31 juillet, 2014
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Imamat au Sénégal : La Ligue des imams et prédicateurs veut une révolution

Imamat au Sénégal : La Ligue des imams et prédicateurs veut une révolution

Le bureau national de la Ligue des imams et prédicateurs s’est déplacé à Bambey pour y installer sa section départementale comme il envisage de le faire dans les 44 autres départements du Sénégal. La ligue veut opérer une révolution au niveau des imams et changer ce qui se faisait jusqu’à maintenant.

A Bambey où elle était ce samedi pour installer sa section départementale, la Ligue des imams et prédicateurs du Sénégal a réaffirmé ses objectifs. Youssoupha Sarr, porte-parole de la Ligue, confie : «La Ligue des imams et prédicateurs du Sénégal réunit l’ensemble des imams qui ont une certaine vision de l’imamat au Sénégal et des gens qui sont sûrs et certains que l’imamat au Séné­gal doit être réadapté aux prescriptions de notre prophète Mohamed (Psl).»

Notre interlocuteur d’énumérer les conditions pour être imam : «Pour qu’on puisse être un imam conforme aux prescriptions du prophète, il faut au moins trois conditions. La première condition, c’est l’érudition. On ne peut pas être imam en ignorant les préceptes de l’islam, le Coran, en ignorant la charia. Il faut absolument que l’imam puisse se cultiver au plan religieux, c’est fondamental. On ne peut pas être imam sans disposer d’une culture religieuse acceptable.»

De l’avis des responsables de la Ligue, il faut une rupture parce qu’«il faut que l’imam au Sénégal et dans le monde soit au top au plan de l’information, des faits économiques, sociaux, culturels, politiques. Il faut que l’imam s’intéresse, contrairement à ce qu’on a vu au Sénégal (l’imam est entre quatre murs en train de diriger les quatre prières), à la vie des fidèles, des Sénégalais pour pouvoir les diriger parce que l’imam a un rôle spirituel et temporel parce que le prophète Mohamed a dirigé la cité de Médine en tant que spirituel et temporel. Il faut que l’imam puisse être informé et savoir ce qui se passe au Sénégal et dans le monde au plan économique, politique, social et culturel. Il faut que l’imam ait du courage».

Missions de l’imam

L’imam Youssoupha Sarr d’ajouter : «A chaque fois que c’est nécessaire, l’imam doit pouvoir exprimer ses convictions en phase avec les recommandations d’Allah et du prophète et sans aucune pression, sans aucune ambition de pouvoir se faire adorer ou craindre économiquement et politiquement. Il faut qu’il prêche libre.» Toutes choses qui font que les membres de la Ligue, après constat, pensent que «l’imamat au Sénégal n’est pas exécuté en conformité avec les recommandations de notre prophète Mohamed dans la mesure où l’imam au Sénégal est quelqu’un qui dirige des fidèles, les quatre prières, qui pratiquement est à la remorque des forces politiques, économiques pour faire passer des messages qui n’ont rien à voir avec l’islam alors que l’imam a sa préoccupation, c’est la droiture, le respect des prescriptions de l’islam. C’est être en phase avec les recommandations d’Allah sans autre préoccupation. Nous avons vu que cela manque au Sénégal».

Pour les imams adeptes de cette pensée, il faut changer la donne. «Nous nous sommes dit qu’il faut se positionner pour révolutionner l’imamat au Sénégal. C’est ce que nous sommes en train de faire. Nous espérons que même si on ne réussit pas, nous sommes sûrs d’avoir posé un jalon et que peut-être d’autres générations d’imams vont le réussir. Nous sommes sûrs que ce pays passera par un imamat qui est conforme aux prescriptions d’Allah et au modèle que nous a offert le prophète Mohamed.»

Le Quotidien