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Impact mitigé des dépenses publiques sur la pauvreté et led inégalités sociales- L’adversaire de Macky : le social

REWMI.COM- Trois experts de la Direction des prévisions et des études économiques (DPEE), Babacar Diagne, Hamat Sy et Raqui Wane, ont confirmé ce que beaucoup d’analystes avaient déjà soupçonné, les dépenses publiques n’avaient pas un impact très significatif sur la pauvreté et les inégalités sociales.

Celles-ci sont la Bourse familiale, une initiative du Président Sall, et la Couverture maladie universelle (Cmu) qui date de bien avant son accession au pouvoir.

Le rapport des experts fait en effet observer que les résultats révèlent que le programme des bourses sociales, qui est l’instrument qui agit le plus sur les indicateurs de pauvreté et d’inégalité tels que la profondeur, la sévérité et l’indice de Gini (une mesure statistique de la dispersion d’une distribution dans une population donnée), avec des impacts estimés à 11,8%, 8,6% et 3,6%, permettrait à environ 32 772 ménages de changer de statut en sortant de la pauvreté.

L’étude de la DPEE signale que la CMU impacterait le plus sur l’incidence avec environ 40 283 ménages qui devraient sortir de la pauvreté, soit 371 019 personnes au niveau national. La CMU engendrerait une évolution significative des indicateurs de pauvreté et d’inégalité avec des réductions de la sévérité, de la profondeur et de l’indice de Gini estimées respectivement à 4,2%, 2,6% et 1,5% par rapport à la situation référentielle.

Or, selon les résultats du Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH), effectué en 2013 par l’Agence nationale de statistique (Ansd), les ménages sénégalais sont au nombre de 1.526.794 dont 10.594 ménages collectifs, soit 0,7%,

On comptait 755.559 ménages agricoles, soit 49,5% des ménages du Sénégal.
Et de 2013 à 2018, le nombre de ménages a sans doute augmenté.

En plus, si nous suivons les résultats des experts, bourses familiales et Cmu confondus, nous nous rendons compte que si l’on s’en tient aux résultats du rapport et que nous faisions le calcul du nombre des ménages ‘’sortis’’ de la pauvreté, nous voyons qu’il ne s’agit que de 73.055, là ils font plus de 1.500.000 dont presque la moitié 49,5% sont dans le monde rural.

C’est vrai que tous les ménages du Sénégal ne sont pas pauvres, mais force est de reconnaitre que les 3 quarts au moins le sont.

C’est dire à quel point l’impact des politiques publiques sur le social est minime.

Pis, nous ne pouvons pas partager les conclusions des experts sur le fait qu’ils pensent que bénéficier de la Cmu signifie systématiquement sortir de la pauvreté.
En effet, même si la Cmu fonctionnait correctement, ce qui est loin d’être le cas parce que l’Etat doit beaucoup d’argent aux structures de santé, le fait d’en bénéficier ne signifie nullement ne plus être pauvre. On peut bénéficier de plus de soins de santé, pas plus. Mais l’impact sur le panier de la ménagère est à relativiser. Donc, les 40.283 ménages qui bénéficient de la Cmu sont loin de ‘’sortir’’, de ce fait, de la pauvreté comme l’estiment ces experts.

Qui plus est, les 32 772 ménages à qui l’on octroie les bourses familiales en raison de 25 mille francs Cfa, tous les trois mois, est loin d’être la panacée pour ces ménages même si cela peut, dans une certaine mesure, améliorer leur quotidien. De là à parler de sortie de la pauvreté me semble exagéré.

En conséquence de quoi, nous pensons que le social est le ventre mou du ‘’Macky’’. Le Président l’a sans doute compris en décrétant ‘’2018, année sociale’’. Une somme de 40 milliards a été annoncée pour les bourses familiales.
Mais, une réflexion approfondie doit être menée après l’évaluation de l’impact ‘’mitigé’’ de ses politiques sur les populations.

La sortie récente du Secrétaire exécutif du Conseil national à la sécurité alimentaire, dénonçant l’avancée significative de la faim dans notre pays, en dit long sur l’ampleur du phénomène.
Il a indiqué que 245 000 personnes, issues de 30 000 ménages, risquent d’être en situation alimentaire difficile. Jean Pierre Senghor a souligné qu’il y a des alertes partout.

Senghor évitait de parler de famine pour des raisons que nous comprenons aisément.

Le challenge des autorités est alors de tout faire pour que le taux de croissance annoncé de 7,2% ait un impact sur le panier de la ménagère.
Ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui.

Assane Samb/Rewmi quotidien

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