Confidences

IMAM AHMAD KANTE DE LA MOSQUEE DU POINT E ‘’C’est trop naïf de croire qu’on peut bombarder un pays, créer un chaos et penser qu’il n’y aura pas de retour de bâton’’

  • Date: 4 décembre 2015

Les attentats terroristes se multiplient à travers le monde, alors que le Sénégal renforce son système de sécurité pour se prémunir contre de telles attaques. D’ailleurs, des Imams sont incarcérés au Sénégal pour apologie du terrorisme. Dans cet entretien, l’ancien Imam de l’université Cheikh Anta Diop (Ucad), rendu populaire pour son franc-parler, se prononce sur toutes ces questions. Il passe au crible la politique menée par l’actuel chef d’Etat contre le terrorisme, revient sur l’amalgame entretenu entre Islam et terrorisme et dénonce les visées hégémoniques de l’Occident qui se heurtent à la réalité du monde musulman.

La montée du terrorisme crée une psychose dans le monde, le Sénégal se braque dans un contexte de menace. Quelle est votre appréciation ?

C’est un phénomène complexe, car la définition du terrorisme est problématique. A mon avis, un des aspects les plus déplorables de ce phénomène tragique, c’est l’assassinat de personnes qui ne sont pas impliquées dans le conflit. C’est effectivement une chose terrible que d’appliquer une violence indescriptible à des personnes juste pour semer le chaos ou de détruire des biens, des lieux de culte, des symboles qui sont chers aux gens, entre autres. Cet état de fait me rappelle un hadith dans lequel le Prophète (PSL) disait qu’à la fin des temps, ni le meurtrier ni le tué ne saura le pourquoi de ce qui est arrivé… Donc, ce qui se passe actuellement est inquiétant pour toute personne lucide et cela me rappelle aussi ce qu’a dit l’autre : « À certains moments, seuls les fous n’ont pas peur. » Mais le phénomène n’est pas nouveau, il faut admettre que c’est terrible de voir des personnes se justifiant de l’Islam se réclamer auteurs de tels massacres… Se réclamer d’un état islamique pour faire certaines choses me semble injustifiable.

Le terrorisme est associé à l’islam, plus particulièrement au courant islamiste….

A mon avis, ce qu’on appelle terrorisme n’est lié qu’à ce qui se passe dans la tête du terroriste et ce dernier peut se justifier de tout et de rien, d’une religion, d’une idéologie, d’une représentation qu’il se fait du monde, etc. De célèbres terroristes ont perpétué des massacres partout dans le monde sans se réclamer d’une religion, c’était le cas des brigades rouges, de la bande à Bader, des mafias en Europe, aux États-Unis, en Asie, etc. qui n’ont jamais réclamé une appartenance à une religion. Ils agissent au nom d’une cause qui peut être idéologique, sociale, politique ou des causes inavouables. D’ailleurs, il arrive que les « vraies » causes soient élucidées longtemps après les méfaits de ces gens.

Le dénominateur commun : des innocents sont sacrifiés pour des desseins souvent inavoués 

Cette question d’innocents est aussi problématique. Je pense qu’il y a lieu de remettre en question cette notion d’innocence. Si une population se laisse manipuler ou convaincre par le régime politique qui le gouverne. Qu’elle cautionne que ce régime puisse utiliser les moyens de l’État pour semer la terreur dans un autre pays, est-ce qu’on peut dire en cas de représailles que cette population est innocente ? Quand un président américain dit, par exemple : nous allons pourchasser les terroristes où qu’ils soient et ceux qui les hébergent et aussi frapper par « prévention », cela ouvre la voie à des abus pudiquement appelés « bavures », « dégâts collatéraux », et quoi dire en termes de pertes humaines et de traumatismes dans le « camp du mal » ? En faisant de telles options, il faut s’attendre à des massacres car les membres du « camp du mal » sont éparpillés un peu partout dans le monde et dispersés aussi au sein des populations.

‘’Il faut comprendre qu’il est impossible de déconnecter le « terrorisme jihadiste » des intérêts géopolitiques occidentaux russes et chinois’’

Les populations occidentales sont en train de subir un effet boomerang ?

Je préfère qu’on me parle de populations qui ne soient pas impliquées dans les champs de bataille. Quand on soutient un Etat qui massacre un peuple, on ne peut plus jouir du statut de victime. On est responsable. La preuve, chaque fois que les populations se mobilisent pour dire non, cela crée un impact. Quand elles n’en veulent pas, elles peuvent s’impliquer. Si les Occidentaux acceptent qu’on bombarde la Syrie…ils sont tout aussi coupables. Cet avis est aussi celui d’un des philosophes les plus médiatisés de France qui a demandé l’arrêt des bombardements des populations musulmanes, ce qui lui a valu d’être repris par Daesh dans une vidéo qui l’a bouleversé… Quand les Américains ont voulu que la guerre du Vietnam s’arrête, ils ont pris leurs responsabilités à cette fin. Ce n’est pas un hasard que ce ne sont pas tous les pays qui sont frappés. Cela est lié certainement à leur non-implication ou leur façon de s’impliquer dans les problèmes d’autres pays. Quand on a la prétention « universaliste » de régenter le monde et de la modeler, au besoin, par la force à ses valeurs, il est inévitable que des retours de violence soient observés comme volonté de résistance dont les méthodes peuvent être discutables. Et ces méthodes aux effets tragiques peuvent s’expliquer par le rapport de forces inégales entre les protagonistes et la sortie des guerres conventionnelles.

On peut ranger cette série de violences et d’attentats dans le registre de riposte de musulmans face à l’oppression de l’Occident ?

Il faut comprendre qu’il est impossible de déconnecter le « terrorisme jihadiste » des intérêts géopolitiques occidentaux, russes et chinois. Quand les volontés de puissance, de croissance et d’universalisme se rencontrent en terre d’Islam, nombre de raisons apparentes et cachées font que c’est une poudrière qui est alimentée. Dans l’espace musulman, il ne faut jamais faire l’erreur de séparer ce qui est appelé « terrorisme jihadiste » des luttes de positionnement entre la Russie et l’Occident.

C’est clairement lié à leur projet d’hégémonie ?

Mais il faut reconnaître que cette ambiance de terreur est inséparable du projet d’hégémonie sous couvert de la démocratie, de la liberté, qui est la porte d’entrée de toutes ces opérations militaires. L’hégémonie occidentale très marquée durant la colonisation avec comme ‘’soubassement’’ une aliénation culturelle se poursuit sous de nouveaux atours. On ne pourra jamais dire que l’Occident est innocent de ce retour de violence. Les États-Unis  disent par exemple libérer les peuples. Ils tiennent un discours d’humaniste pour accompagner en vérité un projet de diffusion de leurs valeurs considérées comme les meilleures du monde. Cette volonté de puissance « civilisatrice » apparaît dans les discours de Bush « père » sur le remodelage du Moyen-Orient et ceux du fils sur l’axe du mal. Bush parle de remodeler le Moyen Orient. Il y a de vrais humanistes en Occident, mais leurs motivations ne sont pas les mêmes que ceux qui sont au pouvoir. Ces derniers ont des intérêts géopolitiques, comme tout Etat, mais enrôlés sous un vocable humaniste instrumentalisé. Dès lors, c’est une erreur de croire que les interventions occidentales et russes en terre d’Islam ne visent qu’à libérer les populations soumises à des dictatures et à faire leur bonheur.

‘’Que l’Occident ne soit pas étonné de trouver des populations prêtes aussi à sacrifier des vies pour défendre leurs valeurs et refuser celles qui ne sont pas forcément leurs’’

Des interventions humanistes qui répondent à des calculs ?

Les interventions occidentales sont à géométrie variable et leurs indignations et compassions sont sélectives, signes que ce ne sont pas seulement le bien, le vrai, le juste et le beau qui sont en jeu. L’Occident considère qu’il est prêt à se sacrifier pour sauver des populations, prêt à envoyer ses fils pour mettre en place un régime démocratique et le faire marcher partout dans le monde. Qu’il ne soit pas étonné de trouver des populations prêtes aussi à sacrifier des vies pour défendre leurs valeurs et refuser celles qui ne sont pas forcément leurs ou qu’ils voudraient avoir la liberté de s’en approprier à leur façon.

Il est reproché à l’Occident de vouloir imposer un modèle de société…

A juste raison. Quand ils interviennent par exemple en Irak, ils ouvrent la boîte de Pandore et rajoute du désordre aux relations de méfiance séculaires et par moments conflictuelles entre Chiites et Sunnites. Un autre exemple réside dans la non-prise en compte de la loyauté telle qu’elle est organisée au sein des populations musulmanes de cette région. C’est une loyauté qui est souvent construite autour d’un clan, d’un chef religieux, d’une histoire et la loyauté politique est marginale ou secondaire dans ce système socio religieux. Les puissances occidentales ne tiennent pas compte de la complexité de ces pays. En déstructurant des États aussi fragiles, elles ouvrent la boîte de Pandore, libèrent des énergies et créent un désordre que n’importe qui peut instrumentaliser. C’est trop naïf de croire qu’on peut bombarder un pays, créer un chaos et penser qu’il n’y aura pas de retour de bâton.

Les populations arabes sont réputées solidaires et prêtes à défendre leur tribu. 

C’est ce que je disais. Il y a une loyauté traditionnelle qui est de rigueur autour du sang, de la foi et de l’histoire. Dans un Etat moderne, la citoyenneté est synonyme de loyauté à l’égard d’un État qui définit des droits et devoirs au citoyen. Si vous semez le désordre au sein de ces populations, les loyautés se transforment et des résistants émergent pour galvaniser les foules et pas forcément dans le sens du bon vivre ensemble dans la paix et le respect mutuel. Si les méthodes de lutte de ceux qui sont dits terroristes peuvent être discutables, celles utilisées par les Occidentaux le sont aussi.

L’amalgame entre Islam et terrorisme est pourtant bien entretenu

Il est bien entretenu et c’est de bonne guerre. Toutefois, l’avenir du monde se jouera aussi dans la capacité des protagonistes à faire la part des choses entre les différentes dimensions et motivations des conflits contemporains qui ont secrété le « terrorisme », notamment celui dit « jihadiste ». La compétition entre l’universalisme occidental et celui islamique tourne au conflit armé quand les régimes politiques l’instrumentalisent. Vouloir imposer la démocratie, le progrès, le libéralisme, l’individualisme, une certaine perception des mœurs sexuelles en terre musulmane génère inévitablement des résistances. Il faut toujours s’attendre à ce que des groupes résistent, adossant leur cause à l’islam, considérant que ce modèle occidental n’est pas le produit de leur histoire et ne devrait pas être leur avenir. Il est facile de voir que le nationalisme arabe a fait faillite de même que le modernisme, l’imitation aveugle de l’Occident a fait faillite en Asie et dans les pays musulmans. Partout en terre musulmane où il y a des élections libres, ce sont les groupes porteurs d’un message islamique qui triomphent. Il faut donc tenir compte de cette réalité.

L’amalgame est, en revanche, entretenu par des personnes qui cherchent à affaiblir les rangs des musulmans, mais la plupart des musulmans ne cautionnent pas les méthodes de lutte violentes que rien en Islam ne peut justifier et qui sont le fait de groupes ou d’individus que l’Occident soutient d’ailleurs, selon l’appréciation qu’il se fait de ses intérêts. En Egypte, si les frères musulmans avaient appelé à la violence, après ce qui s’est passé lors du coup d’Etat sur lequel il y a eu une position occidentale hypocrite et complice, la situation serait beaucoup plus catastrophique qu’elle ne l’est. On se souvient aussi de ce qui s’est passé en Algérie et la déclaration de Mitterrand sur son refus d’une république islamique à 3h de Paris… C’est une lutte qui risque de perdurer tant que l’Occident ne se désolidarisera pas des idéologues en son sein qui le pousse à la guerre, sous n’importe quel prétexte. De leur côté, les musulmans ont le devoir de se donner les moyens de répondre aux nouvelles soifs, c’est-à-dire satisfaire les exigences de fidélité aux références de base et au nécessaire mouvement.

L’islam est une religion pacifiste, mais accorde à ses fidèles le droit de se défendre en cas d’attaques…

Les références islamiques donnent le droit aux musulmans de défendre leurs ressources, leurs familles, leurs valeurs, leur liberté à pratiquer, comme le font d’ailleurs le droit moderne et les constitutions de pays les plus démocratiques. Ils soutiennent un dictateur et le destituent quand ils veulent, en raison de leur projet de domination qui se drape sous le label de projet humaniste. Les leaders qui étaient dans l’axe du mal se retrouvent dans l’axe du bien, au gré de ces intérêts… Les populations commencent à comprendre ces enjeux et tant que cette situation perdurera, la tentation de rejoindre des groupes violents augmentera. Il est important de mettre en exergue ces aspects des racines du mal, afin que l’on ne se limite pas à vouloir soigner les symptômes du mal.

Aujourd’hui, comment appréciez-vous l’attitude des chefs d’État africain ?

Ils ont intérêt à adopter la posture de leaders qui ne soient pas l’instrument d’un projet qui n’est pas en phase avec les aspirations de leur peuple mandant. En Afrique, il y a des États pour la plupart encore très fragiles. Les populations qui leur ont donné mandat s’attendent à ce qu’ils les protègent, et qu’ils ne soient pas au service d’intérêts qui ne sont pas les leurs. Les dirigeants africains doivent se demander quels sont les intérêts de leurs États, de leurs peuples et ensuite s’autodéterminer en conséquence. Ce qui leur permet d’entretenir avec fierté des relations basées sur le respect avec le reste du monde. Mais si vous êtes les marionnettes d’un camp, vous allez en pâtir. Tous ceux qui sont rangés dans un camp ont eu droit à un sort pénible quand le système a changé. Si vous êtes un chef d’Etat avec une ambition de pouvoir, vous pouvez être l’allié du diable. On peut plaindre votre peuple. L’Afrique doit se dire : qu’est-ce que nous devons faire pour sauver nos intérêts ? L’Afrique doit s’ouvrir au reste du monde, tout en se posant la question : à quoi répondent nos choix ? Il nous faut des personnalités fières d’être africaines, qui ne sont pas des complexés, c’est une question d’honneur. Mais quand on est chef d’État pour préparer sa retraite en Europe, s’enrichir, cela pose problème et après, on est vite oublié. L’histoire est impitoyable avec ce genre de dirigeants.

Le gouvernement sénégalais a pris la décision de contrecarrer le terrorisme. On a assisté à des arrestations de religieux soupçonnés d’être dans l’axe du mal. Quelle est votre appréciation ?

Ma première appréciation, c’est que son discours roule sur le discours occidental au sens où il déconnecte le terrorisme dit jihadiste du projet hégémonique occidental. Il ne critique pas les options occidentales les plus dangereuses, même s’il insiste sur les déséquilibres entre le Nord et le Sud et réclame plus de soutien pour la lutte contre la pauvreté et pour le développement socio-économique des pays africains.

Macky Sall a mis en avant la sécurité nationale à travers ces  mesures drastiques ?

Son discours ne sort pas de cette alliance naïve avec l’Occident, en ne donnant pas toute son importance à la complexité de ce qui est appelé « terrorisme jihadiste ». Il doit éviter l’erreur de transposer chez nous des enjeux et réponses qui ne sont pas les nôtres. Sinon, il est de son devoir de prendre les mesures idoines pour la sécurité nationale, dans le respect des lois du pays et des droits de tous les citoyens

Les cellules dormantes sont dans sa ligne de mire

Cela fait des années que j’entends parler de cellules dormantes. Qui les fait dormir ? Comment ? Pourquoi dorment-elles ? Si elles se réveillent, que feront-elles ? Je n’ai à ma disposition aucun élément que je puis analyser en la matière. Mais, ce serait dangereux de dire que l’imam, le journaliste ou tout autre citoyen est au-dessus de la loi. Si un imam prend des positions dangereuses, cela pose problème. Il faut que tout le monde sache que tout le monde à droit à la présomption d’innocence.

Mais est-ce parce qu’un religieux tient un discours musclé et dur qu’il doit être taxé de radical ou accusé de faire des propagandes jihadistes ?

Si on appelle tout le monde terroriste, cela pose problème, car les tempéraments ne sont pas les mêmes, et les écarts de langage sont notés chez tout le monde, les politiques, artistes, hommes de presse, etc. Les politiques rivalisent dans ce sens. On peut considérer que Marine Le Pen tient des discours de terreur… Il en est de même de ce qu’on entend d’Israël. Il faut savoir raison garder et faire très attention aux étiquetages et diabolisations à tout va. Dans une telle ambiance et si l’on fait le choix d’obéir à la peur et aux amalgames et jugements rapides, on va tout droit à la catastrophe. Que Dieu nous en préserve !

Etes-vous d’avis que les confréries religieuses sont un rempart contre le terrorisme ?

La sécurité est multisectorielle, c’est un tout. Il est très difficile de considérer qu’un groupe social puisse à lui seul être garant de la sécurité nationale. Les confréries n’ont pas les prérogatives sécuritaires. Elles ont leurs modes d’influence qui ont leurs atouts et leurs limites. Elles ne peuvent être un rempart absolu contre le terrorisme. Elles n’ont pas vocation de former des combattants armés et leur discours va même dans le sens contraire, alors que les terroristes sont des combattants aguerris ou imprévisibles dans les actes de tuerie qu’ils posent. Les confréries qui se rattachent au soufisme rappellent que l’homme est son premier ennemi. Elles encouragent l’individu à soigner sa conduite, à lutter contre ses passions donc, en principe, un individu qui assimile ce type d’enseignement, la violence ne peut être une option. Mais s’agissant de la question sécuritaire, ce n’est qu’un État organisé qui peut le prendre en charge et la situation actuelle montre que même un seul État, pour puissant qu’il puisse être, ne peut lutter seul contre le phénomène terroriste. Donc, la bonne stratégie est de former une coalition entre l’État et les autres acteurs, notamment les religieux vu leur influence sur les populations et l’amalgame qui est faite entre l’Islam et le « terrorisme jihadiste ».

Quels sont les mouvements les plus radicaux au Sénégal ?

Je n’ai pas de réponse à cette question mais il y a lieu de reconnaître que le paysage islamique du Sénégal est en train de changer. Les confréries religieuses ne sont plus les seules actrices de l’islam dans le pays. Elles ne sont plus les seules à servir un discours islamique. Mais il ne faut pas s’en inquiéter tant que cela ne mène pas à affaiblir la cohésion sociale. La constitution garantit le droit de liberté de croyance et de culte à tout citoyen. Les évolutions font que le Sénégal ne peut être à la marge de tout cela et doit en tirer le meilleur. A mon sens, il n’est pas bon pour le Sénégal de s’isoler du reste de la Umma et cela n’a jamais été le choix des chefs des confréries qui prédominent dans le pays. Anciens et nouveaux acteurs de l’Islam au Sénégal doivent être à la hauteur des enjeux, dans l’unité et le respect mutuel des différences de compréhension et de pratiques.

Qui sont ces nouveaux acteurs ?

Il y a de nouvelles expressions qu’on remarque à travers le port vestimentaire, l’aspect physique, le discours, etc. mais il serait exagéré de qualifier ces nouveaux acteurs de radicaux, rien que pour ça. Il faut qu’on se mette d’accord sur les termes à employer. Je ne dis pas que le radicalisme n’existe pas, mais il faut savoir bien le comprendre, afin de lui apporter les réponses adéquates, à travers la sensibilisation et la responsabilisation de tout le monde et notamment des acteurs religieux. Le radicalisme comme rejet de l’autre, enfermement sur soi, soupçon de l’autre, je ne peux que le condamner, quels qu’en soient les auteurs.

Que répondez-vous à ceux qui disent que le terrorisme est à nos portes ?

Je dirais qu’il n’y a de risque zéro pour aucun pays et pour personne, mais il faut éviter d’exagérer et se faire peur pour rien. Il est normal de prendre des mesures préventives, tout en évitant les dérives et abus de toutes sortes. Il ne faut surtout pas laisser un domaine aussi délicat que la sécurité aux seuls politiques, on doit en faire une préoccupation citoyenne et mondiale.

Le président a déployé une lourde artillerie financière pour lutter contre le terrorisme. Est-ce le meilleur levier pour en venir à bout ?

Il faut que chacun se dise qu’il est concerné par la sécurité de tout le monde et que la sienne dépend de celle des autres. Chacun doit être sensibilisé. La lutte contre le phénomène terroriste a forcément un coût mais, il ne faut surtout pas oublier les racines du mal et que l’utilisation de ces fonds se fasse dans une approche multisectorielle et inclusive. Cela requiert une concertation avec tous les acteurs et tous les segments de la société et du pays, dans ses coins les plus reculés. Les Imams sont prêts à s’impliquer. Ils sont preneurs. On n’a pas besoin de leur donner des leçons de cohésion sociale. Ils font un travail formidable à ce niveau au quotidien. On doit juste leur donner des informations supplémentaires sur les nouvelles dimensions sécuritaires, afin qu’ils puissent mieux ajuster leurs discours et pratiques aux nouveaux enjeux.

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