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Il y a 14 ans, disparaissait le vénéré Abdoul Aziz Sy Dabakh

Il y a 14 ans, le 14 septembre 1997, disparaissait El hadj Abdoul Aziz Sy Dabakh, grand marabout, fervent partisan de la paix, qui vouait aussi un respect à la république et à sa bonne marche.
Abdoul Aziz Sy, né en 1904 à Tivaouane. Il est le fils de Seydi Hadji Malick Sy et de Sokhena Safiétou Niang. Il devient troisième khalife de la confrérie Tidiane le 13 mai 1957, après les décès rapprochés des Khalifes Seydi Ababacar Sy et Sérigne Mouhamadou Mansour Sy.

Formé à l’école de son illustre ascendant, Seydi Hadji Malick Sy, ‘’Mame’’ Abdou était doté de connaissances très solides dans beaucoup de domaines : lettres, grammaire, droit islamique, sciences, astrologie.

Faisant l’unanimité auprès de toutes forces vives et acteurs politiques d’alors, il s’était aussi personnellement investi pour appeler à l’union des cœurs et des esprits, aux fins de l’instauration d’un climat social partout.

Rassembleur, de toutes les forces sociales, philosophe, poète et moraliste, Abdoul Aziz Sy jouissait d’une autorité du fait de sa sagesse et de sa culture. Dans le Sénégal colonial et postcolonial traversé par différents courants et où chacun cherchait à se mettre devant, ‘’Dabakh’’ avait choisi d’être à l’écoute et au service des hommes.

Serigne Abdoul Aziz Sy n’hésitait pas aussi à s’impliquer en temps de crise pour aplanir les divergences entre forces sociales. Il rappelait toujours à l’ordre le pouvoir temporel quand la situation politique ou celle de ses concitoyens devenait intenable. A cet égard, il est régulièrement monté au créneau pour apaiser les esprits, dénoncer certains comportements et injustices, appelé à la solidarité, à l’unité, etc.

Son image revenait toujours dans l’esprit des Sénégalais à chaque fois le pays connaît une crise majeure. Ses recommandations et enseignements sont remis toujours au goût du jour pour faire revenir les citoyens à la retenue.

Dabakh a contribué à une meilleure cohésion entre les différentes confréries musulmane du pays ou entre les différentes religions.

Mais là où il s’est aussi signalé c’est la solidarité, le social, l’amour d’autrui, le patriotisme. Il avait bien compris que la solidarité en Islam commençait par aider son prochain par le partage des connaissances acquises.

El Hadj Abdou a fondé, avec les pays arabes, notamment au Maroc et en Arabie Saoudite, un tissu relationnel très dense, avec un seul objectif : rapprocher les composantes de la Oumah islamique.

Effacé et discret, il faisait également preuve de modestie, comme un simple disciple parmi ceux de son vénéré père. Abdoul Aziz était sollicité partout, y compris dans des pays comme l’Arabie Saoudite, le Maroc, la Mauritanie, les USA, la France, etc. On se souvient encore du discours mémorable qu’il a prononcé au congrès islamique de La Mecque, en 1965.

Au plan économique, El Hadj Abdoul Aziz Sy Dabbakh exploitait plusieurs domaines agricoles. Ce qui lui a valu la médaille agricole, décernée en 1955.

Le lendemain de son décès, le journal ‘’Le Soleil’’ lui dédiait neuf pages dans son édition du 15 septembre 1997, avec des titres qui témoignaient de sa dimension d’illustre homme. ‘’Quarante ans d’un khalifat bien rempli’’, ‘’La Oumah islamique en deuil’’, ‘’L’exemple parfait’’, ‘’ruée vers Tivaouane’’, tels étaient, entre autres, les articles que le quotidien national lui consacrait.

Les hommes politiques et religieux étaient unanimes autour de sa personnalité. ‘’Abdoul Aziz est un homme de référence non seulement sur le plan religieux mais sur le plan humain et spirituel tout court’’, disait le cardinal Hyacinthe Thiandoum.

Quant au président de la République de l’époque, Abdou Diouf, il affirmait que ‘’c’est un chef religieux d’une envergure exceptionnelle, un homme de foi, de piété, d’humilité et de bonté’’ que le Sénégal vient de perdre.

‘’C’était un homme complet qui a toujours souhaité la paix entre les dirigeants politiques de notre pays’’, disait de lui l’opposant Abdoulaye Wade à l’époque.

Aps

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