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Idrissa Seck : faire face ou périr

  • Date: 13 juin 2016

Son émergence dans le champ politique aux cotés de Me Wade, l’homme sans qui l’écrasante majorité des acteurs politiques actuels n’auraient aucune existence politique, a sonné le glas des gérontes de vieille gauche claudicante et alimenté en la jeunesse sénégalaise la passion de la politique. Un charisme envoutant se dégageait de sa voix électrique, de son allure-bretelle et de l’originalité de son style. Un leader politique naissait et apparaissait si illuminé qu’il finit par être ombrageux dans la maison bleue. Ses historiques relations avec le père libéral se brisèrent. Diabolisé et accusé, embastillé puis libéré, il est resté inflexible, engageant après la retraite forcée du Père, une autre bataille, celle du filtrage des Institutions du « Macky » nouveau qui les dénature. Pour les favorisés du hasard, il est une menace. Mais pour ceux qui relèvent de son obédience politique, il est un ange alors que les « Mackysards » ne veulent qu’une chose : son extinction politique.

Le jeu politique sénégalais n’a pas de cohérence et de logique en raison de sa nature sauce-gombo, de ce que Idrissa Seck a lui-même appelé la tortuosité , de la primauté d’intérêts personnels, de l’absence de constance dans l’engagement et du manque de visions clairement définies.

C’est dans cette atmosphère qu’a commencé à évoluer le Président du parti Rewmi qui, dès les premiers pas du PDS au pouvoir, s’est donné un agenda personnel qui finit par nourrir des jalousies et des haines et à être considéré comme un alibi exécutoire pour le combattre dans le parti de Wade. C’est qu’ainsi qu’en asyndète avec un litige politico-financier, il finit par devenir un adversaire pour tous ses congénères libéraux avant de devenir celui du père fondateur du PDS, Abdoulaye Wade.
En 2012, Macky Sall met à profit un statut de victime et de martyre, et gagne la Présidentielle au 2nd tour. Une divergence de vue et même une incompatibilité d’humeur l’oppose à Idrissa Seck qui est devenu un opposant radical du régime claudicant de Macky Sall.

Pourtant, il y a seize ans, à l’avènement des libéraux au pouvoir, Idrissa Seck qui fut à un pas du pouvoir était un phénomène : il remplissait le PDS puis l’État et les faisait si grands qu’ils remplissaient tout le Sénégal. Très tôt, des observateurs humaient sa disgrâce dans le PDS et le régime Wade. Et pour cause ! Ses ambitions sont immenses. On le prit comme une menace contre des condottieri du PDS. Alors que ne dit-on de grave et fait-on de hideux contre lui, ancien Ministre, ancien Ministre d’État-Directeur de Cabinet et ancien Premier ministre !

Doté du génie de l’intelligence, de l’éloquence et de la convenance, il n’a point pu tenir devant un Wade qui a su mettre l’État à son profit pour le briser. C’est avec lui et Wade et même aujourd’hui avec Macky Sall, que les observateurs agréent la maxime de Paul Valéry : « Quand l’État est faible, nous périssons ; mais quand l’État est fort, il nous écrase ». L’État Wade a voulu écrasé Idy comme l’État Macky avec ses préposés à sa liquidation, nourrit et fomente tous les montages et toutes les conspirations possibles pour l’écraser.
Aujourd’hui, pour l’APR comme pour le PDS, Idrissa Seck est un obstacle à écraser et à isoler. C’est une des raisons majeures du rapprochement des deux partis dont la finalité est de créer une nouvelle dynamique dont Idrissa Seck devrait être le plus grand perdant. Il est leur nouvelle cible, attaqué férocement par le PDS, et accusé atrocement par l’APR.

2017-2019 : Confirmation ou survie politique ?

Idrissa Seck fut un homme politique d’une rare popularité. Il fut unique par le génie, par la destinée et par les actions. Son charisme était tel que tout en lui indiquait le possesseur légitime d’un pouvoir qui, pour l’écrasante majorité des libéraux et des citoyens, allait lui revenir. Mais la tournure de l’histoire en fit autrement.

De nouveaux leaders et probables candidats émergent : Abdoulaye Baldé, Malick Gackou, Pape Diop, Khalifa Sall et Abdoul Mbaye. Tous dérangent Macky Sall. Mais Idrissa Seck est pour lui un danger. Déjà, en prenant le pouvoir, Macky Sall s’est empressé à commettre l’erreur historique d’engager un règlement de comptes hâtif et flagrant qui l’a mené à une situation énigmatique.

Dans cette énigme, ses calculs, ceux des « Mackysards » et des préposés à la liquidation de Rewmi, Idrissa Seck devrait remplacer Karim Wade dont la libération est le pilori essentiel des discussions non médiatisées entre le PDS et l’APR.

Mais ce que Macky Sall et ceux qui relèvent de lui ignorent de Idrissa Seck est qu’il ne perd jamais l’équilibre et retombe toujours sur ses pieds comme un félin. Il est le premier responsable politique à flairer l’entente politique entre le camp de Wade et celui de Macky.
En guise de réplique, l’APR le charge de graves accusations mais formulées heureusement pour lui par des personnes peu crédibles et mal parties à cause d’une arrogance malotrue, celle qui égare les parvenus que les délices du pouvoir rendent ineptes.

Mais, faire face est la seule alternative. Sa chance est d’être chevaleresque dans le combat politique : il a les arguties qu’il faut pour démasquer les conspirations. Il est tenace et rigoureux et n’accepte jamais les compromissions.

Il ne cible que les échéances électorales futures tout en s’érigeant en sentinelle qui ne laisse passer aucun impaire préjudiciable à l’intérêt national.
Idrissa Seck est, en fait, un adversaire terrible. Il mène son combat avec toute la force dont il est capable et cette force est une robustesse intérieure à laquelle il est difficile de tenir. En politique, quand il prend une décision, rien ne peut l’arrêter. Victime d’une spirale de trahison et de déloyauté avec une série de défections toujours fruits de connivence avec l’ennemi, le Président de Rewmi a tout d’un leader carapacé que la fourberie des autres n’ébranle pas.

Il ne cède jamais. Son parti Rewmi a connu des départs de personnes qui ont toutes abouti dans le « Macky » où les uns jouissent de petites sinécures au moment où d’autres épient un strapontin marron-beige, couleur pain-beurre-chocolat. La sérénité est un des atouts d’Idrissa Seck. Son silence est une réclusion dans laquelle il étudie et analyse tout avant de se jeter. Et dès qu’il prend une décision, il se donne à fond, n’abdique point.

C’est certainement pour cette raison qu’il n’a répondu à aucune invite de Macky Sall, les assimilant toutes à des parodies de mauvais goût.

Pape Ndiaye

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