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HOMMAGE AUX « FEMMES DE LA NOUVELLE LIGNE DE FRONT »

Depuis l’an 2000, hormis la parenthèse du combat ponctuel pour la parité politique, il est constaté un recul du mouvement social féminin, en comparaison avec la grande effervescence des années 80 et 90 ; or si les femmes souhaitent d’autres victoires indispensables, elles doivent trouver la force de reconstituer une unité autour du combat commun qui transcende l’appartenance politique, l’aspect partisan et privilégier plutôt les questions essentielles qui concernent la nation. C’est pour cette raison que sous l’incitative du Laboratoire Genre de l’IFAN en partenariat avec la fondation Friedrich Ebert et l’ONG Article 19 un atelier a été organisé le 14 juillet 2014 pour la mise en place en place d’un mécanisme capable d’assurer la relève générationnelle.

La première cohorte composée de 33 jeunes leaders a été choisie parmi celles qui depuis plus de 8ans ont suivi la formations de la Fondation et ont été encadrées par le Labo Genre. Elles proviennent de partis politiques différents, de syndicats et de la société civile et ont eu un cheminement et un vécu commun, qui  laisse augurer la production  d’acteurs politiques pétris d’éthique et de responsabilité dans l’espace publique.

Les femmes politiques qui ont répondu à notre appel et que nous considérons comme « la nouvelle ligne de front », ont marqué notre histoire démocratique par leur courage, leur engagement et leur pugnacité. Elles ont accepté de partager leurs expériences, et c’est l’occasion de les remercier et de leur rendre un vibrant hommage, car elles ont décidé d’accompagner la jeune génération à assumer la mission qui lui est assignée : celle de relever les défis du futur face aux innombrables problèmes auxquels notre pays est confronté. Ce qui les caractérise toutes, c’est d’avoir mené des batailles victorieuses et d’être aujourd’hui au devant de tous les combats.

  • Aissata Tall Sall, le symbole de la nouvelle résistance féminine, a fait face à toutes sortes d’adversités pour conduire les destinées de la commune de Podor, et parce que femme valeureuse les populations lui a donné raison.
  • Aida Mbodj est celle qui fait trembler et ses alliés et ses adversaires. Malgré toutes ses victoires et sa capacité de résistance, avant cette journée du 14 juillet, elle n’a jamais reçu un mot de réconfort venant de ceux avec qui elle partage le combat politique.
  • Seynabou Wade symbolise la femme de principe, prête pour tous les combats à condition que cela soit au service des populations. Le tout dernier est l’engagement avec sa collègue Elène Tine aux côtés du Collectif AGIR IMMO.
  • Quant à Hélène Tine, son accession à l’hémicycle est le résultat d’une haute stratégie preuve d’une extraordinaire intelligence politique pour une femme venue très tard dans ce milieu.
  • Mously Diakhaté, auteure de l’ouvrage autobiographique intitulé : « du daara à l’hémicycle » s’est avérée être une redoutable adversaire pour ses camarades qui voulaient l’ensevelir. Grace aux enseignements acquis à l’école coranique, qui selon elle développe l’intelligence stratégique, elle a pu livrer des batailles épiques qu’elle a remportées.
  • Ndèye Awa Mbodj, par sa détermination et sa foi en elle-même, a pu venir à bout de sa propre formation politique. Lorsque qu’après avoir recueilli la majorité des voix à son bureau de vote on a voulu nommer un homme à sa place – ce qu’elle considérait comme une humiliation – elle a décidé d’aller, seule aux élections, avec sa propre liste. Elle en est sortie victorieuse.
  • Awa Wade, la rebelle éternelle, secrétaire générale de l’UDEN, seule responsable des syndicats à déposer un rapport annuel auprès de l’autorité qui jusqu’ci ne l’a pas encore reçue, est en train de révolutionner le management dans le monde syndical.
  • Mame Bousso Samb Diack et Safiétou Diop sont des symboles du combat des femmes dans les partis de gauche, avec une trajectoire faite de sacrifice, de courage et de dignité. La logique implacable de destruction des partis ne les pas empêchées d’être encore debout et de mettre leur expertise au service de leurs communautés.
  • Amsatou Sow Sidibé, la militante des droits de l’homme, veut transposer cette expertise et ses convictions au niveau politique, non sans difficultés certes, mais cela ne l’empêche pas de se tenir toujours debout.
  • Mesdames Fatoumata Niang Ba et Nafissatou Wade représentant la nouvelle vague de jeunes leaders de partis ont été capables d’échapper à la ruse masculine et de s’affranchir de leurs leaders pour tracer leur voie avec lucidité.
  • Des déçus de la politique il y a en a eu comme Ndèye Ndiaya Ndoye qui a décidé de se consacrer à la société civile ; mais aussi celles qui comme Marie Angélique Guèye, membre fondateur de Yewu Yeewi, sont restées fidèles à leur idéal de jeunesse et qui sont toujours debout pour répondre à l’appel de la cause.

Ces femmes, qu’elles viennent de l’école marxiste léniniste, de l’école libérale, de l’école socialiste, ou de l’école de la vie tout court, ont en commun un vécu, parsemé de ruses et de trahisons pour les détruire, mais elles ont été plus fortes face à toutes les adversités et ont su crever le plafond de verre qui leur avait été fixé comme horizon indépassable. Parce qu’elles ont réussi à s’en sortir, elles sont objet d’admiration de la jeune génération qui déjà les désigne comme les modèles à suivre. Ces « femmes de la nouvelle ligne de front » ont démontré qu’individuellement elles ont vaincu les forces de résistances et qu’ensemble elles vont révolutionner l’espace sociopolitique sénégalais. Mais elles ont su passer la flamme du combat aux 33 jeunes leaders de la première cohorte.

Sachant l’immense espoir placée en elles par cette jeune génération, « les femmes de la nouvelle ligne de front »  nous l’espérons seront plus que jamais combatives. Elles se savent désormais soutenues par des jeunes et bénéficient d’un cadre pour les accompagner. Celles qui sont à l’assemblée nationale sauront entrainer d’autres à être de véritables députées du peuple et à rejoindre la ligne de front. Elles sauront motiver les femmes dans les partis, à marquer davantage leur territoire aux prochaines échéances électorales.

En conclusion, le 14 juillet aura été surtout un rendez-vous entre une génération, un idéal et une perspective. D’autres jeunes les rejoindront. Elles viendront des écoles, des associations et même d’horizons différents, de l’autre bout de l’Afrique ; car les enjeux géopolitiques et géostratégiques touchent leurs vécus communs. Et ce sera la naissance d’un mouvement qui tracera le futur de notre pays et de notre continent.

Margaret Mead a dit : « Ne doutez jamais qu’un petit groupe de personnes peuvent changer le monde. En fait, c’est toujours ainsi que le monde a changé ».

Comité du Mouvement des Leaders du Futur

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