SPORT

Ibrahima Diagne, Président de la ligue de Dakar de basketball “ Notre priorité c’est la petite catégorie et le mini basket ”

  • Date: 6 mai 2016

En prélude de la 43e édition de la finale de la coupe Saint Michel prévue
le samedi 7 mai prochain, Ibrahima Diagne, Président de la ligue de Dakar
de basketball s’est confié à la presse.

Dans cet entretien, Ibrahima Diagne
est revenu sur la finale de la coupe Saint Michel, les ambitions de la
ligue de Dakar de basketball, entre autres, sujets.

Le basket n’est pas très développé dans notre pays d’où la mise en place de la ligue de Dakar de basketball dont vous êtes le Président. Pouvez vous
d’abord nous expliquer le rôle de la ligue de Dakar de basketball ?

“ La ligue de Dakar de basket existe depuis je pense 1974. C’est un
démembrement de la fédération sénégalaise de basketball qui regroupe
l’ensemble des clubs de la région de Dakar. La ligue a en charge de
développer le basket à la base. Donc le développement du basket à la base
relève de notre responsabilité sachant que la fédération a, en perspective,
tout ce qui touche à l’organisation des compétitions à l’echelle nationale
mais aussi à l’accompagnement des équipes nationales. Donc nous, on doit
être aux cotés des clubs pour les organiser et de les permettre de faire
des compétitions à l’échelle régionale. Au total la ligue compte à peu près
34 clubs qui sont affiliés. Aujourd’hui, nous organisons des compétitions
de mini basket, des compétitions pour les petites catégories (minime, cadet
et junior) mais aussi nous organisons des coupes pour les catégories
seniors. Nous avons la coupe Saint Michel dont nous allons ce samedi 7 mai
jouer la 43e édition. Nous jouons aussi la coupe du maire de la ville de
Dakar en garçon et en fille. Nous jouons aussi la coupe IAM pour les
filles. Maintenant cette ligue ce qu’il faut rappeler et insister c’est
qu’elle est en train d’engager un tournant décisif suite à la
normalisation. Les deux dernières années le Sénégal a, dans le basket,
connu une structure d’exception c’était le comité de normalisation qui
gérait le basket. A Dakar c’était le comité régional de normalisation. Au
terme de cette normalisation une assemblée générale avait été organisée
pour mettre en place une nouvelle équipe à la tête de la ligue ”.

Pourquoi vous avez jugé nécessaire de miser sur la pétite catégorie et le
mini basket ?

“ Nous avons la responsabilité de ne pas décevoir. Ne pas décevoir c’est de
consolider cette démarche participative, cette démarche inclusive qui a
permis d’avoir un consensus autour de l’essentiel mais surtout une unité
d’action pour le développement du basket. C’est la raison pour laquelle,
nous avons depuis le début de notre mandat de 4 ans mis en place un certain
nombre de mécanisme de concertation. Nous avons eu à organiser deux
ateliers. Un atelier sur la petite catégorie et un autre atelier sur le
mini basket pour vraiment voir les voies et moyens de satisfaire là où l’on
nous attend c’est à dire le développement du basket la base. Au niveau de
la ligue, nous avons fait de la petite catégorie et du mini basket notre
priorité. On s’est dit que organiser des compétitions d’élites ça on peut
le faire et là où on nous attend c’est de revenir aux fondamentaux pour
permettre au Sénégal d’être renforcer sur un vivier de qualité. Car, nous
considérons ce que la ligue de Dakar représente pour le basket national.
Aujourd’hui c’est la ligue qui a le plus de licencier. C’est la ligue qui a
plus de clubs. Donc, nous devons être la locomotive du basket sénégalais.
Je constate que si le basket dakarois va impérativement le basket national
ira. C’est l’importance de la ligue de Dakar. Nous mesurons à sa juste
valeur cette responsabilité qui est entre nos mains et nous comptons la
jouer pleinement. C’est pourquoi au delà des compétitions que nous
organisons pour la petite catégorie et le mini basket, nous sommes en train
d’apporter des innovations dans le management de l’institution, des
innovations dans les mécanismes de financement de la ligue. Nous sommes
aujourd’hui accompagner par un cabinet qui travaille sur le plan de
développement de la ligue sur tous les voies et moyens pour booster le
sponsoring autour du basket. On a une organisation efficace qui marche avec
des commissions dotées des personnes ressources de qualité. Aujourd’hui,
nous voyons que les uns et les autres peuvent le constater globalement au
niveau de la ligue les choses se passent bien .”

Quelles sont les maux dont souffrent le basket au Sénégal ?

“ Les maux sont multiples parce qu’aujourd’hui le basket a la particularité d’être dans un contexte professionnel mais doté d’un statut d’amateur. Au Sénégal le basket est amateur. Tous les pays que nous concurrençons ont un basket semi professionnel (..). Le basket dans son fonctionnement est plus ou moins professionnalisé parce qu’on a des clubs qui recrutent des joueurs provenant de l’extérieur mais quand même malheureusement le cadre il est
encore amateur. Ce qui constitue des difficultés. Mais aussi, les clubs
souffrent de manque d’équipements et de terrains. Aujourd’hui rares sont
les clubs qui ont des terrains fonctionnels. On ne peut pas faire la
pratique du basket si on n’a pas des terrains adaptés. Il y’a également un
problème de financement des clubs qui se posent en amont mais aussi sur la
disponibilité des infrastructures et des équipements. Il faut se rendre que
pendant ces dernières années ce qui est essentiel c’est à dire le mini
basket et la petite catégorie souffraient d’activités (…). C’est pourquoi
vous voyez que l’équipe nationale est essentiellement constituée
d’expatriés. De plus en plus on parle de l’âge des joueurs. Aujourd’hui, on
constate de plus en plus qu’on a des difficultés à trouver des joueurs de
qualité au niveau de certains segments du jeu. On a du mal à trouver une
bonne meneuse au Sénégal, on a du mal à trouver un bon pivot au niveau de
la catégorie des filles. Cela veut dire qu’il y’a un problème de
renouvellement de l’élite. L’origine peut venir du fait qu’on joue moins en
moins de championnat de petite catégorie. Ce sont des maux qu’on a
identifié et sur lesquels on a eu à discuter avec les parties prenantes.
Nous avons une feuille de route consensuelle qui est bien définie. Nous
comptons progressivement arriver à régler ces problèmes ”.

Dans l’immédiat quelles sont les solutions que vous préconisez en tant que Président de la ligue de Dakar de basketball pour soigner ces maux?

“ Dès qu’on a pris les choses en main, on a eu à organiser des ateliers, on
a eu à anticiper sur les mesures. Parce qu’il y’a des mesures à court, à
moyen et à long terme. Déjà cette année la ligue de Dakar de basket s’est
engagé à l’organisation régulière des compétitions des petites catégories.
Actuellement nous sommes à la 8e journée alors que l’année dernière on
était à 5 journées. Aujourd’hui il ne nous reste que 2 matchs pour boucler
les tours préliminaires et on va aller en demie finale puis en finale. Je
pense qu’en perspective on est dans les dispositions de finir les
championnats de petite catégorie. C’est une avancé significative si on
arrive à aller au terme de ce processus du championnat de petite catégorie.
Nous avons également démarré les compétitions de mini basket. On va jouer
des compétitions dans chaque département et au terme de ces 4 tournois, on
va organiser le mini basket qui sera l’activité finale de ce processus.
Aussi, la ligue de Dakar de basket a mis en place la coupe de la ligue pour
les petites catégories. C’est permettre au delà des championnats de jouer
une coupe. Ce qui n’existe pas et ça aussi c’est une innovation de taille
que nous avons apporté. Les compétitions ont démarré et ils sont en train
de jouer les demies finales pour la coupe de la ligue pour la catégorie
cadette (garçons et filles). Les compétitions d’élite sont aussi en cours
et nous jouons ce samedi 7 mai la finale de la coupe Saint Michel.
Actuellement il est programmé la finale de la coupe du maire pour les
filles et quart de finale de finale coupe du maire pour les garçons.
Globalement, on peut considérer que les clubs de Dakar sont en train de
jouer au basket. Parce que la finalité c’est ça ”.

L’objectif est-il d’organiser des compétitions de manière regulière pour
les clubs de Dakar?

“ On ne crée pas des clubs juste pour s’entraîner. On crée des clubs pour
compétir et aujourd’hui la compétition est devenue une réalité. Mais aussi,
nous sommes en train de travailler de manière approfondie sur le
financement du basket. On pense toute cette ambition ne peut être réalisée
que si on a le financement approprié et, on n’est pas très pressé dans ce
que nous faisons. Nous sommes en train de travailler pour avoir une réelle
visibilité pour la ligue de Dakar de basketball et pour le basket régional.
De cette visibilité, on compte pouvoir intéresser progressivement par nos
propositions, nos innovations intéresser les sponsors. Aujourd’hui nous
sommes en train de travailler sur des concepts nouveaux, des activités qui
peuvent intéresser quand même les sponsors. Si tout cela est mis sur la
table, on pourra quand même avoir suffisamment de ressources qui
permettront de financer les activités mais effectivement que les clubs
puissent en tirer bénéfice ”.

La finale de la coupe Saint Michel se jouera demain, samedi 7 mai, quel
message lancez-vous aux deux clubs finalistes?

“ Il faut d’abord saluer et remercier les autorités académiques du collège
Saint Michel (Ucao). On est à la 43e édition et cela veut dire que c’est un
partenariat très solide. Nous saluons cette générosité, cette disponibilité
des autorités avec qui nous avons eu beaucoup d’échanges. Elles ont
manifesté un engagement, un dévouement pour le développement
socio-éducative des dakarois et des dakaroises. Vraiment on leur doit
beaucoup de chose c’est à dire d’aider les dakarois à s’épanouir par le
sport. Ceci dit, nous avons mis en place un comité mixte regroupant les
élèves co-administratifs du cours Saint Michel. Ce comité mixte est en
train de travailler et nous avons élaboré tout au début une feuille de
route. Cette feuille de route est en exécution donc tout ce qui est
activité préparatoire est déjà réalisée. Aujourd’hui il ne nous reste
qu’une dernière rencontre prévue la veille pour faire le point et, vraiment
aborder la finale avec un bon état d’esprit. On a également rencontré les
clubs pour échanger sur les dispositions pratiques mais surtout, pour les
inciter à aborder la finale avec beaucoup de sportivité, avec beaucoup de
fair-play. Il faut dire que ces deux quartiers populaires qui vont se
croiser (Mermoz et Ouakam). Ces deux quartiers de basket qui vont se
rencontrer donc, il faut que la fête soit belle. Et, la fête ne peut être
belle que si tout le monde joue le jeu. C’est à dire que les supporters
viennent en masse, que les joueurs puissent quand même donner du spectacle,
que nous puissions mettre les conditions de sécurité, condition
organisationnelle pour que tout puisse être réussi. Aujourd’hui toutes les
dispositions sont prises et on espère qu’on aura une belle fête de basket
dakarois ”.

Cheikh Moussa SARR

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