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Ibrahima Sall du parti de Kara : Pourquoi nous soutenons Wade

Crée dans le cadre d’une nouveauté philosophique comme l’explique le tout nouveau premier secrétaire du parti de la vérité pour le développement, qui est membre du directoire de campagne de la coalition Sopi 2007, et économiste émérite M. Ibrahima Sall est parti d’un constat fait depuis la dévaluation du Franc Cfa intervenue en 1994, ayant maintenu la croissance du PIB à 5% par an. Une croissance économique accompagnée de tous les fondamentaux de l’économie, mais qui n’a pas empêché selon M. Sall le Sénégal de traverser une certaine crise sociale au niveau de certaines couches de la population. Une situation qui a naturellement révélé chez l’économiste une « certaine inappropriation de certains modèles économiques qui ont été appliqués ». Au-delà des modèles importés, le 1er secrétaire du PVD et les siens ont pensé puiser dans la pensée de Cheikh Ahmadou Bamba pour constituer une 3ème voie pour le développement du Sénégal. Et il s’agit là d’une théorie que le président Wade avait faite sur la philosophie Mouride dans un livre publié il y’a 20 ans. A travers cet entretien livré au Messager, le responsable politique revient sur les raisons de leur soutien à Wade et les perspectives dans le cadre de la collaboration entre sa formation politique et le PDS. Entretien…

Source : Le Messager
Le Messager : On ne peut mettre en place un parti politique sans programme, alors quel est votre projet de société, et surtout ce que le PVD propose en matière agricole et énergétique ?

Ibrahima Sall : Nous avons constaté aujourd’hui que malgré les grands efforts du président de la République depuis 7 ans, il y’a encore une insuffisance de la production agricole, encore du chômage, un système éducatif qui a besoin d’être adapté à la formation, une faible densité du tissu industriel et une crise énergétique. Le chef de l’Etat a voulu par l’appel qu’il a fait à des partis comme le PVD, combattre tout ceci. Et nous avons été très heureux de retrouver dans le programme du président Abdoulaye Wade certains aspects de notre projet de société. En matière économique, le Sénégal connaît une répartition spéciale des populations qui fait que toutes les stratégies de développement économiques doivent être basées sur l’amélioration de la production agricole. Laquelle passe par une mutation profonde des modes de production dans le monde rural, c’est pourquoi nous estimons qu’il est très urgent de passer d’une agriculture paysanne à une agriculture moderne et industrielle qui fait appel à des capitaux et à de véritables opérateurs économiques agricoles. L’autosuffisance alimentaire et les emplois seront ainsi garantis avec une approche intégrée de l’agriculture qui devra prendre en compte les interrelations entre les productions végétales, céréalières, animales, forestières et halieutiques. Une agriculture qui utilise donc les nouvelles technologies et les pratiques les plus innovantes comme avec le plan REVA qui constitue déjà une première étape de ce processus. Dans le secteur de l’énergie également, il faudrait que l’on arrive à sortir le Sénégal du diktat du pétrole qui ne peut se faire aujourd’hui que par l’assurance d’une production suffisante d’énergie. A ce niveau le président Wade a déjà initié le développement des biocarburants, et pour compléter ce programme, le PVD propose la production décentralisée de l’énergie selon les principes de la neutralité technologique. Il s’agira de mettre l’accent sur la promotion des énergies nouvelles et renouvelables et proposer pour chaque site la source d’énergie appropriée. A ce titre, le PVD propose un programme ambitieux de développement et d’exploitation de l’énergie solaire et de la houille. Au niveau de l’emploi également il faudra permettre le développement des PME et PMI et cela passe par la promotion de la micro finance, conçue comme une nouvelle méthode de prise en charge des besoins des promoteurs et qui offre à chaque Sénégalais la possibilité de financer son propre projet par un système de financement décentralisé qui va constituer de petites banques installées sur tout le territoire national.

Le Messager : Compte tenu de tous ces projets que vous avez déclinés pour le Sénégal, peut-on savoir aujourd’hui les raisons qui ont guidé votre soutien au président Wade ?

M. Ibrahima Sall : La première raison reste liée à notre connivence idéologique et programmatique avec le président Wade. Nous partageons beaucoup de valeurs avec le chef de l’Etat qui a entamé d’énormes chantiers au Sénégal depuis son arrivée au pouvoir, et il a permis aujourd’hui aux voyants de passer au vert. Il reste que nous devons l’accompagner non seulement pour mettre en valeur ses visions, mais donner du concret à ses rêves. C’est aussi faire en sorte que cette croissance amorcée et qui est ressentie au niveau de l’entreprise, puisse aussi se voir au niveau des ménages. Que la demande sociale puisse également avoir l’offre qui y réponde et qu’enfin le président Wade reste pour la postérité au Sénégal.

Le Messager : Quel est l’apport du PVD dans le plébiscite du candidat de la coalition Sopi 2007 lors de la présidentielle du 25 février dernier ?

M. Ibrahima Sall : Si on regarde de manière statistique ce qui s’est passé le 25 février dernier, l’apport du parti de la vérité paraît évident. Nous sommes un parti qui, bien avant sa création avait réussi à rassembler 1 million de signatures pour sa naissance, et nous avons ensuite parcouru pendant 3 ans le territoire national pour installer les représentations de notre parti dans le Sénégal des profondeurs à travers des cellules que nous avons mises en place, avec plus de 2000 jeunes mobilisés pour inscrire les électeurs et ceci pendant plus de 4 mois. C’est ainsi que le PVD a pu transformer les talibés de Cheikh Modou Kara et les sympathisants des cadres que nous sommes en électeurs.

Lesquels ont saisi l’appel que nous avions lancé pour soutenir le candidat Wade, et si voyez la coalition CA 2000 qui a élu le chef de l’Etat le 19 Mars 2000, Moustapha Niasse, Madior Diouf, Landing Savané, Idrissa Seck et Amath Dansokho ont battu campagne contre le candidat de la coalition Sopi 2007 pendant que le corps électoral passait de 1 à 3. Maintenant comment se fait-il que 2 millions d’électeurs puissent voter en faveur de Wade qui a bien travaillé certes, mais il se trouve aussi que le PVD qui est un parti de masse, et de la jeunesse a apporté son poids déterminant à la réélection du chef de l’Etat. Nous l’avons fait parce que nous partageons et croyons aux mêmes valeurs que lui et c’est parce que aussi sa réélection constitue un intérêt pour le Sénégal.

Le Messager : Allez-vous reconduire votre soutien à Wade pour les législatives de juin prochain comme lors de la présidentielle ?

M. Ibrahima Sall : Nous restons dans une logique de collaboration avec la coalition Sopi 2007, donc dans une optique de soutien sans condition comme nous l’avions dit au président de la République. Nous sommes des hommes de parole et tenons au respect de celle-ci même au prix de notre vie. Il faut admettre que l’on ne peut soutenir quelqu’un et rester les bras croisés, c’est pourquoi nous allons mettre l’ensemble de nos forces au service de la coalition Sopi 2007 pour permettre à Wade d’avoir les moyens de sa politique, notamment l’Assemblée Nationale dans sa large majorité. Puisque nous pensons que c’est dans l’intérêt du Sénégal, mais celui de la sous région et du monde entier et le PVD va encore jouer sa partition, en améliorant car il ne faut pas oublier que nous avons assisté, organisé et co organisé de grands meetings du candidat Wade durant la campagne électorale pour la présidentielle, avec la coalition Sopi 2007 notamment à Thiès, Mbacké, St Louis, Darou Mousty, Matam et ailleurs.

Le Messager : le premier septennat du président Wade a été marqué par la réalisation de nombreuses infrastructures, comment l’économiste que vous êtes entrevoyez son quinquennat qui débute ?

M. Ibrahima Sall : Wade est lui aussi un grand économiste de renommée internationale qui a su mettre en application non seulement des théories, mais en permettant que celles-ci servent à son pays. En fait la relance par la demande globale qui est une théorie Kinésienne et libérale a été appliquée et je crois que le président de la République va passer carrément au social qui est aujourd’hui sou tendu par la production. Sa réélection est assurément pour achever les nombreux chantiers, mais aussi de s’attaquer résolument aux secteurs de l’emploi, de l’agriculture, du financement de l’économie, du développement des PME, PMI et de l’ouverture du Sénégal au monde. Cela va lui permettre de faire profiter aux populations les fruits de cette croissance, de cette relance de l’économie qu’il a lui-même initié tout en le poussant, et que nous pousserons avec lui.

Le Messager : l’actualité c’est aussi l’avion de commandement, notamment la Pointe de Sangomar vieux de 31 ans, pensez-vous que l’acquisition d’un nouvel appareil pour le président Wade est pertinente ?

M. Ibrahima Sall : Il faut rappeler que l’avion présidentiel est un patrimoine national qui pourra profiter à ceux qui viendront après Wade. Le chef de l’Etat peut acheter un avion sans rendre compte à qui que ce soit. Cependant, tout en tenant compte des difficultés du pays nous pouvons faire une acquisition rentable qui va mettre en sécurité notre président de la République et ceux qui l’accompagnent à bord de son avion qui devra être également une vitrine du Sénégal par rapport à l’international. Je pense que le peuple lui a redonné confiance, c’est pourquoi il faut le laisser réfléchir et agir tout en lui suggérant nos opinions dans le respect de l’institution qu’il représente.


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