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ILS ONT DIT…, ILS ONT DIT…

Ouverture session parlementaire, réactions : Aïda Mbodji, Oumar Sarr, Me El Hadji Diouf, Diagne Fada, Makhtar Diop, Thierno Bocoum

À l’issue de l’ouverture de la session parlementaire, marquée notamment par l’installation du président et des vice-présidents et la polémique sur le contrôle du groupe Libéraux et Démocrates, certains députés ont livré leur point de vue sur la teneur de la journée. Extraits.

AÏDA MBODJ (PDS)

« Niasse a commis une forfaiture » 

« Ce qu’on a constaté est inédit. C’est la 1ère fois depuis l’indépendance qu’une installation du bureau à l’Assemblée nationale reste incomplète parce qu’on n’a pas pu installer les groupes parlementaires. Celles-ci constituent la cheville ouvrière de l’Assemblée nationale. Le président Moustapha Niasse a annoncé la constitution des commissions demain ; on pourra peut-être installer les présidents de la Commission mais on ne pourra pas installer les contenus des commissions parce qu’elles sont réparties au prorata des groupes. Le président a commis une forfaiture. Il appartenait à la direction de l’Assemblée nationale de dire le droit. On ne peut pas s’appuyer sur l’article 22 pour dénier à une partie son droit de constituer son groupe d’autant plus que le groupe constitué représente la majorité. »

OUMAR SARR (PDS)

« Fada n’est pas mon ennemi » 

« C’est dommage que le groupe des Libéraux et démocrates soit ainsi fissuré. La majorité du groupe a signé avec nous. Le dialogue doit être possible. J’ai échangé tout au long de la session avec Modou Diagne Fada. Nous sommes en divergence politique et non des ennemis. Le dialogue sera possible si on peut céder. Dans le cas contraire, il n’y a pas de dialogue possible. Le groupe parlementaire ne peut être perdu. La réglementation est très claire. Le groupe peut changer. Nous allons utiliser les arguments de droit. L’Assemblée nationale va nous entendre. Quand il y a une majorité qui se dégage et qui souhaite le changement du président du groupe, on doit respecter cette majorité. »

ABDOU MBOW (APR, BENNO)

« Fada est le président de Libéraux et Démocrates » 

« L’article 11 dit qu’il ne peut pas y avoir de débat sauf quand il s’agit de procédure pour l’élection en cours. Au moment où Me El hadji Diouf levait la main, l’élection était terminée. Le président n’avait plus à donner la parole à qui que ce soit. On n’a jamais vu dans une assemblée deux députés d’un même groupe déposer chacun une liste pour être le président dudit groupe. Modou Diagne Fada est bien l’actuel président du Groupe Libéraux et démocrates. Il est bien dit dans le règlement intérieur que c’est le président du groupe qui doit venir, s’il y a modification, déposer auprès du président de l’Assemblée nationale. Ce qui se passe au sein du Parti démocratique sénégalais est un cirque. »

THIERNO BOCOUM (REWMI)

« Une violation du règlement intérieur ! » 

« Pourquoi on change subitement de procédure quand l’opposition se regroupe pour constituer un grand groupe parlementaire ? Des articles ont été évoqués. Le règlement intérieur doit motiver la décision de l’Assemblée nationale. Cela n’a pas été fait. On ne peut pas aujourd’hui (hier, Ndlr) terminer la séance, convoquer le renouvellement des commissions sans pour autant que les députés puissent savoir combien de groupes parlementaires il y a au sein de l’Assemblée nationale. C’est une violation du règlement intérieur ! »

ME EL HADJI DIOUF (PTP, NON INSCRIT)

« Inacceptable ! » 

« Le président de l’Assemblée nationale Moustapha Niasse a violé les textes. C’est inacceptable ! Dans l’élection du bureau, il n’y a pas eu l’élection du groupe parlementaire. Or, selon l’article 11 du règlement intérieur, aucun débat ne peut avoir lieu avant l’installation du bureau définitif, sauf s’il porte sur des questions de procédure relative à l’élection en cours. Un groupe parlementaire par rapport à sa composition doit savoir combien de vice-président il doit avoir. Il fallait d’abord élire le groupe parlementaire pour que l’on sache les droits des uns et des autres. L’article 11 est très clair sur les questions de procédure. »

MODOU DIAGNE FADA (PDS)

« Je n’ai pas besoin d’un coup de main du ministre de l’Intérieur » 

« L’attente des Sénégalais portait sur le dénouement du problème qui s’est posé au niveau du groupe des Libéraux et démocrates. Malheureusement, il n’y a pas eu de décision. En ce qui nous concerne, nous pensons être dans le bon droit. Mais nous attendons la décision du bureau de l’Assemblée nationale. Je ne pense pas que Moustapha Niasse ait violé le règlement intérieur, car il ne pouvait pas y avoir de débat. Il n’y a que le bureau qui peut se saisir d’une telle situation. Nous sommes des légalistes. Nous allons respecter la loi jusqu’au bout. Il y a des bonnes volontés qui sont entre les deux parties et qui souhaitent que des discussions soient entamées dès ce soir (hier, Ndlr) pour trouver un accord. Nous sommes tous les deux (Ndlr : Omar Sarr et lui Fada) des militants du Pds et nous sommes des amis. Je n’ai pas besoin du coup de main du ministre de l’Intérieur ni de qui que ce soit. »

ABDOULAYE MAKHTAR DIOP

« Mon élection, un signal à la communauté lébou » 

« Je suis redevable et reconnaissant envers le président Macky Sall d’avoir choisi librement et de manière délibérée de me compter parmi les membres du bureau de l’Assemblée nationale. Ma charge de Serigne de Dakar fait que j’interprète mon élection comme 7ème vice-président de l’Assemblée nationale comme un signal fort brandi à la communauté lébou et dakaroise. Ceci m’engage plus que dans le passé à travailler pour montrer véritablement que nous sommes capables de faire avancer le Sénégal si nous nous mettons ensemble. »

Enquête

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