup d’attente. Ce qui était dur, c’était de ne pas pouvoir me montrer. Quand tu ne joues pas, tu montres tes capacités à qui ? On n’est pas jugé aux entraînements. On est jugé sur ce qu’on est capable de faire en match. Mais je ne pouvais pas le faire.»

Son départ de Bordeaux

«Je n’avais pas prévu de partir. La preuve, je comptais déménager et me racheter une nouvelle maison sur Bordeaux. Mais quand je suis revenu de vacances, on m’a dit qu’il y avait beaucoup de sollicitations pour moi et que si je voulais partir, je pouvais. Je revenais de vacances avec l’envie de bien repartir, et on m’a dit ça…»

Son expérience à Newcastle

«J’avais été recruté pour jouer et je ne jouais pas. C’était dur. J’avais l’impression d’être payé à ne rien faire. C’était horrible. T’es là, tu ne sers à rien.»

Saint-Étienne

«Un endroit où on veut de moi, ça fait vraiment du bien. Marseille aussi me voulait, mais j’ai choisi les Verts. J’ai envie d’aller loin en Ligue Europa pour faire encore grandir le club. Et pourquoi pas être troisième et jouer le tour préliminaire de la Ligue des champions ?»

Le making-of de l’entretien

Il est comment Benitez ?

«Benitez est un grand coach. Il fait beaucoup de tactique. Un peu trop parfois, mais c’est un grand coach. Quand il arrive, le groupe est perdu, pas en confiance et il reste dix matches. C’était compliqué pour lui. Les dirigeants ont dû lui demander de faire jouer les Anglais. C’est comme ça là-bas. Ils disaient même que la Championship, c’était pour les Anglais, pas les étrangers. Parce qu’ils aiment jouer tous les trois jours, ils aiment bien se battre. Nous, si on nous donne la confiance, on aurait pu le faire.»

C’était comme ce foot anglais, malgré le peu de match joué ?

«Le rythme est différent. Ça ne s’arrête pas, il n’y a pas d’arrêts de jeu. Mais ça ne me dérange pas. C’est un foot que j’aime bien. Il me fallait un ou deux matches pour prendre le rythme et connaître l’équipe. Mais on ne m’a pas laissé le temps de montrer quoi que ce soit. Quand on prend un joueur, le but c’est de le mettre dans les meilleures conditions possibles. J’ai revu mes matches plusieurs fois avec un spécialiste. Je me demandais pourquoi je ne jouais plus. Peut-être qu’il était plus simple de sortir un étranger quand ça n’allait pas…»

Vous vouliez absolument rentrer en Ligue 1 ?

«Non, pas forcément. J’aurais bien aimé continuer en Premier League, mais c’est dur de trouver un point de chute quand tu n’as pas beaucoup joué. Cette opportunité de Saint-Étienne, c’est bien. C’est un club stable, ils jouent la Coupe d’Europe depuis plusieurs années. Ça progresse bien, c’est l’idéal.»

Georges Emmanuel Ndiaye

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