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 «Ila Touba» : Une catastrophe pour le secteur privé national

Lors du Magal, cuvée 2018, le Chef de l’Etat a ouvert gratuitement l’autoroute à péage «Ila Touba» pour les pèlerins en partance pour la Cité religieuse. Si l’infrastructure a séduit les fidèles mourides, elle n’a, à aucun moment, profité aux entreprises nationales qui ne manquent pourtant pas d’expertise en la matière. C’est l’intime conviction de Bougane Gueye, président de Gueum sa Bopp.

Le  8 juin 2015, l’Etat du Sénégal a signé avec la République populaire de Chine une convention d’un prêt concessionnel évalué à 416 milliards FCFA. Un gros montant destiné à la construction de l’autoroute Ila Touba, ouvert il y a quelques jours pour les besoins de la célébration du Grand Magal de Touba. Une autoroute qui ne profite pas au privé national. Un état de fait que déplore Bougane Guèye, président de Gueum sa Bopp et candidat à la candidature à la Présidentielle de 2019. «Faire de la préférence nationale une loi, plutôt qu’un slogan», martèle-t-il, précisant que bon  nombre de Sénégalais se demandent encore les raisons pour lesquelles les actuels tenants du régime écartent systématiquement les entreprises nationales. En effet, depuis la seconde alternance survenue en 2012, presque tout le monde a constaté le retour en force des Français, des Chinois, des Turcs et de Marocains, constate-t-il pour s’en désoler. Bougane, qui refuse de verser dans un protectionnisme économique, signale que les entreprises locales étouffent. « En dehors du poids pesant de la dette intérieure que l’Etat peine à régler, elles sont pratiquement, sinon totalement écartées dans les grands chantiers infrastructurels. Ce qui n’est pas sans grandes conséquences économiques», explique-t-il. « La partie la plus importante des richesses générées étant rapatriée par les maisons-mères », fait-il remarquer. Il en veut pour preuve l’autoroute Ila Touba. Malgré un prêt concessionnel de 416 milliards FCFA, l’entreprise chinoise, en dehors d’une main-d’œuvre locale, use et utilise une logistique chinoise (moyens roulants), même pas une pelle mécanique louée auprès d’une entreprise sénégalaise, soutient-il.

Les solutions de Bougane

Mais Bougane Guèye Dany semble détenir la solution. «Face à cette problématique, le programme de Gueum Sa Bopp stipule ceci : «Réviser le code de l’investissement en exigeant que 49% du capital d’une société de droit sénégalais soit contrôlé par des nationaux ou entreprises locales d’au moins 5 ans d’expériences dans le domaine.» Mieux, l’homme d’affaires propose de «soumettre les sociétés étrangères qui gagnent des marchés à l’obligation de garantir un transfert de compétence technologique au moins à deux entreprises locales. Ce n’est pas tout. Pour lui, «la logistique et la main d’œuvre devront être sénégalaises d’au moins 90% suivant une loi sur la préférence nationale ou communautaire (CEDEAO).» Tout en faisant savoir qu’il faut «privilégier, encadrer et appuyer le secteur privé national pour lui permettre d’aller à l’assaut des marchés de la sous-région» qui fait 385 millions d’habitants. En se basant sur les analyses d’économistes reconnus, Bougane estime que le Sénégal ne peut point atteindre les cimes de l’émergence sans un secteur privé national renforcé et fort du soutien de l’Etat.

Georges E NDIAYE

 

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