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HISSENE DESCEND DE SCÈNE…. (Par Alioune Badara NIANG)

L’ex président tchadien Hisséne Habré, anciennement homme fort de N’Djamena dans les années 80, a volontairement cherché, le temps d’un procès fort médiatisé et théâtralisé, à effacer de sa mémoire et celle d’un monde (médusé !), les nombreux viols, les innombrables morts (au moins 40 000), les multiples détournements et d’autres atomes de crimes atroces, qu’il a commis pendant qu’il présidait aux destinées de son peuple. Mais mal-heureusement, les citoyens tchadiens sans histoires qu’il a maltraités, blessés, insultés et violés, ont préservé dans la dignité, ces douloureux souvenirs, qui ont fini par emporter la conviction de juges intrépides. Signe des temps : Les boomerangs sont de retour.

Au début et pendant tout le déroulé du procès, Habré comme moyen de défense (plutôt comme moyen de «suicide ») n’a choisi qu’injurier copieusement les juges des pires mots comme des « suppos » du 3e âge : « J’ai été emprisonné suite à un kidnapping et depuis lors je suis illégalement détenu. Je ne répondrai à aucune demande de ce comité administratif ». Aussi pestait-il longuement : « Ces chambres que j’appelle Comités Administratifs Extraordinaires sont illégales. Ceux qui y siègent sont des fonctionnaires remplissant une mission commandée ». Vlan !

A ces propos d’anti modèles de rectitude morale, se sont ajoutés tout un tsunami d’idioties et une déferlante de déclarations lamentables auxquels se sont jointes des postures humainement révoltantes et parfaitement débiles de ses partisans, que plus rien ne retenait dans les clous du minimum de discipline exigée dans un temple de Thémis. Cette lâche attitude de Mr. Habré (mimiques, ton de la voix…) oscillant entre le ridicule et l’inquiétant (remember Mussolini…) ; Egalement ses obsessions, l’ont coincé aujourd’hui devant ses victimes (ce qu’il en reste) qui ont attendu des années, dans le silence et la souffrance à outrance, pour faire face (enfin) à lui.

Nier l’évidence, s’enturbanner jusqu’à se bander les yeux, se boucher les oreilles et jeter le discrédit sur un tribunal, était un désastre aussi fumant que rigolo. Et le clown Habré, regrettant certainement d’avoir fait un très beau portrait en creux de lui-même, en tant que dictateur le plus malhonnête, le plus détestable que l’Afrique ait jamais connu, mais ayant aussi excellemment joué à son corps défendant, son rôle de bouffon divertissant dans lequel il était parfait, se rend compte, maintenant seulement, que ses agitations se résument à ça : du vent !

En fin de course, il obtient (de haute lutte et sans rire !) une condamnation à la prison à vie. Une décision (en 1ère instance) de la justice humaine avant celle de Dieu. Of course !

Mais convenons qu’avec ce procès, une première sur le continent, l’opinion des peuples « Africains » est faite sur ses (ces) dirigeants prédateurs et dangereux pour son développement. Et pour longtemps ! Que cette justice soit contagieuse !

aliounebadaraniangjunior@gmail.com

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