22 octobre, 2014
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Idrissa Seck et Ibrahima Fall prennent leurs distances-  Macky vers une gestion solitaire du pouvoir ?

Idrissa Seck et Ibrahima Fall prennent leurs distances- Macky vers une gestion solitaire du pouvoir ?

Après le leader de Rewmi, Idrissa Seck, qui a annoncé la couleur, c’est au tour du leader de « Taxaw Temm » de jouer les trouble-fêtes. Ayant vigoureusement dénoncé la nomination d’un responsable de l’Apr au ministère de l’Intérieur, Ibrahima Fall s’éloigne, lui aussi, de la gestion du pouvoir. De là à dire que Macky Sall fonce tout droit vers une gestion solitaire, le pas est vite franchi.

Ils étaient deux alliés, et pas des moindres, de l’actuel chef de l’Etat, tout au début de la deuxième alternance intervenue au Sénégal, le 25 mars 2012. Hélas ! Aujourd’hui, ce compagnonnage semble se conjuguer au passé. Idrissa Seck, comme Ibrahima Fall, s’éloignent, de jour en jour, de la gestion de Macky Sall. Le professeur Ibrahima Fall est sur les traces d’Idrissa Seck. Le leader de « Taxaw Temm » va, se démarquant de la gestion de l’actuel chef de l’Etat, selon la teneur de sa sortie d’hier, face à la presse.

Du sable dans la sauce marron-beige



Comme l’avait dénoncé Idrissa Seck, en marge du premier anniversaire de Macky Sall au pouvoir, estimant que «le problème, ce sont les banquiers qui ne connaissent pas la finance publique», hier, Ibrahima Sall a également mis du sable dans la sauce du gouvernement de Mimi Touré. Dans un ton on ne peut plus dépité, il a fustigé la nomination d’un membre de l’Apr au ministère de l’Intérieur. «Au dernier remaniement, une personnalité connue et reconnue au sein du parti au pouvoir, l’Apr, a été placée à la tête du ministère de l’Intérieur qui est chargé des élections. Sachant que la rivalité est rude pendant les élections, une personnalité neutre doit occuper ces fonctions», a-t-il déclaré. Sur la situation politique, économique et sociale du pays, le professeur Fall parle d’un bilan mitigé, à mi-parcours, du gouvernement de Macky Sall. «Nous nous posons des questions sur la réalité de la rupture proclamée par le chef de l’Etat, lors de la campagne électorale. Des organes ont été supprimés certes, mais il y a lieu de se poser des questions sur la pertinence d’institutions budgétivores telles que les agences qui sont au nombre de 43. Au plan éthique, nous attendions des ruptures fondamentales, mais nous avons plutôt l’impression que le gouvernement fait un pas en avant et deux pas en arrière», a-t-il déploré.

Ça jase au Ps et à l’Afp

Aujourd’hui, Macky Sall et son parti ne comptent que sur le Parti socialiste et l’Alliance des forces de progrès. Ces deux partis, qui gardent toujours leurs intérêts intacts dans le compagnonnage avec l’Apr, comme en atteste la nouvelle configuration du gouvernement, ne sont pas aussi à l’abri. En effet, ces alliés «sûrs» du chef de l’Etat sont secoués par un véritable vent de changement générationnel. Assoiffés de conduire le navire à bon port, de jeunes loups aux dents longues peuvent, à tout moment, sortir du bois et remettre en cause leur alliance avec le parti au pouvoir. Parce que convaincus que leur avenir politique ne peut, en aucun cas, se conjuguer avec l’Alliance pour la République. Khalifa Sall, récemment ragaillardi par le dernier rapport de l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) qui trouve en lui un bon élève, est vu comme un sérieux successeur d’Ousmane Tanor Dieng à la tête du Parti socialiste. Du côté de l’Afp, Malick Gakou – le N°2 du parti, qui a claqué la porte du gouvernement au moment où personne ne l’envisageait – est prêt à sortir du boisseau. Pour dire que les ambitions politiques des jeunes cadres «verts» et «progressistes» peuvent être l’élément perturbateur du tranquille compagnonnage avec les «apéristes» accusés, à tort ou à raison, de pécher dans la structuration de leur parti.

Sekou Dianko DIATTA