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Ibrahima MBAYE ‘Sopé’, comédien : L’univers des enfants est une source d’inspiration

Quand on échange avec les enfants, on retrouve la sincérité, la vérité et surtout l’innocence de la vie. Pour le comédien Ibrahima Mbaye ‘Sopé’, qui fait le constat, l’atelier de théâtre du centre aéré de la Maison de la culture Douta Seck, auquel il participe depuis des années, est porteur d’un souffle nouveau pour l’homme tout court. Le chef de la Compagnie F’âme revient, dans l’entretien qui suit, sur le contenu de ses ateliers, les retombées de tels échanges… Mais ‘Sopé’ livre d’abord sa perception du théâtre.

Source Walf fadjri

Ibrahima Mbaye ‘Sopé’ : La définition la plus simple du théâtre, c’est qu’il est la représentation de la vie sur scène. Quand on pense à la vie, on pense à tout, notamment l’environnement, le social, l’être humain. Ce sont tous ces aspects que nous essayons de traduire sur scène. Et quand on parle de théâtre, c’est qu’il y a des comédiens, des acteurs qui ont une formation académique et qui jouent pour un public bien déterminé. Quand on parle de théâtre, c’est qu’il y a un contact direct entre le spectateur et le comédien. C’est cette définition sommaire que je peux donner du théâtre sachant que tout le monde a sa vision du théâtre.

Au niveau de l’atelier du centre aéré de la Maison de la culture Douta Seck, quelles sont les notions que vous apprenez aux enfants ?

Ce que j’essaie de faire cette année avec les enfants, c’est de leur permettre de pouvoir s’exprimer. Qu’ils soient bons ou pas, cela ne m’intéresse pas. Je tiens juste à ce que cette expression soit vraie. L’enfant est spontané. Parfois quand j’ai envie de m’inspirer, c’est vers eux que je me tourne. Pour cette année, ce que j’ai apporté de nouveau, c’est de les demander d’improviser, de créer des choses qui viennent d’eux-mêmes. C’est en fait cela le soubassement de la prestation que nous allons faire. C’est-à-dire que tout vient d’eux. Ils font les sketches avec leur propre composition. Et moi, je suis le maître d’œuvre. Je suis en fait un chef d’orchestre, qui essaie de mettre un peu de couleur à travers ce qu’ils me proposent. Et par la même occasion leur apprendre le b.a. ba du théâtre. Sachant que le théâtre a ses conventions, même si je n’en crois pas trop, c’est de leur donner le minimum. Pour qu’au-delà de ces centres aérés, les enfants puissent s’exprimer ailleurs, qu’ils aient la latitude d’être des comédiens en herbe.

Et à votre avis, que renferme le b.a. ba du théâtre ?

Le b.a. ba c’est de pouvoir s’exprimer sur scène. C’est d’abord exister sur scène, être en activité et être fonctionnel. Le b.a. ba du théâtre, c’est de pouvoir s’exprimer clairement, de se faire entendre et aussi de pouvoir donner du plaisir à soi-même et à ceux qui nous regardent. Une fois que le comédien domine les notions de base, il est à 100 % apte à garder le contact qui existe entre lui et le spectateur. Ces notions, si l’acteur ne les maîtrise pas, il ne peut pas faire du théâtre. En plus, il doit savoir comment marcher, s’asseoir, respirer ; comment gérer une intonation, un sentiment. Il doit savoir les techniques de transfert de ses émotions, de partage des moments sur scène. Ce sont ces notions qui font la beauté du théâtre. Et ces techniques sont incontournables pour leurs propres créations. Je leur demande de faire des exercices. Je les laisse s’exprimer pour pouvoir détecter leurs faiblesses, leurs talents, pour corriger les choses. C’est à cette phase d’apprentissage, qui va s’étaler sur plus dix jours, que nous sommes actuellement.

Pensez-vous, qu’avec ces notions, les enfants pourront développer le thème du centre aéré 2007, axé sur leur vision de l’Union africaine ?

Mais bien sûr. Parce qu’en ce moment, ils sont en train de faire de belles choses. J’ai eu à encadrer une fois une troupe, composée de sourds–muets, et le travail n’en a pas pour autant souffert. Aujourd’hui, avec les enfants, j’essaie de développer chez eux le sens de la gesticulation. C’est-à-dire, travailler sur l’expression corporelle. D’abord, il faut qu’ils me montrent des actes, des sentiments ; qu’ils déterminent ou qu’ils définissent un aperçu de ce que veut dire la solidarité ou l’unité africaine. Ils ont essayé de me prouver ces sentiments. Et c’est ce que je veux intégrer pour en faire un spectacle. Je leur ai demandé que chacun prépare une scène pour les spectateurs, qui, en voyant les actes, sauront que ce sont des actes de solidarité. En se donnant la main, en s’embrassant par exemple. Même si, c’est un peu modeste comme contenu, les enfants montrent ainsi qu’ils maîtrisent le thème. Le but recherché, c’est de leur permettre de s’approprier du thème pour pouvoir l’exprimer.

Vous semblez maîtriser votre sujet, celui de l’encadrement des jeunes. Peut-on s’attendre à voir ‘Sopé’ monter, à l’avenir, une compagnie théâtrale pour enfants ?

Oui j’y pense. Mais pour le moment, il faudrait que la compagnie théâtrale que je dirige F’âme ait une bonne assise. Je suis par ailleurs moniteur, diplômé de collectivité éducative. Avec le centre aéré, je donne le maximum possible aux enfants. Encore une fois, l’enfant a une réaction spontanée. Les échanges sont naturels. Ce sont autant d’éléments qui font que je pourrais créer une compagnie pour enfants.

Que ressentez-vous, lorsque vous êtes dans l’univers des enfants ?

Je me retrouve. Je retrouve la rigueur, la sincérité, la vérité, et surtout l’innocence de la vie. Et quand je suis avec les enfants, je vois en eux l’honnêteté. Je me sens renaître. Je sens le début d’une vie. A travers les enfants, je revois ma vie telle qu’elle est, avec ce lot de questionnements. Autrement dit, cela me permet de voir si j’ai progressé ou pas ; de voir ce que j’ai fait de positif dans ma vie, entre autres. Les enfants sont mes repères. Quand je les regarde, c’est toute une nostalgie qui s’installe en moi. Je tiens à contribuer à leur formation, car ils sont l’avenir de toute une nation. Ils sont mes amis…


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