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HIP HOP GALSEN Les anciens rappeurs corrigent la nouvelle génération

  • Date: 21 novembre 2016

Hip hop, terme emprunté aux Anglais, est aujourd’hui un genre musical très prisé par les jeunes Sénégalais. Hip hop Sénégal ou de préférence galsen, est le terme usité dans le jargon des rappeurs. De  nouveaux talents s’invitent à la danse et abondent dans ce genre musical avec des touches plus rythmiques et vivantes. Mais La prolifération des groupes et les réseaux sociaux constituent le talon d’Achille de cette forme de musique apparue aux Etats Unis d’Amérique vers les années 70. Même si ces jeunes rappeurs s’autoproclament les vrais hip hoppers Galsen, le fond et la forme de leurs textes laissent souvent à désirer.

Hip hop, ce mouvement culturel et artistique allant crescendo, devient une culture urbaine qui regroupe en son sein le rap, le break dancing… Le rap est ce style musical dans lequel le chanteur parle en saccade ou chante sur un moreau instrumentalisé. Pour aller au-delà de cette musique où les propos sont souvent imagés, le hip hop vient prendre le dessus sur d’autres genres musicaux et se répand dans le monde entier et devient la coqueluche des jeunes rappeurs. Ce genre musicale ne laisse pas indifférent les jeunes Sénégalais des années 90 à nos jours. Ces jeunes s’adaptent vite à son jargon et communiquent dans un langage codé. Parler du Rap au Sénégal, revient à évoquer les groupes qui ont marqué de leurs empreintes le hip hop Galsen, en l’occurrence Awadi, Daradji Family, Bidew bou bess, etc. Dans les années 90, ces groupes ont propulsé le rap sénégalais et sa paternité leur revient de droit. Néanmoins, une autre vague du hip hop, incarnée par Dip Doundou Guiss Akhlou Brick Paradise, Ngaka Blindé, Enzo, Rifou …, nait et s’impose dans un autre style plus choc. Dans leurs concerts, ils regroupent plus de monde et une ambiance totale impressionne le public avec des paroles saccadées, des rimes, voire des clashes, dans toutes les formes. Le « Hardcore » et le « Freestyle » restent les particularités de cette nouvelle génération, même si d’autres épousent le hip hop soul qui est une fusion entre le soul et hip hop.

En un moment de son histoire, le hip hop Galsen a connu une traversée du désert.  De 2007 à 2011, le marché était moins attractif, la vente était en baisse à cause du manque de production et d’album. « Les thèmes développés par certains rappeurs, en cette période, étaient d’une approche plutôt moralisatrice que sociale », selon  fou malade. En 2011, le hip hop a connu, de nouveau, une effervescence et changé de paradigme afin de récupérer son public. Dans un contexte politique favorable au mouvement hip hop, certains rappeurs se veulent porte-paroles des sans voix contre l’injustice politique et sociale. Cet engagement leur a valu une bonne reprise de carrière vis-à-vis de la population après une longue absence sur la scène galsen. Cette même année, le mouvement Y’en a marre voit le jour avec un slogan : « le Nouveau Type Sénégalais (NTS). » Un mouvement qui réclamait démocratie et justice au profit des populations.

La floraison des groupes de rap

De plus en plus, les groupes de rap se multiplient au Sénégal et les acteurs du milieu se font des cheveux pour le futur du hip hop Galsen. Cependant, Baydi de ‘’Bidew Bou Bess’’ invite la jeune génération à partager l’idée selon laquelle la musique doit être apprise et connue avant de se l’approprier. « Le malheur au Sénégal, c’est qu’on improvise tout, que ce soit dans le rap, dans l’animation ou dans d’autres domaines », se désole cet ancien du hip hop. A l’en croire, cette prolifération des groupes du milieu rap galsen conduit à un manque d’organisation, d’ouverture et de qualité. Le rap galsen, poursuit-il, est loin d’être dans les normes internationales du hip hop. « Au Sénégal, malgré les nombreux groupes de rap, peu d’entre eux parviennent à avoir un renom ou une distinction internationale, voire pouvoir exporter le hip hop galsen », fait-il savoir

‘’La nouvelle génération doit s’améliorer’’

Ces jeunes, malgré leurs talents, ont encore du pain sur la planche. Le directeur général de la maison des cultures urbaines pense : « Dans l’ancienne génération, il y avait plus de rappeurs cultivés parce que certains d’entre eux sont bilingues et parlent bien l’anglais et le français ». Cette dite culture qui fait le charme chez les anciens, semble être une crème rare chez les jeunes. Je ne dirai pas aussi que dans la nouvelle génération il y en a pas, car certains sortent du lot », précise-t-il. Embouchant la même trompette, Ndongo D de Daradji Family affirme que ces rappeurs de la nouvelle génération font du bon travail et souvent, ce qui est difficile dans le hip hop, certains l’ont réussi, c’est-à-dire de se faire connaitre par le public. Leur chance  aujourd’hui est que chacun de ces groupes a un public cible, je veux nommer Dip doundou guiss, Akhlou brick paradis, Elzo, etc. Keulifa de keur gui ajoute : « le talent de ces nouveaux rappeurs est à apprécier, mais ils se sont engagés autrement ». Mais le reproche n’est pas de mise. Certains anciens du rap comme Fou malade expliquent que certains de la nouvelle génération font plus de rap-divertissant et L’ego trip, le clash, sont souvent maitres mots dans leur rap ». A l’en croire, les thématiques politiques, civiques et sociales sont connues avec les anciens du hip hop. Le conseil est le même pour tous les anciens rappeurs galsen aux jeunes talents du hip hop. Ayant plus d’expérience, Baydi de Bidew Bou Bess invite les jeunes talents de faire une musique de culture et surtout une musique qui leur ressemble. « Le fond souvent c’est bon, Dip doundou giss, Ngaka blindé, entre autres, en donnent l’exemple mais, dans le sens général,  la forme reste vraiment à revoir», dit-il

 ‘’Le hip hop galsen doit être revitalisé’’

Les rappeurs continuent de déplorer l’inactivité des autorités politico-culturelles face à leurs problèmes qui gangrènent le hip hop. Selon Ndongo D, malgré leurs sorties  internationales, les rappeurs ne bénéficient pas d’appui institutionnel et ils représentent le Sénégal dans ces pays étrangers par leurs propres moyens de bord. «  Nous n’attendons pas des autorités de l’aide financière, mais plutôt un accompagnement, une politique de vison qui pourrait développer le Hip hop Galsen », poursuit-il. Au surplus, ces rappeurs pointent du doigt les medias qui ne les soutiennent pas afin de mieux marquer leurs empreintes. « Les programmes sur le hip hop doivent être élargis dans les medias », affirme Ndongo D. Dans cette logique, Keulifa pense que le public doit soutenir le monde du Hip hop. « Un ticket de concert de un million mérite d’être acheté pour un artiste qui a fait 20 ans de carrière de musique », dit-il. Cependant, une interrogation hante l’esprit de certains : la nouvelle génération partage-t-elle l’avis des anciens rappeurs sur les maux du mouvement hip hop ?

Hip hop et réseaux sociaux

Grace à l’évolution de la nouvelle technologie, nul ne peut ignorer la forte influence des réseaux sociaux sur le quotidien des jeunes. Ces outils de communication et de divertissement pour certains, rassemblent des millions d’internautes sur la toile. Ces derniers changent la donne et contribuent sans doute à la visibilité et à la popularité des artistes en les rapprochant de plus en plus de leurs fans. Pour certains d’entre eux, comme des rappeurs, pensent que ces gadgets contribuent à la régression du hip hop Galsen. Le ver dans le fruit est qu’ils n’en tirent pas profit. « Un bon nombre de fans  préfèrent télécharger gratuitement les sons des artistes et cela  n’est pas en droite ligne avec le marché », déplore Ndongo D. Ce qui est malheureux pour les rappeurs, c’est que cette frange du public sur les réseaux sociaux préfère aller dans des concerts gratuits au lieu de les soutenir en achetant leurs albums ou aller dans leurs concerts payants. « Aujourd’hui, si vous prenez le téléphone d’un fan, vous y trouverez au moins un son de Gaston, de Daradji ou d’un autre rappeur. Ce mécanisme des réseaux sociaux peut freiner la carrière du rappeur, mais aussi  tuer le marché », ajoute-t-il. Dans ce même sillage, Baydi du groupe Bidew Bou Bess explique que la nouvelle technologie pousse certains rappeurs à la paresse et, cerise sur le gâteau, ces derniers se jettent dans la facilité. Une imitation, dit-il, se fait remarquer dans les clips de certains jeunes rappeurs. D’après l’ancienne génération, « De jeunes hip Hoppers de la dernière génération, puisent des clips américains et font du copier-coller. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le rap Galsen a connu, de nos jours, une évolution rapide et que de nouveaux talents impressionnent une bonne partie du public hip hop.

Safiyatou DIOUF

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