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Hydrocarbures – Une baisse qui ne diminue rien : Le carburant toujours cher au Sénégal

La variation des prix des produits pétroliers intervenu le week-end dernier, permettra de payer un peu moins cher le Super, tandis que le Gasoil subit une hausse minime. Ce qui fait que l’usager ne connaîtra pas de soulagement réel. D’autant plus que, comparé à d’autres pays de la zone monétaire, le consommateur sénégalais est particulièrement lésé.

Source : Le Quotidien

Les produits pétroliers sont plus chers au Sénégal que dans tous les autres pays de l’Union monétaire et économique de l’Afrique de l’Ouest (Uemoa). La baisse intervenue le samedi dernier sur le prix du Super et de l’essence ordinaire n’y change rien. Et pourtant, elle n’est pas négligeable, d’autant plus qu’elle est inédite. Ces produits sont passés respectivement de 737 à 714 francs Cfa le litre et de 693 à 672 francs Cfa le litre. Soit des baisses de 23 francs sur le Super et de 21 francs sur le Mélange. Malheureusement, il a fallu de 5 francs Cfa supplémentaires sur le prix du litre de gasoil, qui passe de 583 à 588 francs Cfa, pour que la belle architecture gouvernementale des prix des produits raffinés s’écroulât. L’opinion, ne retient souvent que les mauvaises nouvelles. Déjà hier, les usagers qui voyaient les transporteurs se servir aux stations services, leur enjoignaient presque de ne pas en profiter pour augmenter les prix des transports sur les différents trajets.

Dans un communiqué publié hier par le ministère de l’Energie, il est indiqué que les prix des produits raffinés s’ajuste automatiquement toutes les quatre semaines, «sur la base des évolutions enregistrées au niveau des cours internationaux des hydrocarbures raffinés et non de ceux du pétrole brut, (souligné dans le texte : ndlr) comme on pourrait le penser. Le marché de référence est celui du Nwe (North West Europe) communément appelé Rotterdam».

Soit. Il n’empêche que l’on note que le Sénégal, qui se fournit en grande partie, auprès des mêmes fournisseurs que ses voisins et partenaires de l’Uemoa, est celui dont la structure des prix est la plus élevée en ce qui concerne les produits pétroliers.

LE SENEGAL CARBURE A LA HAUSSE

Dans son n°194 du 1er au 15 août 2007, le bimensuel Construire l’Afrique, publié par le groupe Altervision, a publié un intéressant tableau des prix des hydrocarbures dans les pays de la zone Uemoa. Il y montre ce que beaucoup de Sénégalais savaient déjà, à savoir que ce n’est que les véhicules du Sénégal qui roulent avec du carburant le plus cher de la région. Quand le Super au Sénégal dépasse la barre des 700 francs Cfa, le Burkina Faso, le second pays le plus cher, culmine à 650 francs Cfa pour le même produit. Pas besoin de rappeler que le Burkina est un pays enclavé, dont les importations doivent passer par le Ghana et le Togo, en évitant autant que possible le territoire ivoirien, qui n’est pas encore parfaitement pacifié. Quand le Sénégal se gargarise d’une baisse de 23 francs Cfa sur le Super, le Burkina en avait opéré une de 50 francs Cfa, bien avant sur le même produit. Et le prix de l’essence Ordinaire avait baissé dans ce pays, de 45 francs Cfa au même moment. L’exemple le plus ironique, si l’on veut, est celui du Mali. On sait que depuis le début de la crise ivoirienne -encore elle !- c’est le port de Dakar qui sert de point de débarquement pour les différentes marchandises destinées au Mali, dont les produits pétroliers constituent une partie non négligeable. Des sources au Port autonome de Dakar (Pad) soulignent même que la part des hydrocarbures est de 60% dans les débarquements destinés au Mali. Et pourtant, à la pompe à Bamako ou à Sikasso, le prix du Super est de 615 francs Cfa, toutes taxes comprises. Le Gasoil revient à 525 francs Cfa le litre, tandis que la bonbonne de gaz butane de 6 kg, la plus couramment utilisée, est de 2 000 francs Cfa, contre 4 000 francs Cfa celle de 12 kg.

En outre, les Maliens paient les frais de transport de leurs produits jusqu’à Dakar. A partir de cette ville, il y a les frais de débarquement, le dédouanement, les frais d’emmagasinage et autres. Une fois débarqués et placés sur les véhicules de transport, les produits destinés au Mali couvrent au moins la distance Dakar-Bamako, soit environ 1 000 km. Et malgré toutes ces charges, ces «cousins» trouvent le moyen d’écouler leurs combustibles moins cher qu’à Dakar ! Mais ils ne sont pas les plus forts. Un autre pays enclavé, le Niger, fait encore mieux. Ce pays bat même les meilleurs. A Niamey en effet, le Super coûte 552 francs. C’est, curieusement, le Mélange ou Ordinaire, qui y revient à 657 francs Cfa, tandis que le Gasoil est à 548 Cfa.

On ne va pas insister sur l’exemple de ce pays et du Bénin, pour ne pas secouer des esprits chagrins, qui ne vont pas manquer d’invoquer l’impact de la contrebande qui fleurit entre le Niger, le Bénin et le géant nigérian, où vont s’approvisionner beaucoup de petits «Khaddafi». Ces contrebandiers, qui vendent des produits pétroliers aux coins de rues de Cotonou ou de Niamey, les écoulent à bien meilleur prix qu’aux stations d’essence. Mais cela est bien marginal par rapport aux besoins entiers des pays concernés. Et ne dédouane pas les autorités sénégalaises.


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