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HYDRAULIQUE – Réalisation de bassins de rétention au Sahel : Me El Hadj Diouf contre le mode de financement

Les experts des pays du Sahel, réunis à Dakar ont préconisé le prélèvement d’un pourcentage sur les budgets des Etats pour réaliser un ambitieux programme de création de bassins de rétention dans les zones rurales.
Prélever 1% sur les budgets des pays de la communauté des Etats sahélo sahariens (Censad), c’est là une des principales recommandations émises par les experts des pays sahéliens réunis, à Dakar, pour définir les stratégies de financement à mettre en œuvre pour la réalisation de bassins de rétention dans le Sahel. Un pourcentage que le ministre du réseau hydrographique national, El Hadji Diouf trouve tout à fait insuffisant, «en raison de l’importance de ce programme» pour les populations africaines. Il ajoute que cette proposition, «pas assez ambitieuse et audacieuse ne représente rien du tout pour la réussite de ce programme» susceptible de permettre à l’Afrique d’oublier le spectre de la faim et de la pauvreté. La réalisation de bassins de rétention apparaît ainsi, aux yeux du ministre, comme un «remède miracle qui vient régler définitivement la question du manque d’eau et permet de vaincre la pauvreté».

Les experts ont, par ailleurs, préconisé pour le financement des bassins, la participation des collectivités locales et des bénéficiaires, surtout dans les charges récurrentes que sont le désensablement et l’entretien de ces ouvrages. De la même façon, les bailleurs de fond seront sollicités avec l’organisation d’une table ronde au cours de l’année 2008. Le ministre du réseau hydrographique a, ainsi, appelé la communauté internationale à plus de solidarité pour que les pays pauvres se développent et empêchent que leurs ressortissants n’aillent se jeter dans les flots marins, à l’assaut de l’eldorado occidental.

Au plan national, les experts ont, également, émis l’idée de la création d’une agence des bassins de rétention, alors qu’une agence panafricaine serait chargée de cordonner les actions au niveau sous-régional. Dans un Sahel marqué par une baisse de plus en plus drastique des précipitations ainsi que par l’avancée du désert, l’eau de ruissellement devient trop précieuse pour être perdue. D’où l’idée de la création de bassins artificiels permettant aux populations de se livrer à diverses activités génératrices de revenus. C’est le moyen, rappelle Me El Hadji Diouf, de lutter contre l’exode rural qui, chaque année, précipite des milliers de ruraux dans les rues de grandes villes, où ils arrivent péniblement à survivre dans des conditions de précarité extrême.

Avec 60 millions de personnes qui vivent dans le Sahel, l’avenir s’annonce des plus sombres pour les 1,2 milliards de personnes qui peupleraient la région en 2015, si le problème de l’eau n’est pas résolu. Lors de la cérémonie d’ouverture de la conférence, avant-hier, le Président Wade n’a pas manqué d’afficher ses ambitions d’installer un bassin de rétention dans chaque village.

Ce programme se conjugue à un autre projet panafricain, porté par le chef de l’Etat, de mise en place d’une muraille verte. Une conférence avait déjà réuni les ministres de l’environnement et de l’hydraulique des pays du Censad au mois de Mars 2006 à Dakar. Mais, les recommandations issues de cette rencontre et concernant la réalisation de bassins de rétention n’avaient encore «fait l’objet d’aucune mise en œuvre» ont constaté les experts.


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